La Creuse représentée au championnat du monde de la Joëlette en Charente-Maritime

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Écrit par Robin Spiquel avec Nassuf Djailani

Samedi 28 mai débutent à Saujon, en Charente-Maritime, les championnats du monde de Joëlette, ces fauteuils de randonnée pour personnes à mobilité réduite. La Creuse y sera représentée, notamment par l'équipe de l'IME (L'Institut médico-éducatif) de Guéret.

Autour d’un siège à porteur ce jour-là, quatre hommes en tee-shirt orange, filent à grandes enjambées devant et derrière l’engin. Au milieu, une jeune fille, fixement attachée sur le siège à roulette, visiblement très heureuse qu’on s’occupe d’elle.

C’est une course de longue haleine. Depuis neuf mois, ces jeunes de l’Institut Médico-éducatif Grancher à Guéret s’entraînent sans relâche en prévision du championnat du monde de la Joëlette.  

« Les premiers jours, c’était vraiment dur, se souvient Alexandre, membre de l'équipe. Les mardis après-midi, quand on a commencé vers ici, c’était mieux, et on se rend compte qu’il faut de l’entraînement ».

Et il y en a eu des heures d’entraînement. Près de 120 kilomètres parcourus depuis septembre avec cette étrange carriole.    

« La Joëlette est un fauteuil à porteur pour personne en situation de handicap, détaille Julien Chanudet, éducateur APAJH 23. On a une personne à l’arrière qui stabilise avec le guidon, avec un frein et un lève-guidon. On a deux roues, et un stabilisateur derrière, et à l’avant, on a deux  personnes qui tractent la Joëlette ».

Défis

Accompagnés de leurs éducateurs ces jeunes doivent parcourir 12 km pour atteindre la ligne d’arrivée des championnats du monde. Une réelle épreuve pour cette équipe pas comme les autres. 

« Là ou les autres équipages sont composés de coureurs entraînés, réguliers, adultes, explique Fabien Aubrun, éducateur sportif APAJH 23, ici c’est que des jeunes en situation de handicap qui participent au projet. On peaufine l’équipement que l’on a récupéré. Histoire d’être à l’aise, de ne pas avoir d’ampoules au niveau des pieds, être à l’aise également dans les vêtements. Après il faut gérer tout ce qui va être l’excitation, l’appréhension de l’évènement, par rapport aux jeunes, parce que ça va être une première pour les jeunes, comme pour nous en tant qu’éducateur, encadrants, équipiers. Puisqu’ici tout le monde produit le même effort, l’esprit d’équipe et de cohésion. »  

Parmi les athlètes engagées, il y a Myray, 15 ans. Elle ne peut pas courir mais cela ne l’empêche pas de profiter de la course. Emotive, elle émet des cris de joie, à mesure que l’équipe avance dans la course autour de l’étang de Courtille à Guéret ce jour-là.   

La difficulté pour ce type d’activité ?

« Ce qui peut être difficile, confie l’éducateur sportif, c’est la prise en main de la Joëlette, comme savoir la manœuvrer. Car ça fait à peu près 10 kilos. Et la partie technique qu’il faut maîtriser, en plus de la condition physique à avoir. Notre équipe est composée essentiellement de jeunes de l’IME de Granger. Ils vont être confrontés à des jeunes adultes, mais on va leur prouver qu’on peut être des jeunes adultes et qu’on peut parcourir la même distance avec un très bon résultat au final. »  

Une équipe fédérée, des jeunes qui reprennent confiance. Peu importe le temps à l’arrivée, ils ont déjà gagné.