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Auto-école : la crainte de “ l'ubérisation ” conduit les moniteurs dans la rue

La colère s'affiche sur les vitres de ce véhicule auto-école présent sur la place des Quinconces à Bordeaux ce lundi 11 février 2019 / © Sébastien Delalot
La colère s'affiche sur les vitres de ce véhicule auto-école présent sur la place des Quinconces à Bordeaux ce lundi 11 février 2019 / © Sébastien Delalot

Certains professionnels de la région manifestent à Paris, d'autres sont réunis place des Quinconces à Bordeaux ce lundi matin pour dénoncer un projet de réforme qui selon eux met à mal le modèle français d’éducation routière, avec des conséquences prévisibles pour la sécurité routière.

 

Par Christine Le Hesran avec l'agence france presse

Vent debout contre la réforme. Les professionnels du secteur protestent contre l'évolution du permis de conduire voulue par l'exécutif.
Ce lundi matin, les moniteurs d'Aquitaine, qui ne sont pas allés à Paris pour un opération escargot, ont choisi de se rassembler place des Quinconces. Ils sont une centaine. 
Objectif du gouevernement ? Faire baisser le prix du permis.  Ce moniteur d'auto-école justifie le prix actuel :
 

On est trop cher ! 42 euros de l'heure c'est n'est pas cher aujourd'hui, un permis ça revient à 1500 euros. Il y a 20 ans, les jeunes travaillaient deux mois pour se payer le permis, comme maintenant. Seulement aujourd'hui, ce sont les parents qui payent, ce ne sont plus les gamins, donc c'est pour ça qu'ils trouvent ça cher. 

 

Contre une "ubérisation"


Les auto-écoles partagent la crainte d'une "ubérisation" du permis de conduire, menacé selon elles par un rapport parlementaire qui pourrait favoriser les plateformes en ligne.

Les trois organisations de la profession (CNPA, Unidec, Unic) dénoncent le rapport de la députée du Gard (LREM) Françoise Dumas, remis au Premier ministre vendredi. Elle y propose une réforme de l’éducation routière.

Les propositions issues de la mission parlementaire font peser l’illusion d’une libéralisation dans un domaine qui n’est pas un produit de consommation comme les autres.

L"ubérisation" de leur métier pourquoi ? Car un agrément deviendrait national et abandonnerait l'obligation d'avoir un local, ils redoutent donc que ce changement favorise les plateformes en ligne, qui emploient des moniteurs auto-entrepreneurs.

Pour les professionnels, " Au lieu de proposer des dispositifs facilitant l’accès au permis pour les plus jeunes et donnant davantage de lisibilité aux aides existantes, le rapport met à mal le réseau des écoles de conduite de proximité, au profit des plateformes numériques."


L'intersyndicale prévient : " Plutôt que de proposer des dispositifs visant à favoriser l’accès à la mobilité chez les jeunes, ce projet de réforme met à mal le modèle français d’éducation routière, avec des conséquences prévisibles pour la sécurité routière. "

Parce que le permis de conduire ne doit pas redevenir un permis de tuer qui sous prétexte de coûter moins cher, coûtera du sang et des larmes. 




► Ce projet de réforme fait craindre des fermetures d'auto-école, surtout les petites structures qui irriguent le territoire comme vous pouvez le découvrir dans ce reportage à Bordeaux lundi 11 février : 
 
la colère des moniteurs d'auto-école
ils s'opposent à la réforme prévue qui selon eux conduirait à l'ubérisation de leur profession

Inégalités territoriales à craindre 


Avec cette réforme, " Il y aura aussi moins de proximité avec les moniteurs et moins de maillage territorial", précise Patrice Bessone, président du CNPA-Education routière.

Pour les jeunes dans les villages dont le permis est le passeport vers l'emploi, ça va devenir compliqué.


Les auto-écoles craignent également une généralisation des inscriptions à l'examen par l'élève lui-même, en candidat libre.


 

Une réforme pour faire baisser le prix du permis 

Les syndicats s'étaient déjà alarmés en novembre des déclarations d'Emmanuel Macron annonçant une "baisse drastique" du coût du permis. 
"Ce ne sera pas forcément moins cher", selon M. Bessonne. "Si l'élève s'inscrit quand il le souhaite avec une plateforme en ligne et qu'il rate son examen, il va devoir reprendre des heures."
Pour financer un "permis à zéro euro", il propose "d'affecter la recette des radars au permis de conduire".

Les syndicats suggèrent également d'autres pistes pour faire baisser le prix -1.800 euros en moyenne selon l'UFC-Que Choisir en 2016- du papier rose: une baisse de la TVA, le développement de cours collectifs et des simulateurs de conduite, une meilleure orientation vers les dispositifs d'aide (compte personnel de formation, permis à un euro...).


Dans ce tweet, Gabriel Attal, membre du gouvernement, appuie la proposition de la députée LREM : 

 

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