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25% de risque de cancer en moins en mangeant bio : la culture bio en Dordogne a de beaux jours devant elle !

Il y a plus de 700 producteurs bio en Dordogne. Trois fois plus en dix ans et la tendance ne risque pas de s'inverser : une étude française vient de révéler que le risque de cancer baisse de 25% pour les consommateurs réguliers d'aliments issus de l'agriculture biologique !

Par Pascal Faiseaux

Des noix, des châtaignes, des canards, du boeuf, de la bière, du vin, et même du tabac ! Difficile de trouver une production qui ait échappé au bio en Dordogne. Ils sont plus de 700 à avoir choisi de s'établir ou de se convertir en bio, pour 300 d'entre eux regroupés au sein de l'association Agrobio Périgord. Et ces producteurs de Dordogne sont parmi les plus actifs de Nouvelle-Aquitaine. Plus de 19 000 ha sont désormais plus verts en Dordogne.

Leurs raisons sont multiples. Il y a tout d'abord le refus d'une agriculture chimique productiviste, grande utilisatrice d'intrants, pesticides de synthèse, OGM ou engrais chimiques. En Dordogne où les productions ne sont pas systématiquement industrialisées, les exploitations sont de taille relativement modeste et souvent tenues par des "petits exploitants". Le choix de passer au bio y est sans doute plus évident qu'ailleurs.

Les cas de maladies d'agriculteurs ou de leur famille (maladie de Parkinson, cancers, malformations foetales) de plus en plus souvent imputées à l'utilisation de substances chimiques joue également une grande part dans ce choix.

Il y a aussi des raisons financières. Tout d'abord les à-priori qui jugeaient cette agriculture peu rentable sont tombés. Moins productive, plus exigeante en temps et en main-d'oeuvre, l'agriculture bio est aussi moins coûteuse en produits et surtout plus fiable à long terme. L'exploitation est plus durable, ne pollue pas, les ressources ne s'épuisent plus et se renouvellent laissant de meilleures perspectives pour l'avenir.

De plus, face à une agriculture "conventionnelle" qui s'effondre, le bio affiche une santé insolente. Le consommateur semble enfin prêt à dépenser un peu plus pour consommer beaucoup mieux. Le marché s'envole, et les producteurs ont même parfois du mal à faire face à la demande locale, notamment en maraîchage, produit phare du bio.

En Dordogne s'ajoute un effet d'image. Le département a toujours bénéficié d'une réputation de qualité pour sa production agro-alimentaire dont peuvent légitimement s'ennorgueillir les producteurs. Des produits d'élite associés à l'image du foie gras, de la truffe ou du cèpe où le bio prend naturellement sa place. Et où il bénéficie d'une population locale qui fait la différence entre des produits, au supermarché aussi bien que sur les étals.

Mais le phénomène dépasse largement les limites du département. Glyphosate, Roundup, Gaucho, crise de la vache folle : à travers de retentissants scandales sanitaires mondiaux, tous les consommateurs ont appris à se méfier d'une agriculture potentiellement néfaste pour l'environnement et leur propre santé.

Et chaque jour, de nouveaux éléments leur donnent raison. Dans une étude publiée ce lundi 22 octobre dans la revue médicale américaine JAMA Internal Medicine et portant sur environ 70 000 personnes dont une majorité de femmes, des chercheurs français ont révélé qu'ils ont observé une diminution de 25% du risque de cancer chez les consommateurs réguliers d'aliments issus de l'agriculture biologique. La baisse est même de 34% pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées, et de 76% pour les lymphomes !

Conduits par les chercheuses Julia Baudry et Emmanuelle Kesse-Guyot, les auteurs ont exploité les données de près de 70 000 volontaires suivis entre 2009 et 2016. Ils ont divisé en quatre groupes les individus, en les classant des plus gros consommateurs de bio (environ plus de 50 % de leur alimentation), à ceux qui n’en consomment que de manière occasionnelle, ou jamais.

Le Monde (article payant) qui relaie l'information précise qu'il s'agit  de la première étude "à pointer de tels risques dans la population générale, s’agissant du cancer".

Il faudra bien sûr d'autres études et enquêtes pour confirmer le lien de cause à effet pour l'instant établi par cette seule étude, mais il est déjà probable que les scientifiques ne peuvent pas totalement se tromper lorsqu'ils affirment que leurs résultats sont expliqués par " la présence de résidus de pesticides à des doses plus élevées dans les aliments issus de l'agriculture conventionnelle et des teneurs potentiellement plus élevées en certains micronutriments bénéfiques pour la santé dans les aliments bio."

 

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