Grève du 13 janvier dans les écoles : forte mobilisation des enseignants en Aquitaine

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Écrit par Olfa Ayed
La manifestation des enseignants contre la gestion de l'épidémie de covid-19 par le gouvernement dans les écoles mobilise en Aquitaine.
La manifestation des enseignants contre la gestion de l'épidémie de covid-19 par le gouvernement dans les écoles mobilise en Aquitaine. © Elsa Arnould - France Télévisions

Comme partout en France, ce jeudi 13 janvier 2022, la mobilisation des enseignants du premier et second degré est forte en Aquitaine. Les professeurs, les animateurs du périscolaires mais également certains parents d'élèves manifestent contre la gestion de l'épidémie par le gouvernement dans les écoles.

"Je veux juste faire mon métier", "Stop ! Je suis prof ! Je suis une espèce en voie de disparition, protégez-moi !", est-il écrit sur les pancartes des enseignants en grève à Bayonne ce jeudi 13 janvier 2022 où près de 1000 personnes ont manifesté.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, 80% des enseignants étaient grévistes aujourd'hui et deux écoles sur trois étaient fermées, selon l'intersyndical.


Un mouvement de grève qui répond à l'appel national du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, pour dénoncer la valse des protocoles sanitaires - dans le premier et second degré - pour faire face à l'épidémie de Covid-19. Ils pointent du doigt "une pagaille indescriptible" et se sentent "déconsidérés et épuisés" par le gouvernement.

31.2% d'enseignants grévistes selon l'académie de Bordeaux, plus du double selon les syndicats

Très suivie à Bayonne par les enseignants, les animateurs du périscolaire et les agents territoriaux en milieu scolaire, la manifestation est soutenue par les organisations syndicales de l'Education nationale (l’Unsa, la F.S.U, CGT, CFDT, FO et le Lab). Ils demandent le respect des "personnels" et de "donner à l'école les moyens de fonctionner". Une délégation a été reçue, à 12h30, par le sous-préfet.

"On ne manifeste pas contre un virus mais contre la politique mise en place, explique Marie-Laure Crutchet, secrétaire départementale de l’UNSA éducation 64 et professeure de mathématiques au collège Albert Camus de Bayonne, en réponse à la phrase de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, de mardi. Les enseignants ne sont pas écoutés. On a besoin de moyens, de remplaçants, d’annonces claires, anticipées et d'avoir un délai pour les mettre en place dans les établissements."

Certains partis politiques sont également présents dans les rangs tels que La France Insoumise et Europe Ecologie Les Verts (EELV). Des syndicats de parents d’élèves participent également à la manifestation.

En Gironde, c’est une classe sur trois qui est fermée ce jeudi. Dans le premier degré, 70% du personnel des écoles est gréviste dans tout le département, selon les syndicats enseignants. C'est 31.2% d'enseignants grévistes selon l'académie de Bordeaux.

"On demande un protocole qui ne change pas tous les jours"

Vers midi, la manifestation est partie de la place de la Victoire à Bordeaux. Plus de 3000 personnes étaient présentes selon les syndicats. Les professeurs et les directeurs se disent "épuisés" par des protocoles "trop complexes" : trois depuis la rentrée de janvier.

On n'a pas le temps de faire notre métier comme il faut. Enseigner c’est prévoir sa classe, faire des choses sur la continuité et en ce moment on n’y arrive pas. On demande d’avoir un protocole qui ne change pas tous les deux jours!

Une enseignante

cortège bordelais

Les syndicats enseignants demandent également des détecteurs de CO2, plus de masques et de remplaçants dans les écoles.

Le mouvement de grève est soutenu par la FCPE qui a demandé aux parents de ne pas emmener leurs enfants à l'école.

Avant 13 heures les manifestants se dirigent vers le rectorat à Bordeaux pour se disperser un peu avant 14 heures.

Avant de se retrouver place de la Victoire à Bordeaux, une assemblée générale des syndicats enseignants s'est tenue à la Bourse du travail dès 10h30.

"Blanquer, ton mépris ça ne passe pas"

A Pau, un millier de personnes s'est retrouvé ce jeudi. Ils demandent respect et moyens de la part du gouvernement. Devant l'Hôtel de Ville de Pau, les manifestants ont étendu une banderole soulignant leurs revendications.

Dans le cortège de multiples pancartes, dont une "Une" parodique du quotidien Le Parisien qui titre : "Blanquer, ton mépris ça ne passe pas", orné de rubriques concernant, chacune, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer. 

Dans le cortège, fait rare, des chefs d'établissement : "C’est la première fois que je suis en grève officiellement", témoigne l'un d'entre eux. 

Cette exaspération, c’est le fruit de la crise sanitaire qui n’est que la partie immergée de l’iceberg. Ça fait 5 ans qu’on enchaîne des réformes successives faites dans des temps très restreints et dans le cadre de la crise sanitaire, depuis le début, on a toujours des communications à contretemps. Ce qu'on espère c’est une communication respectueuse de l’Education nationale. On veut des mesures concrètes et tenables. Et que les protocoles soient applicables.

Chef d'établissement

cortège de Pau

A Périgueux, ils étaient plus de 400 réunis devant l'inspection académique. A Agen aussi, les personnels des établissements scolaires du premier et second degré se sont joints à la protestation.

Ce jeudi après-midi, Jean Castex reçoit les syndicats enseignants.

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