Niort : les vélos de la discorde

Entre la municipalité et les cyclistes qui revendiquent davantage de considération dans la ville, c'est un dialogue parfois compliqué. Une "Vélorution" a rassemblé plusieurs dizaines de personnes ce vendredi en fin d'après-midi.

C'est un rendez-vous à l'hôtel de ville de Niort jeudi matin qui a mis le feu aux poudres. Dans le bureau du maire Jérôme Baloge, un collectif de commerçants venus demander la suppression d'une bande cyclable, implantée à titre provisoire en mai 2020, rue du 24-Février. 

Lorsqu'il a appris la nouvelle, Vincent Guérin-Rousteau a bondi : "il est hors de question de supprimer cette piste cyclable qui est très pratique et qui est un vrai progrès pour nous.""C'est un très mauvais signal envoyé pour tous les cyclistes de la ville" conclut celui qui est, depuis peu, l'un des porte-paroles de VilloVélo.

"Haussmann n'est pas passé partout"

Il faut dire que les relations entre la municipalité et l'association qui oeuvre pour la promotion du deux-roues dans la préfecture deux-sévrienne se sont tendues ces derniers mois. Manque d'aménagements pérennes, insécurité, absence de dialogue, les griefs ne manquent pas. "La municipalité est en place depuis huit ans et on n'a toujours pas de plan vélo alors qu'on a le sentiment que beaucoup de choses sont faites pour la voiture, avec des heures gratuites de stationnement en centre-ville et des facilités à circuler."

Les autos plus favorisées que les vélos à Niort ? La critique est balayée par Jérome Baloge. "La mobilité est forcément plus compliquée aujourd'hui avec des espaces partagés" argumente le maire qui reconnait quelques difficultés notamment dûes à la topographie de la ville où certaines rues sont très étroites.

Le sujet avance mais c'est vrai que c'est long. Haussmann n'est pas passé partout.

-Jérôme Baloge, maire de Niort

Il rappelle toutefois que près de 1.000 vélos TAN sont actuellement en circulation à Niort et que la location de deux-roues va se développer encore.

"Juste un coup de peinture"

Preuve que la question est délicate, le devenir de la fameuse bande cyclable du 24-Février n'a pas été scellé. A l'issue de l'entrevue avec le collectif des commerçants, Jérôme Baloge a décrété le statu quo, le temps de demander l'avis de la commission communale des mobilités. Les acteurs associatifs dont VilloVélo seront donc consultés sur le sujet. 

Il n'est pas certain que cela suffise à calmer la colère des usagers quotidiens du vélo comme Vincent Guérin-Rousteau qui dénonce une ville "à la traine". "Il y a beaucoup de bandes cyclables à Niort mais c'est juste un coup de peinture sur la route qui ne nous protège pas. En plus, les voitures y stationnent. Rien à voir avec des pistes cyclables, séparées de la route par une petite bordure." 

Signe de ce mécontentement grandissant, un appel à "une grande Vélorution" est né d'un collectif de "citoyens lambdas" sur les réseaux sociaux. Les cyclistes niortais souhaitant "montrer qu'ils existent dans la ville" se sont retrouvés ce vendredi soir à 17h30 pour un circuit dans le quartier de la gare empruntant la rue du 24-Février... évidemment. Le cortège était constitué de plusieurs dizaines de personnes. 

 

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