Erasmus et Brexit : quel avenir pour les échanges d’étudiants entre le Limousin et le Royaume-Uni ?

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Alors que les négociations se poursuivent entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, les craintes des étudiants et universités françaises et britanniques ne diminuent pas. Le Brexit pourrait profondément bouleverser les futurs échanges Erasmus.
 

L’inquiétude est grande depuis le lancement du Brexit. Elle l’est d’autant plus ces derniers temps face à des négociations qui patinent et dont la date butoir a été une nouvelle fois repoussée au 12 avril. La possibilité d’une sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne sans qu’un accord ne soit trouvé est non seulement réelle, mais se renforce chaque jour. Une telle sortie pourrait sonner le glas du programme Erasmus entre les deux Etats et par conséquent fortement refroidir les relations entre les universités britanniques et limousines.
 

Nous avons 14% d'étudiants étrangers dans nos rangs, ce qui correspond à 2.200 élèves", rappelait le président de l’Université de Limoges alors interrogé par France Bleu sur la hausse des frais d’inscription des étudiants hors union européenne.


L’une des principales incertitudes qui embrase les débats universitaires en Haute-Vienne, Corrèze, Creuse et outre-Manche concerne les frais de scolarité. Ces derniers pourraient exploser de part et d’autre. En l’absence d’un accord, les étudiants français comme britanniques devraient, à l’image des étudiants chinois par exemple, débourser près de trois fois ce qu’ils dépensent aujourd’hui dans le cadre du programme Erasmus.
 

 

L'alerte lancée par 150 universités britanniques 


Face à cette éventualité, qui réduirait considérablement l'attractivité de leur enseignement en excluant les étudiants les plus démunis, plus de 150 universités britanniques ont interpellé début janvier dans une lettre ouverte les membres du Parlement britannique. Elles ont tenu à rappeler l’importance du dynamisme du secteur universitaire dans l’économie du Royaume-Uni et somment les responsables politiques à trouver un accord sur le sujet. Il "contribue chaque année au PIB du pays à hauteur de plus de 21 milliards de livres sterling, et soutient 944.000 emplois". 

Objectif de la manoeuvre, sauvegarder son accès aux fonds de recherche européens et préserver ses partenariats avec des universités européennes alors même que le Royaume-Uni était en 2017-2018 la destination préférée des étudiants Erasmus (13091).
 

Une solution pour maintenir les échanges malgré le Brexit


Car la porte du programme Erasmus ne sera pas fermée même si le Royaume-Uni n'est plus un état membre de l'UE. Afin que les étudiants concernés ne soient pas logés comme de simples "étudiants internationaux", c’est-à-dire issus de pays ou d’universités ne possédant pas d’accord spécifique facilitant les échanges (en diminuant notamment les frais d’inscription), il pourra et devra négocier avec les instances européennes.  

Au bout des négociations deux possibilités pourront lui être offertes. Comme l’Islande, la Norvège, la Serbie notamment, il pourrait participer à toutes les actions du programme en devenant un "pays du programme". Il pourrait également devenir un "pays partenaire" pouvant prendre part à certaines actions selon des conditions spécifiques. L’Arménie, la Géorgie, l’Algérie, le Maroc, le Liban, l’Albanie par exemple font parties de ce groupe.
 
Quid des étudiants limousins ?
Le Royaume-Uni étant la 2e destination privilégiée par les étudiants limousins (derrière l’Espagne) en 2017-2018 selon l’agence Erasmus+ France / Education Formation, l'impossibilité de passer par le programme Erasmus pourrait considérablement impacter le flux d'étudiants limousins vers les universités britanniques. 
 
  • Haute-Vienne : Depuis 2014, 240 étudiants ont bénéficié d’un échange Erasmus vers les universités britanniques. En 2017-2018, ils étaient 41 à être scolarisé outre-Manche.
  • Corrèze : Ce sont près de 105 étudiants qui ont foulé les parvis des universités britanniques depuis 2014. Avec un effectif de 29 personnes en 2017-2018 la Corrèze a présenté son plus haut total d’étudiants partis au Royaume-Uni.
  • Creuse : Aucun étudiant n’a profité du programme vers le Royaume-Uni. Trois d’entre eux ont choisi les Pays-Bas, le dernier s’est lui rendu en Turquie.