Dordogne : six chevaux porteurs d'une maladie infectieuse euthanasiés

Ce cheval est porteur du virus de l'anémie infectieuse, l'équivalent du virus du sida chez l'homme. / © Jean-Michel Litvine
Ce cheval est porteur du virus de l'anémie infectieuse, l'équivalent du virus du sida chez l'homme. / © Jean-Michel Litvine

Un foyer d’anémie infectieuse équine a été détecté dans un centre équestre près du Bugue, en Dordogne. Pour éviter la transmission de cette maladie grave transmissible à tous les équidés, six d'entre eux ont dû être euthanasiés. Le centre reste sous haute surveillance.

Par Pascal Faiseaux

Il y a quelques mois, des chevaux pensionnaires d'un centre équestre de Dordogne ont révélé des signes cliniques montrant un affaiblissement de leur état général.

Alerté, le vétérinaire sanitaire en charge de l’inspection de santé publique en élevage a suspecté des cas d'anémie infectieuse équine (AIE). Le Laboratoire National de Référence a confirmé dans un premier temps que deux équins au moins étaient porteur du virus.

L'AIE est une maladie virale grave et transmissible via le sang d'un animal infecté porté par des insectes piqueurs (taon) ou du matériel infecté (seringues).

Une maladie exclusivement équine (cheval, âne, mule, etc. ) mais transmise par un rétrovirus du même type que celui du Sida et pour laquelle il n'existe aucun traitement. Cette maladie présente dans le monde entier n'apparaît que sporadiquement en France avec moins d’un cas par an en moyenne.

La maladie ne révélant pas ou peu de symptômes, elle passe assez souvent inaperçue, ne révélant que des poussées de fièvre épisodiques, sur des périodes pouvant aller de plusieurs mois à plusieurs années, l'équidé s'affaiblissant progressivement en perdant du poids. Certains animaux peuvent être porteurs sains, c'est-à-dire ne manifester aucun signe clinique. Le diagnostic ne peut avérer la présence que par une recherche d’anticorps dans le sang.

Néanmoins, contagieuse et sans traitement, l’AIE est classée parmi les dangers sanitaires de catégorie 1. Elle est donc strictement réglementée par l’Etat et impose l'euthanasie ou l’abattage du cheval infecté. Le détenteur est  alors indemnisé par l’État.

Chose faite dans cet élevage près du Bugue, le centre équestre a fait l’objet d’un arrêté préfectoral de déclaration d’infection. Pendant au moins trois mois, aucun cheval, poney ou autre équidé ne doit entrer ni sortir de cet établissement. Dans le même temps, 6 animaux avérés positifs sur les 17 chevaux du centre ont été euthanasiés.

Une enquête épidémiologique et analytique a été menée et la préfecture a dressé une zone de surveillance de 2 kms autour du foyer. Les propriétaires ont été mis à contribution pour tester la sérologie d'éventuels autres animaux infectés à l'extérieur de cette zone.

Malgré l'importance des moyens déployés, la préfecture tient à préciser qu’ " ...un foyer d’AIE sur le département n’a pas d’incidence défavorable sur les mouvements commerciaux à l’échelle nationale et d’internationale des équidés en dehors, bien entendu, de ceux détenus dans des foyers". En cas de suspicion sur un animal que vous connaissez dans les environs, mieux vaut tout de même rester sur ses gardes. Vigilance, donc pour les propriétaires d'équidés de la région, mais pas de panique non plus. 

Les rassemblements d’équidés restent également autorisés sur le département en dehors de la zone de surveillance autour des communes de Journiac, Saint Avit de Vialard et Val de Louyre et Caudeau.

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