En Creuse, manifestation contre l'extension de l'éolien

Les manifestations contre l'éolien se succèdent en Creuse et celle de ce 6 novembre 2021 à Guéret a réuni près de 300 personnes venues de tout le département. Elles dénoncent la multiplication des projets en dépit des risques, problèmes déjà constatés et des spécificités des paysages creusois.

Difficile de circuler ce samedi à Guéret. Si environ 70 agriculteurs manifestaient d'un côté avec tracteurs et bottes de paille contre la hausse du prix du carburant, bloquant l'ensemble des stations-services de la ville pendant 2h, ce sont près de 300 personnes qui ont défilé dans le centre ville contre la multiplication de projets éoliens en Creuse à l'appel du Collectif SOS Eol 23 qui regroupe une quinzaine d'associations.

Sur les banderolles, le nom des communes creusoises impactées par des projets éoliens : Saint-Laurent, Mazeirat, La Saunière, Saint-Dizier, Masbaraud, Anzême, Glénic, Jouillat, Saint-Fiel, Evaux les Bains... essentiellement l'est et l'ouest de la Creuse et les mots "territoire en danger" ou "ce n'est pas en détruisant les campagnes qu'on sauvera la Nature"

Les manifestants ont apporté une banderole de 50m de long, censée représenter la pale d'une éolienne de 150m de haut.

Une manifestation contre le schéma d'énergies renouvelables du département

Actuellement, la Creuse compte déjà 7 parcs éoliens et 38 éoliennes, mais le conseil départemental prévoit 58 éoliennes supplémentaires. Pour Jean-Luc Méchin, président du collectif SOS Eol 23 "ça veut dire une commune sur deux en Creuse, soit quasiment un habitant sur deux qui se trouverait à moins de 1000/1500m d'une éolienne d'un parc".

Ces associations dénoncent ces projets acceptés par les élus sans discernement, niant les nuisances, risques et problèmes déjà constatés sur le terrain. 

Pour la Maire de la Chapelle-Baloue (SE), c'est aussi une question de stratégie "Je ne suis pas contre les éoliennes, je suis contre les emplacements qui sont totalement anarchiques, qui ne sont pas réfléchis, notamment sur des zones où il y a de l'eau où on pourrait faire des captages"

Ces élus et riverains dénoncent une inéquité de traitement entre la côte atlantique où aucun mât n'est implanté et les territoires ruraux, comme la Creuse, département le moins peuplé de la Nouvelle-Aquitaine. Pour cet habitant de Tauron "nos paysages comptent, ça doit être préservé, c'est un sanctuaire" Or, la pression des promoteurs s'intensifie. "Tous les jours il y a des projets pour lesquels les mairies ont été contactées" souligne le président du collectif.

Une délégation a été reçue par le député creusois Jean-Baptiste Moreau "Non seulement c'est pas rentable puisqu'il n'y a pas assez de vent dans les endroits où on les importe mais en plus on est infoutu de stocker l'électricité qu'elles produisent, donc l'argent public n'est pas là pour être gaspillé et enrichir les industriels qui implantent les éoliennes".

Associations, élus, riverains demandent que la Creuse, comme l'Allier et la Charente, obtienne un moratoire sur l'ensemble des projets déposés. La colère monte donc et cette énième manifestation le souligne une nouvelle fois.

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