Écharpe et diffamation, les revers beynacois du Président du Département de la Dordogne

Après l'annulation définitive du chantier, Germinal Peiro essuie maintenant quelques "dégâts collatéraux" de la guerre acharnée qu'il mène contre les opposants à son projet de déviation

Le Président du Conseil Départemental vient d'essuyer deux revers liés à sa bataille pour la déviation de Beynac devant les tribunaux
Le Président du Conseil Départemental vient d'essuyer deux revers liés à sa bataille pour la déviation de Beynac devant les tribunaux © France 3 Périgords

Germinal Peiro serait-il allé trop loin dans ses convictions ? Emporté par l'action, le Président du Conseil Départemental vient d'écoper de deux condamnations liées à son combat acharné pour la défense de la déviation de Beynac. 

1) L'écharpe illégitime

Première affaire, celle de l'écharpe portée à l'occasion d'une manifestation de soutien au projet de déviation, le 3 septembre 2017. Ce jour-là, nombre d'élus sont venus soutenir Germinal Peiro, et le parterre regorgeait de tricolore. De nombreux maires portaient ce symbole de leur mandat, et le Président du Département arborait, lui aussi, l'écharpe tricolore.

Ce jour-là, Mr Peiro portait une écharpe de député qu'il n'avait plus le droit d'arborer en public... et ses opposants l'avaient immédiatement relevé.
Ce jour-là, Mr Peiro portait une écharpe de député qu'il n'avait plus le droit d'arborer en public... et ses opposants l'avaient immédiatement relevé. © France 3 Périgords

Sauf que les plus observateurs ont remarqué que Germinal Peiro portait ostensiblement celle de député, ornée d'un gland d’or et dont le bord rouge était près du col. Or, si Mr Peiro fut député pendant 20 ans (il avait été élu en juin 1997), il ne l'était plus depuis le mois de juin précédent. Les opposants ne se sont pas privés de porter l'affaire en justice et ce mardi 9 mars, le tribunal de Bergerac vient de leur donner raison en condamnant Mr Peiro pour "port illégal de décoration". L'amende qui accompagne la condamnation est de 500 euros avec sursis, le remboursement des frais de justice (à hauteur de 5 000 €uros) plus un €uro symbolique pour le préjudice moral des six parties civiles

Pour cette affaire, dans laquelle il a reconnu "une erreur", Germinal Peiro compte faire appel.

2) Le mot de trop

Un deuxième déboire en deux jours. La veille, Mr Peiro venait d'être condamné cette fois-ci par le tribunal correctionnel de Périgueux pour complicité d’injure publique envers un particulier. Même accusé, même accusateurs, toujours les opposants à la déviation (et plus précisément L'association de défense de l'intérêt général de la Dordogne) que le Président, dans le blog Territoire Magazine avait traité de "criminels en puissance" en novembre 2019.

 

Par deux fois, le tribunal vient de rappeler Mr Peiro à plus de mesure dans son combat pour faire aboutir son projet de déviation à Beynac
Par deux fois, le tribunal vient de rappeler Mr Peiro à plus de mesure dans son combat pour faire aboutir son projet de déviation à Beynac © France 3 Périgords

Mr Peiro fera appel "au nom du bon sens et de l'intérêt général"

Il en faudra décidément plus pour arrêter le Président du Département. Par voie de communiqués aux rédactions, il annonce faire appel dans ces deux affaires et parle de "déclenchement tous azimuts d'actions de justice" destinées à le "faire taire".

Qu'on se le dise, Mr Peiro est bien déterminé à ne pas se taire, mais il fera désormais preuve d'un peu plus de discernement dans le choix des termes. Son accusation, toujours aussi claire, est désormais juridiquement inattaquable :"Ceux qui s’opposent à la réalisation de ce contournement, essentiellement – d’ailleurs – pour des raisons politiciennes, porteront, je le maintiens, une responsabilité forte en cas d’accident." Et dans un second communiqué : "je continuerai à dire haut et fort ce que tout le monde sait : un jour, il y aura des morts à Beynac et, ce jour-là, les opposants porteront une lourde responsabilité."

En juillet 2020, le Président du Département de la Dordogne avait une nouvelle fois exhorté la population à soutenir le projet de déviation de Beynac, y compris en s'opposant à la décision de justice
En juillet 2020, le Président du Département de la Dordogne avait une nouvelle fois exhorté la population à soutenir le projet de déviation de Beynac, y compris en s'opposant à la décision de justice © France 3 Périgords - Pascal Tinon

À 67 ans, l'ancien vice-champion du monde de canoë prouve qu'il peut encore maintenir son cap avec ténacité et malgré les écueils. Mais le temps presse désormais avant de parvenir au bout du pont, avec surtout une porte à passer sur le chemin : les élections départementales prévues les 13 et 21 juin prochain.

Tous nos articles sur Beynac

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
contournement de beynac aménagement du territoire environnement