Journée de défense de l'hôpital : la CGT des Deux-Sèvres garnit les rangs du cortège parisien

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Écrit par Elise Rouard
L'hôpital nord Deux-Sèvres dans le cortège parisien
L'hôpital nord Deux-Sèvres dans le cortège parisien © Elise Rouard - France Televisions

La CGT de l'hôpital nord Deux-Sèvres a choisi Paris pour dénoncer "la casse de l'hôpital public". Mais pas plus qu'à Poitiers ou Châtellerault, la manifestation n'a fait le plein.

Ils ont choisi de défiler à Paris, "pour faire masse," alors ils sont arrivés "un bus plein", une soixantaine de soignants partis à 6h15 de Parthenay et Thouars. Tous les mêmes autocollants CGT, la centrale est la seule à avoir appelé à la mobilisation ce mardi pour réclamer "de l'argent pour l'hôpital..." Et une douche froide à l'arrivée : ils ne sont que quelques centaines, devant l'hôpital Cochin, à avoir répondu à l'appel national. Au point que la délégation des Deux-Sèvres est l'une des plus massives, aux côtés de rares délégués de l'APHP, de l'Oise ou de région parisienne.

"Le Maine-et-Loire et la Charente devraient débarquer", assure Alain Fouquet, secrétaire général de la CGT à l'hôpital nord Deux-Sèvres qui nous présente "Vincent, psychiatre en libéral et en maison de retraite", ainsi que Sandrine Fournier, la secrétaire de l'Union départementale. Eux aussi espèrent des renforts. "Tiens, voilà l'Ehpad du Maine !" 

Il faut des lits. Des conditions dignes. L'hôpital doit être en adéquation avec ce que le public est endroit d'attendre de lui".

Alain Fouquet - CGT hôpital nord Deux-Sèvres

Vu la maigreur des troupes, elles attendent sur le trottoir que la préfecture de police ferme le boulevard à la circulation - au moins, toute la presse est là. Alain Fouquet enchaîne les agences : AFP, Reuters, et même la télé autrichienne. "Le Ségur n'a rien résolu : ce n'est pas une prime de 183 euros qui peut convaincre de venir travailler à l'hôpital. Ce qu'il faut c'est des lits : ces fermetures sont insupportables." 

Sa camarade qui tient avec lui la banderole, insiste : "Depuis 2015, on a perdu 200 postes à Niort. Donc coller cela sur le compte de la pandémie, c'est faire fausse route : c'est structurel". Et la crise n'a bien sûr rien arrangé : l'hôpital nord Deux-Sèvres a enregistré une vingtaine de démissions depuis le Covid. 

Au micro, le délégué national de la CGT-Santé salue "nos amis des Deux-Sèvres, et l'hôpital nord". "Cas emblématique, insiste Christophe Prudhomme :  on met un hôpital au milieu de nulle part et c'est la catastrophe. Mais c'est dur partout : en banlieue parisienne, on a encore moins de médecins par habitants que chez vous !

C'est très dur, cet hôpital nord Deux-Sèvres au milieu de la campagne. On éloigne les lieux des patients... C'est un service public, la santé !

Christophe Prudhomme, délégué national CGT-Santé

On remarque au loin la coupe en brosse, orange vif, du député LFI Adrien Quattenens. Sandrine Fournier, patronne du syndicat dans les Deux-Sèvres, revient amère de son petit tour de cortège : elle vient de croiser son secrétaire national. "Martinez vient de partir ! Comment veux tu que ça marche...?"  Elle regrette que la centrale "n'ait pas fait un appel national : on aurait tous dû venir sur Paris ! Et les citoyens doivent être avec nous, sinon on n'arrivera plus à défendre l'hôpital". 

La sono du camion CGT abonde : "C'est dans la rue que ça se passe"... Ils sont enfin plus d'un millier quand le cortège finit par s'ébrouer. Mobilisation faible également à Poitiers et à Châtellerault où ils n'étaient qu'une centaine, ce mardi matin. Alain Fouquet ne regrette pas d'avoir emmené ses troupes depuis l'hôpital nord : "Le ministère, il est là, pas à Niort. Mais c'est vrai que si on était 100.000 sous les fenêtres du ministre, ça aurait de l'allure... Là, entre les personnels assignés, les soignants épuisés et le plan blanc..." 

"Bah, je ne pense pas qu'il nous recevra", sourit Sandrine Fournier. De toute façon, leur bus repartait à 17h. 

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