Creuse : l’ancien ministre André Chandernagor condamne la "jacquerie" des Gilets jaunes

Figure politique majeure de la Creuse, l’ancien député et ministre André Chandernagor n’est pas tendre avec les Gilets jaunes, dont il fustige entre autres l’irresponsabilité.
 

André Chandernagor s'exprime sur le mouvement des Gilets jaunes, en janvier 2019.
André Chandernagor s'exprime sur le mouvement des Gilets jaunes, en janvier 2019. © F3 LImousin
"Crise de l’irresponsabilité personnelle", "agrégat d’égoïsmes" : interrogé sur les Gilets jaunes, André Chandernagor ne mâche pas ses mots pour condamner le mouvement, à la veille d’une onzième journée de manifestations.

"Ils ne sont pas d’accord les uns avec les autres. Ils sont d’accord contre, mais quand vous leur demandez pour quoi ils sont, ils ne savent pas ce qu’ils veulent, alors ça ne mène nulle part", juge celui qui a été député de la Creuse pendant 23 ans (de 1958 à 1981), avant d’être Ministre des affaires européennes de 1981 à 1983, puis président de la cour des comptes jusqu’en 1990.
 

"Il faut savoir terminer une revendication"


Tout au long de sa carrière, ses jugements sans appel ont fait sa réputation. A 98 ans, rien n’a changé. "C’est une jacquerie, une fronde", estime André Chandernagor, ajoutant :
 

Si les Français connaissaient leur histoire, mais ils l’ont oubliée, on ne leur a pas apprise à l’école primaire, ils verraient que l’une des faiblesses de la France a été toutes ces frondes successives. Vous savez comment ça se termine toujours ? Par un pouvoir autoritaire ! Toujours.


Pour cette figure politique historique de la Creuse, qui a soutenu Emmanuel Macron lors de l’élection présidentielle, "il faut savoir terminer une revendication".
 

Vous voulez renverser l’Etat, mais qu’est-ce que vous mettez à la place ? La France ne peut pas vivre sans un Etat, c’est l’Etat qui a fait la France ! L’anarchie ? Mais vous vous battrez entre vous !
 

Creuse : l’ancien ministre André Chandernagor condamne la "jacquerie" des Gilets jaunes ©France 3 Limousin


 

"Cessons de nous apitoyer pour tout"


André Chandernagor déplore que le sens des responsabilités ait été perdu : "Il  ne suffit pas de critiquer toujours les gouvernants. Et la responsabilité personnelle ? Vous voulez de l’argent, il faut le produire !" Et de pointer du doigt l’état des finances. "On continue à creuser le trou. Est-ce qu’on peut comme ça vivre d’emprunts ? Soyons sérieux. Cessons de nous apitoyer pour tout."

"Et dès que quelqu’un crie dans un coin, qu’on le secourt je suis d’accord, mais qu’on se mette tous à pleurer comme des veaux, en disant 'le pauvre, le pauvre', sans regarder si c’est un vrai pauvre ou un faux pauvre… Parce que dans les gilets jaunes il y a de tout. Allons, soyons sérieux", répète-t-il.
 
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