Couac pour Kendji Girac : son code à l'arnaque

Le chanteur périgourdin âgé d'une vingtaine d'année a reconnu avoir "acheté" son code de la route par le biais d'une vaste arnaque. Il n'est pas le seul, 300 personnes ont exploité le filon, dont beaucoup de gens du voyage

Kendji Girac
Kendji Girac © MaxPPP
Le jeune et talentueux chanteur périgourdin l'a avoué : il fait partie des 300 personnes qui ont bénéficié en avril 2015 dans une auto-école de Chanteloup-en-Brie (Seine-et-Marne) d’un système de fraude au code de la route. L'affaire jugée hier lundi au tribunal de Créteil a révélé cette énorme arnaque montée par cinq personnes dont quatre d'une même famille.
Pour 2.000 à 2.500 euros, (cinq à six fois le prix de l'examen), la petite bande proposait aux candidats au code de la route de bénéficier d'un boitier activé à distance qui vibrait pour indiquer la bonne réponse. Le dispositif était piloté depuis l'extérieur par un complice, qui écoutait les questions via le téléphone d'un candidat.
La tricherie s'était organisée dans quatre auto-écoles du Val-de-Marne et de Seine-et-Marne, gérées par un ancien instructeur d'auto-école de 75 ans et sa femme de 69 ans, leur fille de 42 ans et son mari, un inspecteur du permis de conduire de 47 ans. Ils s'appuyaient, selon l'enquête, sur la complicité d'un cinquième prévenu actuellement au Maroc. L'arnaque a profité à plus de 300 personnes, principalement des gens du voyage, et des étrangers au français hésitant. Elle aurait rapporté environ 740.000 euros entre 2013 et 2016 à ses auteurs, selon les estimations des enquêteurs.

"Je ne gagnais que l'inscription et le forfait code, c'est tout", soit les 400 euros réglementaires pour chaque candidat, a juré le patriarche en audience. Il connaissait la combine, mais le système bénéficiait selon lui entièrement à "Monsieur Abdel", le prévenu jugé par défaut. Le reste de la famille a également expliqué avoir "fait l'autruche" face aux agissements du seul absent à la barre. Les auditions de multiples candidats indiquent pourtant que c'est le retraité, sa femme ou sa fille, qui proposaient le système et prenaient l'argent liquide. Elles décrivent "Monsieur Abdel" comme celui qui distribuait les boîtiers et envoyait les réponses, grâce à un classeur répertoriant les 200 séries de questions de l'examen.

La procureure a requis deux ans d'emprisonnement pour le père, sa femme et sa fille, ainsi qu'un an contre le gendre, tous poursuivis pour "escroquerie en bande organisée" et "abus de biens sociaux". Et réclamé deux ans assortis d'un mandat d'arrêt contre le prévenu absent. Le parquet a également requis un an d'emprisonnement contre un Pakistanais, qui a agi comme rabatteur auprès d'un candidat.

Notre chanteur régional n'était pas présent au procès, mais le président a lu son témoignage à l’audience. « J’étais en pleine tournée. Quand j’ai su ça, ça m’arrangeait. Je suis allé à l’auto-école avec mon chauffeur. J’ai payé 1 500 euros. La conduite c’était réglo : je sais conduire depuis longtemps ». La petite histoire ne dit pas comment le jeune homme a appris à conduire.

Le tribunal rendra son jugement le 27 mars.
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