Melle : Delphine Batho en bataille contre le démarchage abusif

Les appels à vocation commerciale se révèlent, pour beaucoup de Français, intempestifs et sont de plus en plus vécus comme du harcèlement. / © Antoine Morel / France 3 Poitou-Charentes
Les appels à vocation commerciale se révèlent, pour beaucoup de Français, intempestifs et sont de plus en plus vécus comme du harcèlement. / © Antoine Morel / France 3 Poitou-Charentes

La députée des Deux-Sèvres, Delphine Batho, veut déposer une proposition de loi pour faire stopper la pratique du démarchage téléphonique abusif. Dans la région, de nombreux habitants se disent victimes du phénomène.

Par Clément Massé (avec Antoine Morel)

Les appels intempestifs tout au long de la journée, avec des messages enregistrés ou des voix lointaines proposant des travaux d'isolation, sont devenus une habitude fort désagréable pour beaucoup de Français. Dans la région, certains en dénombrent une dizaine, voire parfois plus, par jour. A chaque fois, l'interlocuteur a quelque chose à vous vendre.

Bernard Jouineau, retraité à Melle, se souvient très bien de la manière dont les choses se sont déroulées.

"J'ai fait faire l'isolation chez moi", raconte-t-il. "Et bien, on continue à me dire que je ne l'ai pas faite et on me demande de m'inscrire, c'est complètement aberrant. Ca continue de sonner, de sonner et, ils sont à la limite de l'amabilité".

Il faut mettre dans la loi que l'on ne peut pas vous appeler pour du démarchage commercial si vous n'avez pas dit explicitement que vous êtes d'accord pour recevoir ces appels! (D. Batho)

Des habitants ont, depuis longtemps, choisi de réagir. Jean-Claude Locteau, gendarme à la retraite, consigne tous les coups de fil à vocation commerciale. Selon, lui, entre 6 et 12 par jour! L'ancien major a même écrit au ministère de l'Economie.

"On en marre", explique-t-il, tout en déroulant la liste des appels reçus depuis des semaines.

Des solutions existent pourtant : se mettre sur liste rouge, s'inscrire sur le dispositif Bloctel. Mais rien ne semble suffisant, les appels intempestifs continuent de perturber les foyers français.

Delphine Batho veut légiférer

La députée des Deux-Sèvres, Delphine Batho, tenait une réunion publique sur le sujet ce jeudi à Melle. Elle propose de légiférer. Pour elle, le problème serait "très simple" à résoudre.

"Il faut mettre dans la loi que l'on ne peut pas vous appeler pour du démarchage commercial si vous n'avez pas dit explicitement que vous êtes d'accord pour recevoir ces appels!", explique-t-elle.

En somme, elle propose que le numéro de téléphone ait le même statut que l'adresse e-mail.

"Pour l'adresse e-mail, la règle est que l'on n'a pas le droit de vous envoyer de courrier, des publicités, si vous n'avez pas donné votre accord", précise-t-elle. 

"On est beaucoup de parlementaires mobilisés sur ce sujet (...) et on veut faire interdire ces pratiques de manière simple et net", assure-t-elle. 
La députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, lors de la réunion publique contre le démarchage téléphonique, jeudi 21 novembre à Melle. / © Antoine Morel / France 3 Poitou-Charentes
La députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, lors de la réunion publique contre le démarchage téléphonique, jeudi 21 novembre à Melle. / © Antoine Morel / France 3 Poitou-Charentes

L'exemple européen

Le 16 juillet dernier, la députée des Deux-Sèvres avait déjà interrogé le ministre de l'Economie et des Finances sur la question du démarcharge abusif en s'appuyant sur les "insuffisances du dispositif Bloctel".

Dans sa réponse, le ministre indiquait qu'effectivement, "plusieurs éléments démontrent que (le dispositif Bloctel) n'est pas pleinement respecté à ce jour". 

De son côté, Alain Bazot, président national de l'UFC-Que Choisir, prend nos voisins européens pour exemple. 

"En Allemagne, il y a longtemps qu'ils ont pris des mesures et donc le sujet du démarchage téléphonique n'est plus un sujet en Allemagne. Les Anglais viennent aussi de mettre en place un dispotif."

Le Parlement français, lui, n'a toujours pas répondu aux appels instistants de la population.

Le reportage d'Antoine Morel, Xavier Richard et Sandy Renault :

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