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Txirrita

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VOIR ou REVOIR : Joa, une voix souletine.

Joa, une voix souletine

Lucien Larraus, Joa, du nom de sa maison natale, en Haute Soule,
est l'une des voix souletines majeures de ce début du XXI-ème siècle. 
Une de ces voix pyrénéennes, hautes, mais qui ne forcent jamais. 
Txirrita, grillon chanteur, ne pouvait que recevoir ce jeune homme ! 

 

Par Boutin Allande


 En prenant pour nom de scène, Joa,
Lucien Larraus a rendu hommage à sa maison natale,
située à Licq-Athérey, près de Tardets-Sorholus.
Il chante a cappella, en solo ou en duo,
parfois accompagné à la guitare.
Fin 2017, Joa publie à compte d'auteur un CD,
Zoin eder den arratsean, (Qu'il est beau l'après-midi),
du nom d'une chanson de Pier-Pol Berçaïts, 
auteur compositeur souletin aussi.
Les 500 premiers exemplaires sont alors vendus
en moins d'une semaine. 
 
La Soule que Joa chante si joliment. / © Maryse Bergonzat
La Soule que Joa chante si joliment. / © Maryse Bergonzat

Acteur principal de la pastorale* Bereterretxe, en 2005,
Joa s'est depuis frotté à la scène, car ce chant qu'il a en lui,
il tient à le faire connaître et vivre.
Il s'inscrit ainsi dans la lignée des chanteurs Bedaxagar,
Larrandaburu, Bordaxar, Etxart, 
eux-mêmes héritiers d'Attuli, Chuburu, et autres Etxahun. 
Car en Soule, le chant, est un mode vie.
Un plaisir mais aussi, une nécessité. 
Les voix sont "la marque de fabrique des souletins".  
Elles sont la Soule.
Ce n'est pas un cliché : spontanément aujourd'hui encore,
des "choeurs" se forment au café, à la maison,
au cayolar, sur la route de la transhumance, 
après un match de rugby ou de handball. 

*pièce de théâtre chantée et dansée.
Celle-ci fut écrite par Pier-Pol Berçaïts. 

Les invités de Joa : 

Anne Bidalun :
cette jeune femme accompagne à la guitare Joa,
sur l'album éponyme, et sur scène.
Elle a rejoint l'équipe de Txirrita à Tardets pour deux chants, 
dont elle a composé la musique avec Xabi Barneix,
sur des poèmes de Jean-Louis Davant,
(écrivain et académicien de la langue basque). 
 
Anne Bidalun et Joa filmés par Txirrita / © Maryse Bergonzat
Anne Bidalun et Joa filmés par Txirrita / © Maryse Bergonzat

Dominique Urruty "Bentaber": l'ami et complice de toujours,
lui-même ancien acteur principal de la pastorale,
Monzon, en 2011, écrite par Jean Bordaxar.
Ils chantent a cappella, à deux voix,
dans la plus pure tradition souletine. 
Comment diable ont-ils appris à chanter ainsi ?
Le secret ... dans ce Txirrita ! 
 
Joa et Dominique Urruty, "bürüz bürü", en tête à tëte ! / © Maryse Bergonzat
Joa et Dominique Urruty, "bürüz bürü", en tête à tëte ! / © Maryse Bergonzat

Francis Poineau: Joa a absolument tenu à cette rencontre,
avec un berger sans terre.
Un berger qui n'est propriétaire que de son troupeau,
passe l'été en estives et le reste de l'année, "en bas".
Il loue dans la vallée pacages et bergerie,
pour la période de l'agnelage,
puis la saison de fabrication de fromages de brebis,
qui s'achève en estives.
En Soule, pastoralisme et culture basque sont indissociables.
Et pour Francis, on est là, loin,
très loin d'un enfermement dans le passé.
Au contraire, tout cela s'inscrit dans un continuum créatif.  
 
Au cayolar Ardakotxia, avec Francis Poineau et Joa. / © Maryse Bergonzat
Au cayolar Ardakotxia, avec Francis Poineau et Joa. / © Maryse Bergonzat
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Les séquences et archives :

Joa, 
la maison de Lucien Larraus à Licq-Athérey,
où  il nous accueille.

Ardakotxia, le cayolar de Francis Poineau,
au-dessus de Licq-Atherey, proche du gouffre d'Oltzarte.
Paysages époustouflants. 

Piellenia, où nous enregistrons à l'abri de l'orage,
trois des quatre chants de l'émission.
Eskerrik hanitx aux maîtres de maison ! (Merci !)

"La pastorale Bereterretxe", des images de la Télévision basque
(Euskal Telebista, ETB). 

"Bereterretxeren kanthoria - 2005 ": Le chant de Bereterretxe. 
La veille de la représentation de la pastorale du même nom, 
nous avions rencontré Jean Haritschelhar, 
ancien président de l'Académie basque, Euskaltzaindia, 
qui nous avait, avec brio, donné les clés de ce chant :
une véritable chronique de l'assassinat de Bereterretxe,
par le comte de Mauléon,
écrite à la fin du Moyen-âge.
Le  jeune homme du village de Larrau est la victime expiatoire
des rivalités sanglantes,
qui opposent deux clans d'aristocrates basques. 

"Les chants sauvages" (Basaideak) : 
un extrait du documentaire d'Elsa Oliarj 
sur les chants souletins, 
à partir d'une réécriture de ceux-là par son frère Oihan.
Qu'ils en soient ici remerciés ! 
Nous leur avions consacré le Txirrita n°63 le 4 mars 2018.
La gamme de verts souletins. Étonnante ! / © Maryse Bergonzat
La gamme de verts souletins. Étonnante ! / © Maryse Bergonzat

Les chants :

Le chant de Bereterretxe, chant populaire anonyme,
qui a travers les siècles, 
est encore interprété de nos jours et avec quelle émotion !
Voyez et écoutez celle de Joa. 
L'affaire se déroule dans la vallée d'Andoze, 
où se situe justement la ferme Joa,
à l'entrée du défilé qui mène vers Irati. 

Etxe galdia - La maison perdue - 
(Jean-Louis Davant/ Anne Bidalun et Xabi Barneix).
Un chant sur la spéculation immobilière
et la difficulté pour les jeunes de se loger. 

Amodiua - L'Amour -
(Jean-Louis Davant/ Anne Bidalun et Xabi Barneix).
Un chant d'amour.
Toute la délicatesse de l'écrivain Jean-Louis Davant. 

Haizeak ekarten dü - Le vent apporte
(Robert Larrandaburu "Pipas").
Un chant d'espoir. 
Le vent apportera liberté et paix. 
 

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