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Mode d'emploi : comment louer un appartement à Bordeaux en évitant les arnaques et déconvenues

Qui ne se souvient pas de son premier appartement étudiant ? / © Via Pixabay
Qui ne se souvient pas de son premier appartement étudiant ? / © Via Pixabay

Louer son premier appartement étudiant est une grande étape vers la vie d'adulte. Mais à Bordeaux, où il est difficile de trouver un logement à un prix abordable, il faut être vigilant pour éviter les déconvenues et arnaques. Voici les conseils de David Coutreau, juriste à l'ADIL33.

Par Alice Robinet

→ Particulier, agent ou vendeur de liste ? 


"La première étape lorsqu'on commence à regarder les annonces d'appartements, c'est de distinguer les bailleurs particuliers, les agences et les marchands de liste, ce qui n'est pas toujours évident", souligne David Coutreau, juriste au sein de l'association départementale de l'information sur le logement, l'ADIL33. 

Une demande de mandat cash ? Ça sent l'arnaque ! 


Concernant les particuliers, gare aux fausses annonces trop alléchantes, que l'on retrouve parfois sur les sites comme Le Bon Coin. "Il faut tenter de s'assurer que la personne est bien propriétaire du logement. Si elle demande le versement d'une somme, un mandat cash, avant la visite ou la signature du bail, ça sent l'arnaque", poursuit David Coutreau. 

Ensuite, comment distinguer entre agent et vendeur de listes ? "Quand on appelle un agent, on prend directement rendez-vous pour une visite, qui est toujours gratuite. Chez un marchand de listes, il faut verser une certaine somme pour avoir accès à des annonces, mais elles ne reflètent pas toujours la réalité des logements, qui peuvent être déjà reloués, etc." avertit le spécialiste.

L'existence des marchands de listes est légale et encadrée. Leur nombre est en diminution à Bordeaux depuis une dizaine d'années, mais certains sont toujours en activité, explique-t-il. 
 
 
 

→ La visite : "il faut oser poser des questions" 

 
"Quand on visite un appartement en plein été, la question du chauffage peut-être facilement oubliée. Mais en hiver, cet oubli peut coûter cher, lorsqu'il devient difficile de chauffer une pièce avec un minuscule radiateur électrique et des grandes fenêtres mal isolées !" Pour en savoir plus, vous pouvez demander le diagnostic de performance énergétique, ou DPE, qui attribue une note de A à F à chaque logement. 

Attention également au quartier et à l'environnement immédiat du logement : le bar d'en face, fermé lors de la visite, pourrait s'avérer très agité à la nuit tombée, et compromettre votre sommeil entre deux révisions en pleine periode de partiels... 

Les charges peuvent réserver de mauvaises surprises 


"En pratique, c'est parfois difficile, mais il faut oser poser des questions" conseille David Coutreau, qui insiste aussi sur un point essentiel : les charges. Quel montant, et que comprennent-elles exactement ? "Il arrive que le bailleur dise rapidement que tout est compris pour 30 euros par mois, et d'avoir une mauvaise surprise un peu plus tard lors de la rectification". 
 

→ Le bail : lisez les petites lignes ! 

 
Le saviez-vous ? Depuis 2014, un contrat de location doit préciser le montant du loyer payé par le précédent locataire. Cela permet de vérifier que la hausse du loyer est conforme à l'indice de référence, sauf en cas de travaux importants ou de loyer précédent sous-évalué, ce qui doit être justifié.

Evidemment, en pratique, cela semble impossible de négocier un loyer à la baisse étant donné la pénurie de logements étudiants à Bordeaux. "Une fois le bail signé, il faut tout vérifier dans les premiers jours et c'est alors possible de faire un recours" détaille David Coutreau. "Par exemple, si un loyer passe de 450 à 600 euros entre deux locataires sans explications, un recours est tout à fait envisageable", illustre-t-il. 

Parmi les autres éléments à vérifier : le montant des frais d'agence, qui sont plafonnés par décret, et ne doivent pas dépasser une dizaine d'euros par mètre carré, et inclure l'état des lieux d'entrée. En cas de doute, vous pouvez consulter le simulateur proposé par service-public.gouv.fr 

Pas de garants ? Jusqu'à 30 ans, vous pouvez bénéficier de la garantie Visale gratuite pour le locataire et le bailleur. Un dispositif qui n'est pas encore très utilisé, "sans doute car les propriétaires ne le connaissent pas suffisamment" selon le spécialiste du droit immobilier. 

Si vous optez pour une colocation, qui peut être plus intéressante financièrement, ne foncez pas tête baissée : "il faut savoir avec qui l'on va vivre", conseille David Coutreau. Attention aussi à la clause de solidarité du bail, qui vous contraindra à payer l'intégralité du loyer si votre co-locataire est défaillant. 

 

→ L'état des lieux : attention aux tablettes... 

 
Dernière étape avant de prendre possession de son logement et de s'installer : l'état des lieux. Là encore, il faut prendre son temps, et si possible, se faire accompagner. Deux paires d'yeux peuvent être plus vigilants !

"Attention à la mode des tablettes qu'utilisent les agents immobiliers. On ne voit pas vraiment ce que note la personne" préviens David Coutreau. Mieux vaut privilégier l'écrit, tout noter scrupuleusement, et demander à récupérer immédiatement le double du document. 

"Si l'on repère quelque chose qui nous avait échappé lors de la visite, un carreau cassé, une prise qui ne fonctionne pas, il faut demander la rectification de l'état des lieux sous dix jours, par recommandé avec accusé de réception
 

→ APL : deux mois de patience avant le premier versement  


Une fois les clefs en main, il peut être tentant de se laisser aller à un petit accès de phobie administrative... Mais surtout pas ! 

"Il faut faire sa demande d'APL auprès de la CAF immédiatement" alerte le juriste de l'ADIL. "Les APL ne sont jamais versés le premier mois. Ceux du 2e mois ne sont versés qu'à son échéance, c'est-à-dire au début du troisième mois", détaille-t-il. 

Voilà, il ne vous reste plus qu'à écumer les sites de petites annonces et les agences, bonne recherche ! 

En cas de questions, vous pouvez vous rendre gratuitement au siège de l'ADIL33, 105, avenue Emile Counord à Bordeaux, mais aussi dans l'une des nombreuses permanences organisées dans le département. 
 
 
 

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