Il y a 17 ans disparaissait Jacques Chaban-Delmas

© INA
© INA

10 novembre 2000 : Jacques Chaban-Delmas décède après une longue carrière politique. Maire de Bordeaux, le résistant, "compagnon de la libération" et radical socialiste restera 48 ans au pouvoir, un record inégalé. Il a marqué la vie du territoire.

Par CB

Un destin National

Elu député de Gironde en 1946, puis maire de Bordeaux en 1947, il participa aux gouvernements Mendès-France, Mollet et Gaillard.
Membre du RPF (Rassemblement du Peuple Français) dès sa création, il devient président du groupe gaulliste à l'Assemblée nationale en 1953.
En 1958, après le retour de De Gaulle, la nouvelle constitution et l'avènement de la 5ème République, il occupe « le perchoir » à l'assemblée nationale près de dix ans.

En juin 1969, le président Pompidou le nomme Premier ministre.
En 1974, sa candidature aux élections présidentielles est un échec.

Chaban de 1947 à 1974
Le parcours politique du compagnon de la libération devenu maire de Bordeaux.

Un "Duc d'Aquitaine"

Le Général De Gaulle, qui avait avec Chaban une relation privilégié, quasi filiale, lui aurait dit :

 Rendez à cette ville la splendeur qu'elle n'aurait jamais dû perdre .

Pendant toute cette carrière nationale, Bordeaux lui reste fidèle et il reste fidèle à Bordeaux.
Il donne l'impression d'être très présent malgré ses obligations nationales. Ses adjoints, avec notamment Simone Noailles, longtemps son adjointe, faisant le relai.

Chaban, c'est aussi un renouveau culturel avec la création  du CAPC, ou dès 1950 la création du Mai musical puis le festival hautement transgressif pour l'époque Sigma… 

Il fit aussi beaucoup pour le développement de l'enseignement du sport qu'il pratiquait (tennis et rugby). Un milieu sportif, synonyme pour lui de camaraderie et d'échanges, qui lui ouvrit aussi bien les portes de la bourgeoisie avec Primrose que celles de milieux plus populaires avec le rugby à Bègles.

Mais le tableau n'est pas que réjouissant et sa fin de règne est moins glorieuse malgré l'attachement humain des ses administrés, ses collaborateurs et même ses adversaires politiques.
On se souvient par exemple de la faillite du Club des Girondins (l'époque Bez), un fort endettement de la ville ou l'abandon d'un métro bordelais...

Un souvenir présent

Jacques Chaban-Delmas est décédé le 10 novembre 2000. La ville a souhaité lui rendre hommage à plusieurs occasion en rebaptisant des ouvrages :
  •  le stade municipal Lescure rebaptisé en 2001 "Stade Chaban-Delmas", utilisé aujourd'hui pour les matches de l'UBB, clin d'oeil de l'histoire à l'ancien 3/4 béglais...
  • le pont reliant les deux rives de la Garonne ouvert en 2013, momentanément appelé Ba-Ba (Bacalan-Bastide les deux quartiers)
  • une statue monumentale (sculpteur Jean Cardot) sur le parvis devant l’hôtel de ville place Pey-Berland.
L'hommage de Bordeaux à Chaban
C'est un "mariage d'amour entre Bordeaux, les Bordelaises les Bordealais et moi, qui ne dissoudra jamais !"

Un curriculum bien rempli 

Jacques Chaban-Delmas est né le 7 mars 1915, à Paris. Décédé le 10 novembre 2000

  • Etudes secondaires au Lycée Lakanal, à Sceaux.
  • Diplômé d'Etudes Supérieures de Droit.
  • Diplômé de l'Ecole Libre des Sciences Politiques, en 1937.
  • Inspecteur des Finances.
CARRIERE
  • Elève-Officier de Réserve à l'Ecole Militaire de Saint-Cyr, du 1er mai au 1er septembre 1939 (entré et sorti premier -- Promotion du Maréchal Joffre).
  • Campagne contre l'Allemagne et l'Italie au 75ème Bataillon Alpin de Forteresse.
  • 1940 intègre l'Organisation de Résistance de Zone Nord
  • février et mars 1943, fait fonction de Délégué.Militaire.National
  • mai 1944, est nommé D.M.N., chargé de transmettre les ordres du Haut-Commandement Inter-allié
  • 15 juin 1944, promu Général de Brigade
  • Parti à Londres le 31 juillet 1944, il demande que le plan d'opérations, qui prévoyait la chute de Paris par encerclement soit modifié de manière à éviter à la capitale française de subir le sort de Varsovie.
  • Revient à Paris, le 16 août. Au cours de la semaine insurrectionnelle de Paris, s'emploie à concilier désirs de soulèvements et impératifs militaires, de manière à permettre aux Parisiens de libérer leur ville sans la faire détruire.
  • Accueille le Général Leclerc, à Arpajon, aux premières heures du 24 août et entre avec lui dans Paris.
  • Est nommé Général de Brigade de Réserve (2ème Section), en juin 1946.
  • Contractuel au Ministère de la Production Industrielle, de juin à décembre 1941 et de mai à novembre 1942.
  • Inspecteur des Finances en mars 1943.
  • Secrétaire Général du Ministre de l'Information (août 1945). Se démet de ses fonctions le 28 février 1946.
  • Député de la Gironde de1946 à 1997.
  • Maire de Bordeaux du 26 octobre 1947 à juin 1995
  • Ministre des Travaux Publics du 20 juin 1954 au 4 février 1955.
  • Ministre d'Etat de février 1956 à mai 1957.
  • Ministre de la Défense Nationale de novembre 1957 à avril 1958.
  • Président de l'Assemblée Nationale de décembre 1958 à juin 1969, d'avril 1978 à mai 1981 et du 2 avril 1986 à juin 1988.
  • Président de la Communauté Urbaine de Bordeaux de janvier 1968 à septembre 1977 et de juin 1983 à juin 1995
  • Premier Ministre en juin 1969. Démission le 5 juillet 1972.
  • Président du Conseil Régional d'Aquitaine du 4 janvier 1974 au 23 janvier 1979 et du 15 avril 1985 à juin 1988.

Source : Mairie de Bordeaux.

Sur le même sujet

SUIVEZ LES ELECTIONS SENATORIALES 2017 SUR FRANCE INFO

Marée noire du Prestige : l'interview de l'avocat Renaud Lahitète

Près de chez vous

Les + Lus

Les + Partagés

Nouveau !Abonnez-vous aux alertes de la rédaction et suivez l'actu de votre région en temps réel

Je m'abonne