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Le Père Noel a des lutins dans Bordeaux

© JF Géa
© JF Géa

C’est le leader de la vente de jouets en France, Jouéclub est basé depuis plus de 60 ans à Bordeaux. L’enseigne rassemble 348 magasins, organisés en coopérative.

Par Jean-François Géa et CB

Un bonnet de père Noel sur la tête, ils sont près de 80 à s’activer dans un immense entrepôt. Les uns courent dans les rayonnages en poussant un chariot. Les autres préparent les colis pour l’expédition, tout en vérifiant les bons de commande.

Dans la zone industrielle du Nouveau Stade, à Bordeaux Nord, la plateforme logistique de jouéclub.fr grouille de monde. Le reste de l’année, ils ne sont que 5 permanents pour satisfaire les demandes des internautes. 
A l’approche de Noël, le service s’étoffe. Cora vient depuis plusieurs années, prêter main forte pendant les fêtes. Intérimaire, elle avoue parcourir parfois près de 30 kms par jour dans ces allées mais elle garde le sourire : « Il y a plus désagréable que de porter des jouets. Ça me rappelle mon enfance ».
Cora parmi les jouets / © JF Géa
Cora parmi les jouets / © JF Géa

Internet est la vitrine de l'enseigne

Jouéclub dispose d’un site internet marchand depuis 1997. 20 ans d’expérience mais les ventes sur le web ne représentent que 3 à 5 % du chiffre d’affaires du groupe « C’est l’équivalent d’un de nos villages. Un gros magasin » précise Vincent Stoziki, le directeur commercial import-export. Il ajoute « le site internet est, avant tout, une vitrine, un portail d’entrée, car nous ne voulons pas qu’il fasse concurrence à nos magasins ».

Les magasins constituent la raison d’être de Jouéclub. L’enseigne est née de la volonté de trois marchands de jouets de province.
Des commerçants de Toulouse, Marseille et Bordeaux. En 1953, pour contrer l’émergence des grandes surfaces et des grandes enseignes spécialisées, ils décident d’unir leurs forces.
Ils créent une coopérative, pour grouper leurs achats, et peser plus lourd dans les négociations avec les fournisseurs.
65 ans plus tard, la coopérative a bien grandi. 348 commerçants ont adhéré partout en France, mais aussi en Italie, ou au Maroc.

Des indépendants sous un même nom

Dans les années, 80, tous ces commerçants indépendants ont renoncé à leurs noms. Le Pinocchio, le carré d’as, le cerf-volant  ont tous été rebaptisés Jouéclub. Chaque directeur reste propriétaire de sa boutique. Indépendant. Mais en se regroupant sous une même enseigne, les adhérents à la coopérative ont pu lancer des campagnes de publicité nationales, éditer un catalogue tiré à plus de 12 millions d’exemplaires.

Aujourd’hui, sur le marché des jouets en France  Jouéclub est leader parmi les enseignes spécialisées.

En terme de part de marché, nous sommes entre 15 et 17% 

explique Alain Bourgeois-Muller, le PDG de JouéClub.

En 2016, la coopérative a affiché un chiffre d’affaires de 633 millions d’euros.

Ancien directeur de magasin dans l’est de la France, il a laissé les commandes de ses boutiques à ses enfants,  pour prendre la direction de la coopérative il y a 5 ans.
Comme le président précédent, il a posé ses valises en Gironde.

Tout a commencé à Bordeaux, nous sommes très attachés à l’Histoire, alors les présidents successifs s’installent toujours en Gironde, nous y avons notre siège social et nos plateformes logistiques .

105 personnes travaillent au siège social à Bordeaux Nord. Jouéclub compte plus de 2000 collaborateurs à travers la France. Ils sont 1000 de plus pendant les semaines qui précèdent Noël.
C’est une période cruciale. « Notre métier est très saisonnier » rappelle Vincent Stoziki, « nous réalisons plus de 60 % de notre chiffre d’affaire pendant les 3 derniers mois de l’année. Et il y a tous les ans, un glissement vers le mois de décembre ». 

Le choix du bon jouet

Pas question donc de rater le passage du Père Noël. Les 2000 jouets présentés dans le catalogue sont soigneusement sélectionnés. Des directeurs de magasins sont chargés de choisir les modèles et  de négocier avec les fournisseurs en fonction de leur spécialité.
Aurélie Scomogué au milieu de ses poupées / © JF Géa
Aurélie Scomogué au milieu de ses poupées / © JF Géa


Aurélie Scomogué a grandi au milieu des jouets. Sa mère tenait un magasin Jouéclub. Aujourd’hui, Aurélie et sa sœur ont repris le flambeau. Chacune dans un magasin différent mais toujours aux couleurs de la coopérative. Son rayon à elle : les poupées. Directrice à Mérignac, elle a été chargée de sélectionner les poupées présentées dans toutes les boutiques de l’enseigne, mais aussi de choisir les  modèles de « la marque experte » la marque de Jouéclub.
Au milieu des emballages rose-bonbon des poupons, elle explique  « on a travaillé les poupées de A à Z. On est allé les chercher en Asie ou en Europe, en Espagne et on a retravaillé avec nos fournisseurs, les habits, les visages, le packaging.... »
Jouéclub se flatte d’être une entreprise aux capitaux 100 % français, mais ses fournisseurs sont internationauxSeuls 8 % des jouets distribués dans les magasins de la coopérative, sont fabriqués en France. Le reste vient d’Asie ou d’Europe.
Pour des questions de réactivité et d’achalandage, la centrale d’achat privilégie des fournisseurs Européens. Car les 30 jours de mer pour transporter un jouet venu de Chine rendent plus difficile un réapprovisionnement en urgence en cas de rupture de stock.

La tendance 2017

Cette année, les toupies Bayblade et les jeux de société de type « escape game » sont les plus prisés des consommateurs. Ce n’est pas vraiment une surprise. Les vendeurs de jouets préparent Noël au Printemps.

Après les fêtes, les 348 adhérents de Jouéclub se retrouveront à Bordeaux pour voir les tendances de Noël 2018. Ils feront leur sélection avant le mois d’avril.
Le catalogue sera imprimé en août et disponible en magasin dès la rentrée prochaine.

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