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Niort : de la prison ferme pour les trafiquants de drogue

Le 11 octobre dernier, les forces de police procédaient à six interpellations dans un quartier de Niort, confronté à de gros problèmes de trafic de drogue. Le tribunal de Niort a prononcé hier, contre quatre d'entre eux, des peines de prison ferme, allant de 6 mois à 4 ans. 
L'opération des forces de police a été menée dans le quartier autour de la rue St-Gelais
L'opération des forces de police a été menée dans le quartier autour de la rue St-Gelais © Dominique Laveau
Le 11 octobre dernier, dans le quartier de la Butte-Saint-André, à Niort, une opération de police, menée dans le cadre d'une enquête judiciare en cours depuis plusieurs mois, a permis l'arrestation de six personnes. Quatre d'entre-elles étaient jugées hier devant le tribunal de Niort.

Un trafic parfaitement organisé

Ce quartier était le théâtre d'un important trafic de stupéfiants. En Juillet 2017, plusieurs associations de quartier avaient déjà porté plainte.
Le quartier est un dédale de rues avec un carrefour où les trafiquants se postent.
Le trafic est parfaitement implanté et organisé : trois personnes assurent tout au long de la journée l'orientation des clients vers les lieux de vente. Des guetteurs, des rabatteurs et des appartements nourrices complètent le dispositif.

En été, c'est un ballet de véhicules qui stationnent dans le quartier : un client par minute en moyenne, en particulier rue du Petit Paradis. Cela peut monter jusqu’a cent clients par jour, provaquant même des embouteillages dans les rues. Le 6 rue du Paradis est même surnommé « la centrale nucléaire » : c'est la plate-forme au cœur du trafic.

Des peines de prison ferme pour quatre trafiquants

Les prévenus ont entre 24 et 38 ans. Ils étaient poursuivis pour acquisition non autorisée de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants, détention non autorisée de stupéfiants, offre ou cession non autorisée de stupéfiants et, pour certains, de détention d’armes.

► "Je ne traficote pas Madame. J’ai rien chez moi. Ils ont juste trouvé un petit joint de rien du tout". Il a huit mentions sur son casier judiciaire et revient sur ses déclarations en garde à vue : 18 mois dont 12 avec sursis avec mise à l'épreuve et interdiction de séjour à Niort.

► "Je n’ai aucun rôle, vous avez juste trouvé des petites affaires à mon domicile". Lui est alcoolique et gros consommateur de cannabis. L'expertise psychiatrique le décrit comme psychopathe, provocant, au discernement aboli. Les experts sont très pessimistes sur ses chances de réinsertion : 3 ans dont 1 avec sursis avec interdiction de séjour dans les Deux-Sèvres pendant 5 ans

► "J’ai vendu un peu. C’est que maintenant que je comprends que c’est du trafic" 12 mois dont 6 avec sursis avec mise à l'épreuve.

► "J’allais au petit paradis et je vendais mes affaires. J’ai de la marchandise et je fais du trafic". Lui reconnaît les faits. Il gagnait entre 6000 et 9000 euros par mois : du cannabis, de l'héroïne, MDMA et extasy. Il a déjà été condamné en 2010 à 5 mois d'emprisonnement avec sursis : 4 ans de prison ferme avec interdiction de séjour sur le département pendant 5 ans.

Sur les six prévenus, deux ont été renvoyés à plus tard. 
Pour l'un d'eux, l' audience est prévue le 22 janvier 2018, les chefs d’accusation étant plus graves.

Ce sont pas les « gros bonnets » de ce trafic dans lequel au moins vingt personnes sont impliquées.


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