Football : Bordeaux aux portes de la Ligue 2 après une rencontre pleine de débordements face à Lorient

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Écrit par Hugo Lauzy

Après son match nul contre Lorient à domicile (0-0), samedi 14 mai, les Girondins de Bordeaux ne sont pas encore mathématiquement en Ligue 2, mais la différence de buts est trop importante pour espérer se sauver lors de la dernière journée. Les supporters ont mené la fronde avec plusieurs incidents au Matmut Atlantique avant et pendant la rencontre.

La déception est plus que grande pour les Girondins de Bordeaux après leur triste prestation face à Lorient (0-0), samedi 14 mai. Pour cette avant-dernière journée de Ligue 1, les espoirs de rester dans l'élite étaient minces mais toujours vivaces en cas de succès.

Mais par le jeu des autres résultats, le club au scapulaire (20e, 28 pts) n'a presque aucune chance de renverser la tendance tant la différence de buts de -12 est trop importante sur Metz (18e, 31 pts), en position de barragiste.

La descente officielle en Ligue 2 est même déjà prévu samedi 21 mai, à l'occasion de la 38e et dernière journée de championnat du côté de Brest. De quoi relancer une énième fois la colère des supporters bordelais en marge et pendant le match contre Lorient, avec plusieurs messages virulents à l'encontre des joueurs mais aussi, et plus surprenant, à l'encontre de la direction du club et du président Gérard Lopez.

Une soirée cauchemar débutée devant le Matmut Atlantique

Ils étaient pourtant 23 191 spectateurs à avoir fait le déplacement pour assister à ce qui pouvait ressembler à un enterrement de première classe vers la Ligue en cas de défaite face à Lorient, autre adversaire direct au maintien dans l'élite.

Au lieu du scénario direct et macabre, les Girondins ont préféré prolonger la lente agonie une semaine de plus. Les multiples ratés de Hwang devant le but lorientais symbolisent à eux seuls une saison longue et catastrophique sur le plan sportif, ponctuée par une ambiance pesante dans les tribunes pour la dernière sortie des Bordelais à domicile.

Les Ultramarines ont d'ailleurs pris les devants quelques heures avant le coup d'envoi devant le Matmut Atlantique. Plusieurs centaines de supporters attendaient le bus des joueurs avant leur entrée dans le stade.

Mais en échange, des heurts et des scènes de violence ont éclaté entre supporters et CRS à coups de gaz lacrymogènes et de lance à eau. Une entrée en matière détonante et qui a donné le ton de ce qui allait se passer dans le virage sud au cours de la rencontre.

"Vous êtes la honte de nos 140 ans d'histoire !"

Un ras-le-bol généralisé face à une situation sportive et économique qui n'a pas réellement évolué depuis la reprise du club par l'homme d'affaires  hispano-luxembourgeois, Gérard Lopez, en juillet dernier. Malgré son entente privilégiée avec les UB87, le président des Girondins a clairement été ciblé lui aussi par les banderoles présentes dans le stade : "De la promesse du Top 10 à l'enfer" ou encore "Nous demandons un président délégué, maintenant nous l'exigeons".

Dans la foulée de la rencontre, la gestion du club a même été ouvertement critiquée par une lettre des partenaires adressée à Lopez et pointant du doigt la manière d'exercer son rôle de président-directeur général. 

Quelques minutes avant le coup d'envoi, une large banderole "Vous êtes la honte de nos 140 ans !" déployée pour critiquer des joueurs jugés trop souvent amorphes et dotés de la pire défense de l'histoire de Ligue 1 et des cinq grands championnats européens avec 89 buts encaissés. Suivi de chants et d'un lancer de rouleaux de papier toilette sur le but lorientais juste avant la fin de la première mi-temps qui a nécessité une interruption de cinq minutes.

Des esprits échauffés sur comme en dehors du terrain avec l'expulsion du défenseur des Girondins, Gideon Mensah (86e), quelques instants seulement après son entrée en jeu. Au coup de sifflet final, l'abattement - matérialisé par un long nuage de fumée noire depuis le virage sud - était palpable et le couperet de la Ligue 2 tout près de tomber.

Trente-et-un an après sa dernière descente pour raisons financières en 1991, c'est un monument du football français qui s'apprête à faire ses adieux à l'élite.