Périgueux : la colère des policiers face à la réforme des retraites

Inquiets pour leur retraite, les policiers de Périgueux ont répondu à l'appel à la manifestation nationale. Sirènes et gyrophares devant le commissariat aujourd'hui / © France 3 Périgords - Bertrand Lasseguette & Pascal Tinon
Inquiets pour leur retraite, les policiers de Périgueux ont répondu à l'appel à la manifestation nationale. Sirènes et gyrophares devant le commissariat aujourd'hui / © France 3 Périgords - Bertrand Lasseguette & Pascal Tinon

Ils sont tenus à un devoir de réserve, mais une quarantaine de policiers du commissariat de Périgueux ont tout de même fait résonner les sirènes aujourd'hui pour exprimer leur opposition à la réforme des retraites.

Par Pascal Faiseaux

Deux-tons et gyrophares


La place Franklin Roosevelt n'avait pas connu pareille agitation depuis bien longtemps. Gyrophares allumés, et sirènes retentissantes, les véhicules du commissariat ont rameuté les riverains et curieux de passages. Le mouvement national proposait à tous les policiers français de ne sortir que sur appels au 17 et de se rassembler visiblement et bruyamment devant les services de police pendant l'allocution d'Édouard Philippe.

À l'appel des syndicats Alliance, Unsa Police et Unité SGP FO, une quarantaine de fonctionnaires de police ont suivi l'appel national en opposition au projet de réforme de la retraite que leur propose le gouvernement. Une manière de se faire entendre face à "l'inertie du Gouvernement et le manque de réponse à nos légitimes interrogations" comme le proclame le tract intersyndical qui circulait aujourd'hui à Périgueux.

La goutte d'eau...


C'est aussi que cette réforme vient après une longue liste de griefs où se mêlent la haine anti-flics, l'augmentation de la violence et des agressions, l'insalubrité des locaux et la dégradation des conditions de travail et une fragilisation sociale du statut.

Concernant la réforme des retraites, leur crainte est que le gouvernement leur impose un régime de retraite différencié entre les agents sur le terrain et les autres. En clair un statut assez préservé impliquant un droit à la retraite à partir de 52 ans, et un taux plein à 57 ans, mais uniquement pour des agents ayant eu des activités à risque.

La ligne rouge est franchie


Or pour eux, c'est l'ensemble de leur profession qui est exposée aujourd'hui. Témoin, les agressions et menaces qu'ils subissent de plus en plus fréquemment, quel que soit leur statut, sur le terrain, dans leurs locaux et même à leur domicile. Autre "oubli" d'Édouard Philippe, la prise en compte du travail de nuit des policiers, alors que c'est cette activité même qui est la plus exposée. 

De plus en plus c'est la notion de "ligne rouge franchie" par le gouvernement qui est reprise dans les syndicats. Ce qui fait augurer d'autres actions dans les semaines à venir.
 

Le droit de grève pour les policiers ?

Certains parlent ainsi d'opérations "commissariats fermés". Un syndicat évoque même le retour à une autorisation d'exercice du droit de grève des policiers (qui leur a été retiré en 1948) en expliquant que si les policiers rentrent dans le "système universel" des retraites, il n'y a plus de raison qu'ils ne bénéficient pas des mêmes droits que les autres salariés.
 
Le secrétaire Alliance Police de Dordogne explique la colère des policiers
Ludovic Monnier, Secrétaire Départemental du syndicat Alliance Police Nationale sur le mouvement de grogne des policiers face au projet de réforme des retraites. - France 3 Périgords - Bertrand Lasseguette & Pascal Tinon

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