Eric, éboueur à Bordeaux : " Ils attendent quoi pour nous protéger du coronavirus ? "

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Écrit par Nicolas Morin
Les poubelle s'amoncellent dans les rues d'Angoulême touchées par la grève des éboueurs du Grand Angoulême.
Les poubelle s'amoncellent dans les rues d'Angoulême touchées par la grève des éboueurs du Grand Angoulême. © Cécile Landais/ France Télévisions

Les agents chargés de la collecte des déchets de la métropole bordelaise en Gironde sont très inquiets. Selon l'un d'entre eux, ils sont très exposés au coronavirus en raison de mesures de précaution jugées insuffisantes et pourtant l'activité doit continuer.

C'est sa femme qui l'a convaincu de s'exprimer. Car elle est très inquiète, pour lui, pour elle, pour leurs enfants. "On vit ensemble, dit-elle et on se dit bonjour de loin!  Notre vie est impactée. On a peur". Au téléphone, après sa tournée avec son équipe, Eric (*son prénom a été modifié pour préserver son anonymat) raconte son quotidien depuis le début de l'épidémie.

On travaille la boule au ventre

"Lundi, le président de la métropole, le directeur général des services, le directeur de la haute qualité de vie et le directeur de la collecte sont venus nous voir. Ils nous ont dit qu'il fallait se mettre au travail, mais sans masques et sans gels car ils n'en ont pas. On est conscient qu'il faut faire notre travail, c'est le protocole de salubrité publique et on l'accepte. Mais on travaille la boule au ventre. Sans tomber dans la paranoïa, nous sommes inquiets".

"Vous n'avez qu'à ouvrir la fenêtre"


"Dans les camions, on est trois collés, à touche-touche. Si un l'attrape, les deux autres aussi. Et vous savez ce qu'on nous a répondu? Vous n'avez qu'à ouvrir les fenêtres! 
Alors oui, nos employeur ne mettent rien en place. Ils attendent quoi pour nous protéger? Cette semaine, on a nous a donné du gel en tube. C'était du savon mais sans eau! (NDLR : vendredi matin, une bouteille d'eau a été distribuée à chaque camion, soit pour trois personnes). Hier, on a eu également des serviettes en papier. Rien d'autre. Sur le site de la Tulle à Bordeaux, il n'y a plus que nous. Tout le monde est parti. Les camions ne sont ni nettoyés, ni désinfectés. Dans les vestiaires pour se changer, nous sommes les uns sur les autres car il n'y a pas de place.  Des centaines de personnes sont en danger".
 

Pas de droit de retrait


Lundi, les autorités de Bordeaux Métropole doivent de nouveau venir à la rencontre des agents chargés de la collecte des déchets ménagers. Avec peut-être des mesures de précaution  supplémentaires : "On n'en sait rien.

Mardi dernier, six équipes d'Eysines ont voulu faire valoir le droit de retrait et ne pas sortir. On leur a répondu qu'ils étaient dans l'illégalité en faisant ça et qu'il s'exposaient à des sanctions après la crise. "Nous sommes solidaires et soudés. Mais vous savez, aujourd'hui de plus en plus de collègues se mettent en arrêt de travail". 
 

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