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Le parti présidentiel LaREM arrive en tête des élections européennes en Aquitaine

Trois élus originaires d'Aquitaine vont siéger au parlement européen. / © France 3
Trois élus originaires d'Aquitaine vont siéger au parlement européen. / © France 3

Contrairement à la tendance nationale, les cinq départements aquitains ont voté pour la liste LaREM /Modem avec 290 299 voix contre 277 059 pour le Rassemblement National. L'Aquitaine se distingue également de la grande région Nouvelle-Aquitaine qui a voté RN. Bilan : LaREM = 22,71 %, RN : 21,68 %.

Par Christine Le Hesran

Il y a deux territoires en Aquitaine, qui votent différemment. C'est le parti d'Emmanuel Macron qui remporte le plus grand nombre de suffrages en nombre de voix: 290 299 voix pour ce scrutin des élections régionales 2019. Il obtient 22,71 % des votes sur l'ex-Aquitaine. 

La liste du Rassemblement national arrive deuxième avec 277 059 voix, soit 13 000 voix d'écart, qu'il faut aller chercher dans les grandes villes d'Aquitaine, notamment Bordeaux et Pau.
Le RN totalise 21,68 % des voix.  En 2014, c'est pourtant la liste de Marine Le Pen qui était arrivée en tête. 

Les villes d'Aquitaine ont voté pour le parti d'Emmanuel Macron : Bordeaux fortement avec près de 30 %, Pau avec 27,39 %, Agen avec 22,39 % ou encore Bayonne 24,9 % et Périgueux avec 22,44 % ou encore la ville de Geneviève Darrieussecq Mont-de-Marsan avec 24,83 %. 
Pour le politologue bordelais, Olivier Costa, spécialiste de l'Europe, c'était prévisible.

Les villes sont le fonds de commerce du parti présidentiel, alors que les campagnes, plus pauvres, se tournent vers l'extrême droite. 

L'effet côte ouest

La façade atlantique vote LaREM  en tête. C'est le cas de la Gironde, avec 23,36 % pour la première liste de Nathalie Loiseau, des Landes avec 22,95 % et des Pyrénées-Atlantiques avec 25,17 %, ce qui en fait le département le plus réceptif au parti présidentiel. L'implantation locale importante des centristes, du Modem de François Bayrou, du choix des électeurs de Pau expliquent ce score.

Voici les résultats de ces trois départements ►
 
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Sur cette carte, nous découvrons nettement LaREM qui domine dans le département ►
 
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Sur cette carte, nous découvrons nettement LaREM qui domine dans la métropole bordelaise et à l'ouest de la Gironde. En bleu, les implantations RN ►
 
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Sur cette carte, nous découvrons les Landes bi-colores.  LaREM  plus présente autour des villes et le RN en bleu davantage implanté dans le nord du département en zone rurale ►
 
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L'ouest de la France se distingue très nettement et les trois départements littoraux marquent la différence. C'est une particularité que l'on retrouve sur l'ensemble de la façade océanique, jusqu'en Bretagne. Seule exception : la Charente-Maritime.

L'analyse repose sur un constat pour le politologue Olivier Costa :

C'est sociologique. Si l'on regarde la carte des revenus des habitants, des niveaux de vie ça colle. 

Invité du 12/13 de France 3 Aquitaine, le politologue Jean Petaux note quant à lui les bouleversements de ces élections, notamment dans les Landes. "Les Landes c'est le fief socialiste de tradition avec la présence de Henri Emmanuelli à la tête du département pendant plus de 35 ansPourtant, on constate que si on additionne les scores de Place Publique et de Génération.s, on arrive à moins de 15% des suffrages exprimés." Une baisse des votes pour la gauche  qui se reporte au bénéfice de La République en Marche, et dans une moindre mesure, du Rassemblement national.

L'est de l'Aquitaine vote Bleu marine

A l'inverse des départements littoraux, la Dordogne et le Lot-et-Garonne ont positionné le Rassemblement National en tête du scrutin. C'était déjà le cas en 2014. Le parti de Marine Le Pen en Dordogne engrange 7 327 voix de plus qu'en 2014,  et 5 053 voix dans le Lot-et-Garonne. Ce sont deux départements où le mouvement des gilets jaunes a trouvé un ancrage.  Olivier Costa pose la question : " Où est le vote Gilets Jaunes ? Il n'y en a pas de spécifique. " 
Ce sont des territoires qui votaient déjà pour le RN ou s'abstenait, c'est ce que l'on a retrouvé dans ce scrutin européen. 

Le parti présidentiel arrive deuxième, quand les écologistes marquent une progression en nombre de voix.
A noter : l'effondrement des listes PS et LR même dans des fiefs électoraux comme les Landes pour le PS ou les Pyrénées-Atlantiques ou encore Arcachon pour les Républicains. 
 
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Un vote à part

Dans son ensemble, l'ex-Aquitaine vote différemment de l'ensemble de la nouvelle région administrative. Effectivement, si l'on aditionne le nombre de voix en Nouvelle-Aquitaine, le RN arrive d'une courte tête en haut de l'affiche avec 1290 voix d'avance sur la liste LaREM . 
Les écologistes sont, là aussi, en troisième position. 
C'est une nouvelle fois aussi l'illustration de l'ex-Aquitaine qui pèse par ses grandes villes.
Olivier Costa le relève : " C'est symptômatique de la société française. Le clivage ville/champs " dans les urnes.

A retenir :

►  LaREM = 22,71 %
►  RN : 21,68 %
►  EELV : 13,75 %
►  Envie d'Europe ( PS ) ► 8,12 %
►  LR : 7,16  %
►  FI : 6,95 %
 

Attention aux transpositions

Jean Petaux a par ailleurs mis en garde contre les transpositions "hasardeuses" du scrutin européen aux scrutins municipaux à venir. "Les municipales procèdent d'une autre logique, avec un phénomène d'incarnation de telle ou telle tête de liste (…) ", rappelle-t-il.
 

Si on imagine que le score de Nicolas Florian sera aux environs de celui de Bellamy, c'est absolument faux.


 
 

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