Football : les Girondins de Bordeaux officiellement en Ligue 2 malgré leur victoire à Brest, Gérard Lopez renouvelle son engagement à sauver le club

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Écrit par Hugo Lauzy

Une victoire sur le terrain de Brest (4-2), samedi 21 mai, n'aura rien changé au destin des Girondins de Bordeaux, mais seulement acté officiellement leur descente en Ligue 2 après 31 ans de présence consécutive dans l'élite du football français.

C'était attendu, il ne restait plus qu'à le reconnaître officiellement. Les Girondins de Bordeaux (20e, 31 pts) évolueront bien à l'étage inférieur de la Ligue 2, malgré leur succès symbolique - le sixième de la saison seulement - du côté de Brest (4-2) qui n'avait plus rien à jouer lors de cette dernière de Ligue 1. À terre au coup de sifflet final, l'attitude des Bordelais contrastait incontestablement avec celle tout en satisfaction de Brestois pourtant défaits.

Un coup de massue de la relégation - la première depuis la saison 1990-1991 - déjà bien encaissé la semaine dernière avec un nul houleux au Matmut Atlantique contre Lorient (0-0). Condamnés avant même le coup d'envoi, les Bordelais de David Guion ont cette fois-ci pris les devants par Ricardo Mangas (14e), puis comme un symbole avec le premier doublé en Ligue 1 du jeune attaquant formé au club Sekou Mara (32e, 72e), avant une dernière réalisation signée Jairo Dilrosun (75e).

En contrepartie, la défense bordelaise s'est fait surprendre à deux reprises par Steve Mounié (16e) et Youcef Belaïli (34e). Logique et à l'image d'une saison où le club historique aux six titres de champion de France aura encaissé 91 buts en 38 matches. Un triste record pour une descente au goût amer, après la reprise pleine d'espoir du club girondin par Gérard Lopez en juillet dernier.

Des Girondins de Bordeaux à la recherche d'un second souffle financier

Proche du dépôt de bilan en fin de saison dernière, Bordeaux avait vu le projet de l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois, Gérard Lopez, comme celui d'une progressive remontée à la surface après des années d'errance sportive et financière, notamment sous la présidence du fonds d'investissement américain King Street (2018-2021).

Dans un communiqué, le patron des Girondins s'est défendu samedi soir par rapport à cette situation : "La validation tardive du projet de reprise ne nous a pas permis de débuter la saison dans de bonnes conditions. Nous avons commis des erreurs. J'ai commis des erreurs. [...] Les actionnaires du club, Jogo Bonito, mais aussi King Street et Fortress, en tant que détenteurs de la dette, sont pleinement engagés dans ce projet, à mes côtés."

Actuellement endetté entre 40 et 50 millions d'euros, le club marine et blanc devrait là encore revoir ses investissements et son fonctionnement à la baisse dans les semaines à venir. Face à cette descente en Ligue 2, le club devrait d'après plusieurs sources trouver une enveloppe d'environ 20 millions d'euros (ventes de joueurs, actionnaires...), avec l'objectif de passer l'étape de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) d'ici le 30 juin.

Un chemin de la reconstruction plus difficile que prévu

Même si le président Gérard Lopez estime cette première saison à la tête du club comme un échec "personnel", il ne remet pourtant pas en cause son investissement futur au sein du club selon lui. "Il est de ma responsabilité, même dans les moments difficiles, de ne pas perdre de vue le cap que nous nous sommes fixé : sauver le club est et demeure mon objectif", reconnait-il.

Déjà tourné sur la prochaine saison, l'ex-président lillois de 50 ans promet également que "le chemin de la reconstruction sera évidemment difficile et implique des changements importants." Avant d'ajouter : "J'y suis prêt et les prochaines semaines doivent nous permettre de comprendre ce qui n'a pas fonctionné cette saison et les changements que nous devons opérer."

De nouvelles méthodes de fonctionnement seraient envisagées pour retrouver l'élite au plus vite avec l'ensemble des parties prenantes du club comme "les représentants de ses salariés, mais aussi avec les instances de contrôle du football professionnel qui ont soutenu le projet de sauvetage dès l'été dernier", précise-t-il. "Un conseil d'administration a permis [jeudi] d'acter les grandes lignes de ce projet" sur lequel il promet de revenir "plus en détail prochainement".