16 “ultras”, arrêtés au Bouscat, auteurs présumés de tags anti-policiers, sont toujours en garde à vue

C'est dans cette maison située au Bouscat que les forces de l'ordre ont arrêté 16 individus le 7 décembre 2019. / © Hélène Chauwin
C'est dans cette maison située au Bouscat que les forces de l'ordre ont arrêté 16 individus le 7 décembre 2019. / © Hélène Chauwin

Ils ont été interpellés hier au Bouscat, près de Bordeaux. 16 individus dont la garde à vue a été prolongée. Des objets pouvant servir de projectiles lors de la manifestation contre la précarité ont été saisis. Des tags anti-policiers découverts dans le quartier avaient alerté les forces de l'ordre.

Par Hélène Chauwin

C'est parce qu'ils refusaient de s'expliquer, qu'ils se muraient "dans un profond mutisme" que le procureur-adjoint a prolongé leur garde à vue de 24 heures.

L'affaire serait "sensible". Hier samedi, vers midi, les habitants de l'avenue du Maréchal Leclerc au Bouscat ont vu débarquer en nombre les forces de l'ordre. Une trentaine de policiers environ. Certains, cagoulés de la BRI, la Brigade de Recherche et d'Intervention, ont procédé à plusieurs arrestations comme en témoigne cette photo prise par un riverain. 
16 individus ont été interpellés ce samedi 7/12/19 au Bouscat près de Bordeaux. / © AG
16 individus ont été interpellés ce samedi 7/12/19 au Bouscat près de Bordeaux. / © AG
Ce sont des tags  anti-policiers découverts dans le quartier, une rue plus loin qui ont alerté les forces de l'ordre. Ces tags portent la même signature  ACAB que les menaces de mort reçues par plus d'une dizaine de policiers et CRS dont un périgordin.
 
Des tags photographiés ce dimanche 8/12/19 rue Amiral Courbet au Bouscat près de Bordeaux. / © Maruki Dury
Des tags photographiés ce dimanche 8/12/19 rue Amiral Courbet au Bouscat près de Bordeaux. / © Maruki Dury
Des tags photographiés ce dimanche 8/12/19 rue Amiral Courbet au Bouscat près de Bordeaux. / © Maruki Dury
Des tags photographiés ce dimanche 8/12/19 rue Amiral Courbet au Bouscat près de Bordeaux. / © Maruki Dury

La police reçoit par ailleurs des informations lui indiquant qu' un groupe d'ultras, une vingtaine d'individus dont certains pourraient être violents, auraient réservé une maison au Bouscat, près de Bordeaux via une plateforme de location de vacances. Ils s'apprêteraient à participer à la manifestation "contre la précarité et le chômage"que des gilets jaunes avaient prévu de rejoindre samedi après-midi à Bordeaux. 

L'adresse précisée, les forces de l'ordre se rendent donc sur place en nombre et tombent sur 16 individus. Des hommes et des femmes venus de Gironde mais aussi de départements parfois lointains. Aucun mineur.

Tous s'étaient donné rendez-vous près de Bordeaux, souvent présentée comme l'un des bastions du mouvement des Gilets jaunes et plusieurs fois le lieu de violents affrontements lors des manifestations.

 
© AG
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Dans la maison, Les policiers découvrent aussi tout un arsenal. De quoi se défendre (gants, masque). De quoi attaquer aussi, des objets pouvant servir à fabriquer des cocktails Molotov : de l'acide, et des bouchons cloutés notamment. Des projectiles régulièrement utilisés contre les policiers lors des manifestations du samedi après-midi. Notre source policière confirme : 

"Ils venaient pour casser du flic"  

Le procureur adjoint Jean-Luc Puyo insiste :

Ce n'est pas neutre d'utiliser de l'acide dans des cocktails Molotov

Eric Marrocq, secrétaire d'Alliance Nouvelle-Aquitaine
Il confirme la saisie d'objets très dangereux lors de l'opération menée le samedi 7 décembre dans une maison du Bouscat près de Bordeaux.



Une enquête pour association de malfaiteurs en vue de commettre des dégradations et violences sur des représentants de la force publique a été ouverte. La garde à vue des 16 individus se poursuit jusqu'à demain, lundi 12h30. Certains pourraient être mis en examen et placés en détention. Le procureur-adjoint pourrait alors ouvrir une information judiciaire. 

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