Déconfinement : le vélo en ville mais pas dans les trains

Enfourcher son vélo pour aller travailler, c'était la bonne résolution à prendre ou reprendre pour certains après deux mois de confinement. Faisable pour les citadins, beaucoup moins pour ceux qui avaient prévu de l'emmener avec eux dans le train pour rejoindre Bordeaux.

© Unsplash / Colin Czerwinski
Que ce soit pour faire un pas de plus vers l'écologie, pour se mettre au sport ou tout simplement pour éviter les transports en communs après la pandémie, la crise du Covid-19 aura donné un élan franc aux utilisateurs de bicyclettes, trotinettes et autres engins à roulettes. 
 
Les initiatives pour augmenter l'espace dédié à ces deux roues dans Bordeaux se sont multipliées depuis la semaine dernière : réaménagement des grands boulevards avec des pistes cyclables intégrées dans les voies des bus, quais balisés, parking à vélos temporaires... Les citadins peuvent dès le premier jour de déconfinement, se déplacer derrière leur guidon en respectant les mesures sanitaires. 
   

Faciliter les déplacements en vélo en ville devient une des solutions pour endiguer la pandémie de coronavirus. Le réseau TBM n'assurant encore que 70% de son trafic, le vélo devient une alternative aux déplacements en évitant une surpopulation dans les bus et wagons et encourage également le respect de la distanciation sociale en valorisant un transport individuel en plein air. 
 

 

Faire du vélo en ville mais pas venir en ville à vélo


Traçages au sol, macarons de rappels du port du masque... ce sont ces mêmes mesures sanitaires que l'on retrouve dans les transports extra-urbains qui conduisent de nouveau, chaque jour, les travailleurs de la région dans le centre de Bordeaux. Pour eux pourtant, impossible de prendre ou de reprendre leur vélo et rejoindre le flux de cyclistes de la ville : les deux roues sont interdits dans les wagons de la SNCF jusqu'au 2 juin. 
 
Annonce de l'interdiction des vélos dans les trains
Annonce de l'interdiction des vélos dans les trains © SNCF

"Pour optimiser le nombre de places à bord des trains, les vélos sont interdits à bord de tous les TER", c'est le message qu'a vu Damien sur son application mobile SNCF. Etudiant en ressources humaines, ce convaincu du deux-roues faisait tous les jours les allers-retours en train entre Biganos et Bordeaux: "avant le confinement je faisais déjà mes trajets domicile-gares-école à vélo et j'étais loin d'être le seul. Le matin, les espaces appropriés étaient souvent plein". 
Pas de frais supplémentaires pour son vélo qui voyage gratuitement dans le TER, ni d'abonnement TBM une fois arrivé en centre-ville, ce sont des économies d'argent pour Damien mais aussi de temps: "de la gare Saint-Jean à l'école, je mets 15 minutes en vélo contre 35 minutes en transports en commun, et c'est quand le trafic est normal!".

Pour Alain Guerineaud, secrétaire de l'association Vélo Cité Bordeaux, c'est une situation contre-productive: "les aménagements cyclables mis en place pour le déconfinement ont été pensé pour les citadins. Or, nous savons qu'il y a beaucoup de personnes du département qui prennent le train avec leur vélo pour venir travailler dans la métropole.

Ils vont être contraints de faire d'autres choix: prendre la voiture ou bien engorger les transports en commun


Une sortie de crise qui demande une gestion inédite de la logistique pour les sociétés de transports mais aussi pour les usagers. Prochain rendez-vous pris le 2 juin pour un point sur les mesures à conserver ou à alléger. Le ministère des Transports vise un retour à la normale du trafic, une fois cette première phase de déconfinement terminée. 
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