Cherche profs : des parents d'élèves publient des annonces sur les réseaux sociaux en Gironde

Publié le
Écrit par Pauline Thurier .

Depuis le mois de janvier, trois établissements de l'académie de Bordeaux ont décidé de passer par les réseaux sociaux pour trouver un professeur. Deux d'entre eux ont rapidement trouvé un enseignant pour le poste vacant.

Facebook plus efficace que le rectorat ? On dirait bien. En janvier, deux établissements de l'académie de Gironde sont parvenus à pourvoir des postes de professeurs restés vacants depuis la rentrée 2021. Témoin de ce succès, bénéfique pour les élèves, la proviseure d'un troisième établissement a choisi d'utiliser la même méthode.

Tout a commencé le 12 janvier, lorsque l'Association des parents d'élèves (APE) du collège de Mios, près du Bassin d'Arcachon, publie une annonce sur sa page Facebook : "Deux classes n'ont pas de professeur. Deux fois, un professeur a été nommé mais n'est pas resté. Il y a un manque de professeur. Aussi, nous faisons appel à vous, peut-être connaissez vous un professeur à la retraite, un étudiant... qui pourrait venir 6h par semaine."

Après le départ de deux professeurs successivement sur le même poste, l'association a constaté que les élèves avaient perdu "presque un trimestre de cours", explique Melinda Lauras, présidente de l'APE. Elle poursuit : "Donc, on s'est dit pourquoi pas tenter en utilisant les réseaux sociaux à bon escient ?"

"Ma fille n'a pas eu cours d'histoire-géographie pendant plusieurs mois, rapporte Rachida, mère d'une élève de 4e au collège de Mios. Elle a peur de prendre du retard. Avec autant de semaines perdues, c'est sûr qu'ils ne finiront pas le programme de 4e. Elle s'inquiète pour son brevet l'année prochaine." En tant que parent d'élève, elle se dit "révoltée" de cette situation. 

On apprend par les enfants que le professeur est absent. Mettre autant de temps pour trouver un professeur, c'est aberrant.

Rachida, parent d'élève au collège de Mios

France 3 Aquitaine

La direction du collège a refusé de répondre à nos questions et nous a orientés vers le rectorat. 

Plusieurs candidats trouvés très rapidement

Malgré la stupéfaction - et parfois l'indignation - des parents en commentaires, l'annonce pour le collège de Mios porte rapidement ses fruits et trois jours plus tard, un professeur retraité qui avait répondu présent a été contacté par le rectorat. "Comme le rectorat semblait patiner sur le sujet, on ne s'attendait pas à avoir autant de retours", assure la présidente de l'APE.

"Notre objectif est d'avoir des enseignants en classe, déclare de son côté le rectorat. Nous avons la possibilité désormais de pouvoir recruter à bac + 2 et étudiants, jeunes diplômés et même retraités de l’éducation nationale sont les bienvenus."

Deux semaines, plus tard, c'est au tour de la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Elèves) et de la PEEP (Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public) du collège Léonard de Vinci de Saint-Aubin-de-Médoc, toujours en Gironde, de publier leur propre annonce pour trouver un professeur de technologie. Pas moins de sept classes sont concernées par cette vacance de poste depuis septembre. Là encore, il a suffi de quelques jours pour trouver un professeur correspondant à la recherche.

"Quand on a vu que ça ne bougeait pas du côté de l'académie, on s'est dit qu'on allait faire comme à Mios", témoigne Christelle Barge, présidente de la FCPE du collège de Saint-Aubin-de-Médoc.

Très rapidement, deux personnes dont le profil correspondait parfaitement au poste se sont rapprochées des associations de parents qui les ont mises en contact avec le principal du collège et le rectorat.

Une fois qu'on avait trouvé les bonnes personnes, là le rectorat a été rapide !

Christelle Barge

France 3 Aquitaine

Inspirée par ces démarches, la proviseure du lycée Grand Air d'Arcachon, Béatrice Decomberousse, a décidé de faire de même. Depuis trois semaines, il manque un professeur d'économie et gestion pour enseigner dans son établissement. Béatrice Decomberousse a donc décidé de publier une annonce sur les réseaux sociaux. Celle-ci a été publiée le mardi 8 février et deux jours plus tard, la proviseure a déjà réalisé trois entretiens avec des candidats.

"La diffusion du virus a impacté les équipes pédagogiques"

Selon elle, ce n'est "pas faute de bonne volonté" de la part du rectorat mais elle admet que le lien par les réseaux sociaux est "beaucoup plus direct" pour atteindre les bonnes personnes.

Dans une réponse qui nous a été envoyée par e-mail, l
e rectorat de Bordeaux affirme exploiter "toutes les pistes possibles pour recruter les enseignants : Pôle emploi, recrutement direct sur le site de l'académie, réponses aux candidatures spontanées et, bien entendu, réseaux sociaux (Linkedin, Twitter,...)"

Le rectorat admet qu'il y a eu "des difficultés pour trouver des ressources dans certaines disciplines", "malgré le recrutement important de contractuels". Une cause est notamment évoquée : "La diffusion du virus a impacté les équipes pédagogiques"

Toutefois, l'académie assure mettre "tout en œuvre pour que les élèves puissent suivre des cours". Dans les options possibles pour pallier l'absence de remplaçant, il est notamment question de "professeur disponible pour faire une partie de son service en distanciel", de "cours retransmis en direct" depuis un autre établissement, de "capsules vidéos" ou encore de "ressources CNED". Pourtant, les parents d'élèves des établissements concernés n'ont pas bénéficié - pour le moment - de telles initiatives.

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer des newsletters. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas des e-mails. Notre politique de confidentialité