Lormont : la colère des salariés de Marie Brizard Spirit

Un cercueil devant l'entrée de l'usine Marie Brizard où des salariés contestent les propositions du repreneur du site / © France 3
Un cercueil devant l'entrée de l'usine Marie Brizard où des salariés contestent les propositions du repreneur du site / © France 3

En Gironde, la grève se poursuit chez Marie Brizard. Les employés de l’usine de spiritueux  protestent  contre les conditions de licenciement de 49 commerciaux du groupe. La production est à l’arrêt. 

Par Christine Le Hesran

La colère monte chez les " Marie Brizard ", l'historique maison bordelaise créée en 1755 à Bordeaux broie du noir. Depuis le rachat de l'entreprise par son principal concurrent la COFEPP qui commercialise La Martiniquaise et Bardinet. 
Depuis mardi 22 octobre, une trentaine de salariés se relaie pour bloquer les entrées et sorties du site de production du groupe Marie Brizard à Lormont, dans la métropole bordelaise.
Ils dénoncent le plan de Sauvegarde de l'emploi prévoyant 49 suppressions d'emplois.en l'occurence, le licenciement de 49 commerciaux du groupe comme Cédric Fougères, dix ans de présence dans la maison. 

Ce sont des secteurs qui sont supprimés. Moi je suis sur Lyon, mon secteur n'existe plus. 
Cédric Fougères

La proposition qui lui est faite est bien loin de le satisfaire. " On me propose de perdre mon statut de cadre et un salaire dégressif. On va me diminuer progressivement mon . Mon but c'est d'aller vers le haut plutôt que vers le bas. 

Il y avait vraiment moyen de faire quelque chose. La nouvelle direction qui devait nous sauver à fait l'inverse. 

Ils dénoncent des négociations au point mort avec le groupe qui les a rachetés. Pour la direction de la Cofepp, actionnaire majoritaire, 39 personnes sur 49 pourraient être reprises dans les autres sociétés du groupe, en France. Ces 39 postes sont proposés en reclassement interne dans le même métier, au sein de COFEPP.

La nouvelle direction précise que " Ce projet concerne uniquement les activités commerciales de MBWS France dans les supermarchés, les magasins de proximité et le réseau de Consommation Hors Domicile. En France, celles-ci sont notamment pénalisées depuis plusieurs années par un manque de taille critique et un poids trop important des coûts de visite. Par ailleurs, le groupe a annoncé des pertes pour la troisième année consécutive et d’autres filiales du groupe sont concernées par des opérations de réorganisation: en Espagne, en Pologne et aux USA.   

La direction y consacre des moyens importants.
Communiqué de la direction 


Le député du secteur, le socialiste Alain David, a alerté en août dernier le ministre de l'économie Bruno le Maire sur le sort de cette entreprise emblématique. En quatre ans, l'action Marie Brizard est passée de 21 euros, en 2015, à 1 euros 70 cette semaine. Une chute du montant de l'action qui pose question. 

Les raisons de la colère à découvrir dans ce reportage ►
 
Les Marie Brizard en colère



 

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