La filière gras est l'une des plus fragilisée par la crise du covid-19 en Périgord

Publié le Mis à jour le
Écrit par Cendrine Albo

La fermeture des restaurants, des marchés et l'arrêt des exportations ont lourdement impacté les producteurs de foie gras en Dordogne et dans l'ensemble du sud-ouest. L'activité ne repart que très lentement. L'interprofession demande un plan de sauvegarde pour éviter une série de faillites.

"Si on redémarre avec le carnet de commandes qu'on avait avant le confinement mon entreprise n'est pas en péril. Mais si d'ici trois semaines, un mois le carnet reste vide ça peut arriver oui" - Fabien Prudhomme, éleveur de canards, conserveur et traiteur à Notre-Dame-de-Sanilhac

 

Ce jeune éleveur périgourdin a vu son activité stoppée nette depuis le 16 mars dernier. Sa salle de gavage est encore vide aujourd'hui et la reprise reste très incertaine.

"Tout l'évènementiel est en suspens donc on ne sait pas trop où on va. A l'heure qu'il est l'entreprise est à l'arrêt complet, à part quelques livraisons de plateaux repas" se désole t-il.

Fabien Prudhomme travaillait beaucoup pour les mariages, les marchés de nuit et les animations diverses organisées en Dordogne et portées par le tourisme.

Le déconfinement devrait permettre un redémarrage progressif de l'ensemble de ces activités et une reprise des ventes. Du moins il l'espère très fort.

 

Pertes estimées à 25 millions d'euros en Dordogne

 

Comme lui, 600 éleveurs de la filière gras sont impactés en Dordogne. Une filière au poids économique conséquent dans le département. 

La fermeture des restaurants pendant deux mois, gros acheteurs de magrets, foie gras et autres gésiers a pesé très lourd. 

Le recul des ventes pendant les fêtes de Pâques également. 

"Sur une filière qui représente 10 millions d'euros de chiffre d'affaire par mois, sur trois mois, on compte 25 millions de pertes. C'est je pense aujourd'hui la filière la plus en difficulté du département" affirme Jean-Philippe Granger à la tête de la chambre d'agriculture de la Dordogne.

Un secteur d'autant plus en difficulté qu'il avait déjà dû faire face aux crises successives de la grippe aviaire.

"Les producteurs avaient beaucoup investi pour respecter les mesures de bio-sécurité et mettre aux normes leurs élevages, ils se sont endettés. Là c'est la double peine" constate pour sa part Eric Sourbé, le vice-président de la chambre d'agriculture lui-même producteur de foie gras.

 

Un plan de soutien pour que tous puissent se relever

 

Le Cifog, comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras, a lancé une carte interactive en ligne à destination du grand public.

L'objectif est de "permettre aux producteurs de présenter leurs produits et d’être contactés directement pour vendre sur l’exploitation ou par correspondance. Les consommateurs n’ont besoin d’aucune inscription spécifique pour bénéficier de ce service. Il leur suffit de se connecter pour trouver les producteurs correspondant à leurs attentes" explique le Cifog.

Par ailleurs l'interprofession demande à pouvoir bénéficier d'un plan de sauvegarde comme le préconise notamment un rapport du sénat à destination du monde agricole. Ce rapport, publié cette semaine, estime qu'il faut débloquer "un milliard d’euros à minima pour inclure l’agriculture et l’agroalimentaire dans le plan de relance".

Ce plan de relance doit permettre de retrouver "notre souveraineté alimentaire" martèlent les syndicats agricoles depuis des semaines. 

Dans le reportage qui suit nos reporters Philippe Niccolaï et Bertrand Lasseguette se sont rendus auprès d'acteurs de la filière gras en Dordogne.

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