L’élevage sur les landes limousines en danger ?

Au total, 500 exploitations seraient concernées par cette mesure dans le Limousin. / © F3 Limousin
Au total, 500 exploitations seraient concernées par cette mesure dans le Limousin. / © F3 Limousin

Alors que des manifestations ont lieu un peu partout en France pour réclamer des aides européennes, la politique agricole commune inquiète aussi les éleveurs du plateau de Millevaches. A cause de changements dans les critères d’attribution des aides, certains pourraient perdre de grosses sommes.

Par Mary Sohier

Depuis plusieurs jours, des agriculteurs manifestent dans les Pays de Loire ou encore dans le Gers contre la suppression des aides aux zones défavorisées. Dans le Limousin, les agriculteurs sont en colère contre une nouvelle mesure : leurs landes ne sont plus considérées comme des terres agricoles. Conséquence pour les exploitants : la perte de plusieurs aides financières, pouvant aller jusqu'à 15 000 euros.

Mathieu a repris il y a un an la ferme de son père, il s'est endetté. Sur ces terres pauvres du plateau de Millevaches, il a construit sa maison en pierres. Cette vie-là, il y tient, il l'a choisie. Pourtant, il y a quinze jours, il a été pris d'un gros doute : "J'ai eu une visite d'un contrôleur de l'ASP*. Lors de ce contrôle, il m'a appris que toutes les parties bruyères sur lesquelles je mets mes brebis n'allaient plus être admissibles."

Près de 500 exploitations menacées

Mathieu risque d'être obligé d'arrêter son activité, car en cascade, ce sont toutes les autres aides qui seront annulées :

Je peux perdre les aides, les aides qui ont été versées avant, plus des pénalités. A partir de là, moi je ne tiens plus."


Comme Mathieu, près de 500 agriculteurs sont touchés par cette réforme dans le Limousin. La Confédération paysanne, et les organisations agricoles en général viennent de découvrir ce nouveau problème. Il devra être réglé dans l'urgence avant le 31 mars, date butoir fixée par l'Europe. 

*L'ASP, c'est l'agence de Services et de paiement, dont le siège est à Limoges. C'est elle qui contrôle et paie les aides PAC aux agriculteurs.

 

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