Girondins relégués en National 1 : Bordeaux veut se battre

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Écrit par C Le Hesran avec Agence France Presse

Après le choc de la relégation en National 1 annoncée mardi 5 juillet, le patron du club prépare la riposte contre "cette décision inique". Les arguments financiers avancés par les Girondins n'ont pas rassurés la DNCG. Une nouvelle bataille se prépare mais le temps est compté.

Beaucoup s'y attendaient mais le patron du club Gérard Lopez fait part de son incompréhension.

Mardi 5 juillet à 17h55, le couperet est tombé.  La rétrogradation administrative en National (3e division) a été confirmée en appel par les gendarmes financiers du foot français. 

Mais le match n'est pas terminé pour l'homme d'affaires et patron du club mythique. 

Il entend user de tous les recours possibles pour éviter un dépôt de bilan et une liquidation qui signifierait un redémarrage en National 3, le cinquième échelon du football français. "Cette décision injuste est inacceptable et incompréhensible", a réagi le propriétaire du club, Gerard Lopez, ajoutant dans un communiqué:

Je me battrai jusqu'au bout et c'est la raison pour laquelle nous avons décidé d'exercer un recours contre cette décision inique.

Gérard Lopez - Président des Girondins

Communiqué mardi 5 juillet

Quel avenir ? 

L'homme n'abandonne donc pas alors que le temps presse.

Pour autant, Gérard Lopez n'a pas précisé auprès de quelle juridiction le recours allait être déposé, alors que la reprise de la saison en Ligue 2 est programmée le week-end des 30 et 31 juillet.

Ce sera soit le CNOSF (le comité national olympique), soit un référé devant le tribunal administratif voire une autre voie juridique plus "surprenante", selon une source proche du club, contactée par l'Agence France Presse.

Quoi qu'il en soit, l'avenir sportif des Girondins va se jouer devant les tribunaux. 

L'appel des élus

Dans un communiqué, le président de Bordeaux Métropole, Alain Anziani, et le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, ont demandé à la ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, que "le CNOSF puisse se prononcer dans un délai compatible avec la reprise de la saison de la Ligue 2 sur la portée des garanties apportées par les Girondins de Bordeaux auprès de la DNCG".

Mais cet appel sera-t-il entendu alors que la DNCG s'est prononcé dans le même sens pour la deuxième fois, à quelques jours d'intervalle.

Pour préparer cette nouvelle convocation devant la commission d'appel, Gérard Lopez et ses conseils, accompagnés d'un représentant de Fortress, un des créanciers du club, pensaient avoir réuni toutes les pièces et les arguments financiers pour repartir en L2. 

"Depuis la première décision de rétrogradation du club, on a travaillé d'arrache-pied et on a obtenu un nouvel accord avec nos créanciers, qui permettait de boucler 100% du financement demandé", a indiqué le club. 

Les Girondins pensaient répondre point par point aux attentes exprimées par la DNCG en première instance, le 14 juin dernier. Ils avaient trouvé les 40 millions d'euros nécessaires pour obtenir, selon eux, le feu vert du gendarme financier. 

De son côté, Lopez s'était engagé à mettre 10 millions d'euros de sa poche et a récupéré via sa société Jogo Bonito le transfert de responsabilité de la moitié de la dette (26 millions d'euros) due aux créanciers américains Fortress et King Street. 

Ces derniers s'engageaient enfin à faire une croix sur les revenus générés par la vente d'Aurélien Tchouaméni de Monaco au Real Madrid (10% de la plus-value plus les droits de formation, soit 8,3 millions d'euros). 

"On s'est assuré, en prenant toutes les garanties, que ça allait", avait même confié vendredi dernier l'entourage de Gerard Lopez après la signature d'un accord avec ses prêteurs. 

Mieux, en lançant une conciliation au Tribunal de commerce de Bordeaux, les Girondins avaient obtenu un soutien de poids: l'ordonnance rendue par la juridiction, et consultée par l'AFP, indique que "le club n'était pas en cessation de paiements au 30 juin. Les différents accords signés (entre les Girondins et leurs créanciers, NDLR) démontrent le sérieux d'une restructuration financière ainsi que la fin des difficultés de la société FCGB" si le club était maintenu en L2. 

La DNCG s'est elle substituée à la justice ? 

D'où leur stupéfaction après la confirmation de la rétrogradation du club en appel en National qui "menace clairement de disparition un grand club français et 300 emplois", a déclaré le directeur général délégué du club, Thomas Jacquemier, lors d'un point presse à Paris. 

Une autre source proche du club a estimé de son côté que "la DNCG s'est assise sur la décision du Tribunal de commerce". "Elle s'est substituée à la justice", a ajouté cette source à l'Agence France Presse.

On a une commission interne à la FFF qui va l'encontre d'une décision d'un tribunal. On est dans le cadre d'une entreprise qui est mise en difficulté par la DNCG." 

Si Bordeaux ne parvient pas à faire annuler la décision confirmée en appel par la DNCG fédérale, on s'orientera vers une liquidation judiciaire du club six fois champion de France, avec perte du statut professionnel et licenciements de son personnel administratif et libération de tous ses joueurs sous contrat: les recettes en National ne sont en effet pas suffisantes pour assurer le train de vie du FCGB. 

L'équipe repartirait alors au niveau de sa réserve, en National 3 (5e division) alors que la section féminine, qui a fini 6e en D1 cette saison, pourrait descendre au niveau régional (3e division).