• ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • SOCIÉTÉ
  • FAITS DIVERS
  • SPORT
  • CULTURE

Creuse : face à la sécheresse, des cultures à repenser

L'herbe n'ayant pas poussé, il faut donner du fourrage aux troupeaux. / © Ariane Pollaert / France 3 Limousin
L'herbe n'ayant pas poussé, il faut donner du fourrage aux troupeaux. / © Ariane Pollaert / France 3 Limousin

En Creuse la sécheresse s’éternise, voire se durcit. Les quelques récentes précipitations n’ont pas suffi pour que l’herbe repousse, et donner à manger aux troupeaux devient de plus en plus dur, à moins d’attaquer les réserves pour l’hiver.
 

Par Richard Duclos avec Ariane Pollaert

En Creuse, les sols sont toujours secs, les prairies sont toujours jaunies, et les cours d’eau sont toujours au plus bas. Il a plu oui, mais pas assez, et ce sont les agriculteurs qui subissent le plus cette sécheresse. Avec cette question au quotidien : comment nourrir les troupeaux ?
 


L’herbe n’ayant pas assez poussé pour nourrir les bêtes, tous ont dû entamer déjà les réserves faites pour l’hiver, comme Fabien Périgaud : "On a déjà commencé à taper dans les stocks alors que normalement on commence mi-novembre", souligne cet éleveur. Derrière lui, son hangar est déjà à moitié vide, au lieu d'être encore rempli de foin à cette saison. Pour alimenter sa centaine de vaches, le jeune agriculteur s’appuie aussi en général sur ses champs de maïs. Mais là encore, les pertes sont considérables cet été : "Normalement à cette époque le maïs devrait faire jusqu’à 2,50m de hauteur. Là il fait 1,30m de haut." Résultat : comme de nombreux éleveurs de Creuse, Fabien Périgaud n'aura d'autre choix que d'acheter du fourrage pour l'hiver, ce qui représente un coût dont il se serait bien passé.
 

Le dactyle plutôt que le maïs


Pour faire face aux étés trop secs, il souhaiterait irriguer une partie de ses prairies. L'avantage de l'irrigation est qu'elle apporte de l'eau et qu'elle réduit la température dans les parcelles. Mais la solution ne fait pas consensus. Elle est notamment pointée du doigt par les défenseurs de l'environnement, puisqu'elle contribue au déficit d'eau à l'origine du problème.

Pour Olivier Thouret, éleveur bio et porte-parole de la Confédération paysanne, il faudrait plutôt repenser le modèle, et renoncer aux cultures de maïs. En effet cette plante tropicale, originaire d’Amérique centrale, a besoin de chaleur et d’eau. Or, sa floraison a lieu en été, quand justement l’eau peut manquer. Si le maïs ne demande pas plus d'eau que le blé par exemple, ses besoins sont cependant concentrés lors de cette saison parfois critique. 

Comme le fait remarquer Olivier Thouret : 
 

Il y a des solutions, des choses qui se mettent déjà en place, avec des variétés beaucoup plus résistantes au manque d'eau.


Lui par exemple s’est mis à cultiver le dactyle, une plante fourragère adaptée à la fauche comme à la pâture.
 

Repenser les cultures, pour trouver des pratiques plus adaptées au réchauffement climatique, va peut-être s’imposer peu à peu. C’est la troisième année consécutive que la Creuse fait face au manque d'eau. Et d'après un rapport du Sénat publié en mai 2019, les années de sécheresse risquent d'être désormais la norme.
 
Creuse : toujours la sécheresse, et des cultures à repenser
Avec : Fabien Périgaud, éleveur ; Olivier Thouret, porte-parole de la Confédération paysanne 23 - France 3 Limousin - Reportage : Ariane Pollaert, Nicolas Chigot et Marion Haranger


 

A lire aussi

Sur le même sujet

Des crapauds au coeur d'une polémique au Moto Cross de La Tremblade

Les + Lus