Des Deux-Sèvres à la Savoie, le musher François Richard et ses chiens à la conquête du trophée Aésio

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Éleveur de chiens et musher (pilote d’attelage) au Gué Moreau (Deux-Sèvres), François Richard s’apprête à entamer un nouveau défi ce 17 janvier : le trophée Aésio, en Savoie, aux côtés de 8 de ses compagnons à quatre pattes. Avant de se lancer dans la Vercors Quest à la fin du mois.

Les huit chiens - des Alaskan Husky, croisés loups - ont été largement préparés. Entraînés au quad et au kart pour travailler leur puissance et leur endurance : “Les chiens font 35 à 40 kilomètres par sortie presque tous les jours”, raconte François Richard, 35 ans - dont 12 consacrés à cette activité peu commune.

Il fallait au moins ça pour se lancer à la conquête du trophée Aésio, une compétition de mushing de plus de 100 kilomètres sur trois jours. Une première pour le Deux-Sévrien, né à Juscorps : “L’année dernière, on a déjà fait une course dans les Alpes. Mais ici, c’est la première course avec bivouac, en autonomie totale. On va dans un col défini par les organisateurs et on laisse nos chiens là-haut, en standby. Il faut les nourrir, les réchauffer, les reposer. C’est une course plus rude que d’autres.

“On pense aux chiens avant de penser à nous”

Au programme ce 17 janvier : une première étape de 30 kilomètres avec retour au camp de base pour les 10 compétiteurs. Puis un bivouac, les deux jours suivants. “On va au mont Cenis. Arrivés à la base polaire, on bivouaque tout là-haut. J’ai regardé la météo, il devrait faire entre -10 et -15°C la nuit”, alerte François Richard.

Il faudra aller vite une fois en haut. Allumer les cookers, hydrater et nourrir les chiens, pailler le sol, leur mettre un manteau et des couvertures en plus pour qu’ils soient en état de repartir le lendemain”, détaille le sportif. Avant de préciser : “On pense aux chiens avant de penser à nous. L’objectif principal, c’est de partir à 9 et de rentrer à 9. Je ne veux pas que mes chiens se blessent.

Pour les mushers, l’animal devient partenaire et ami. Pour autant, François Richard avoue espérer tirer son épingle du jeu : “Je suis bien, j’ai hâte, mais je serai surtout fier quand on aura fini. Ce sera l’aboutissement de tout ce que l’on peut sacrifier aux entraînements.

Le goût des grands espaces

Le mushing, François Richard l'a découvert sur le tard. Pourtant, jeune, il grandit entouré de chiens : “Mes parents en ont toujours eu”, précise-t-il. “Des chiens de chasse, des bergers allemands. Le nordique, je l’ai connu quand j’ai eu mon premier chien, à 25 ans.

Il y a douze ans, il découvre la Grande Odyssée Savoie Mont Blanc aux côtés du musher Romain Grenier, sa “première grosse influence”. “Avec lui, je suis parti en Suède et en Norvège. J’ai découvert les grandes étendues nordiques, j’ai découvert le chien de traîneaux. Je n’avais que quelques chiens à l’époque. Aujourd’hui, j’en ai 23.

Son amour pour la montagne fera le reste. “J’ai toujours aimé ça. La neige, le froid, les décors hivernaux… Mes parents m’ont apporté cet amour de la montagne, on y allait tous les ans”, décrit-il. “Le froid, ils le savaient, c’était important pour moi. Quand j’ai pris mon premier chien, je voulais un animal sportif, pour pouvoir courir et faire du vélo à ses côtés. Et j’ai senti qu’il avait d’autres capacités à développer. On peut aller plus loin, avec un chien, que juste courir et faire du vélo !

Connaître l’animal

Aller toujours plus loin, aussi dans la relation avec l’animal. “On doit connaître son chien par cœur”, résume François Richard. “Il faut avoir l’amour de l’animal pour pouvoir déceler ses problèmes. Si l’on n'est pas vigilant, on peut avoir des chiens qui dépassent leurs limites et vont jusqu’à l’épuisement total. On ne peut pas se tromper. Eux aussi peuvent avoir des coups de mou !

Alors après ces quelques jours intenses, les chiens pourront jouir d’un repos bien mérité au Gué Moreau, où François et Charline, sa compagne depuis 5 ans, proposent aux Deux-Sévriens de découvrir ce type de balades.

C’est un sport présent depuis longtemps dans le département. Il y a plusieurs clubs”, explique-t-il. “Charline était externe à tout ça quand on s’est rencontrés… Mais quand on se met en couple avec un musher, on n'y échappe pas !

Trophée Aésio, du 17 au 19 janvier 2022.