Avec la crise du coronavirus, les aérodromes en difficulté

Ces structures qui fonctionnent majoritairement grâce aux pilotes amateurs attendent des précisions sur la reprise d'activité

Bon nombre d'entreprises et de structures commerciales vivent une année 2020 bien difficile. Les aérodromes n'échappent pas à la règle avec une fin de confinement en point d'interrogation. Dimanche soir 10 mai, la Fédération Française Aéronautique a publié un communiqué dans lequel elle s'étonnait de l'absence de préconisations avant la reprise de l'activité. Un flou qui laisse perplexe les aéro-clubs et aérodromes de la région. Guy Henri Bouchard, président de l'aérodrome Bordeaux-Léognan-Saucats, attend des précisions :

L'interdiction de voler devrait prendre fin ce soir,  la circulation aérienne publique devrait donc pouvoir reprendre demain ( mardi 12 mai ). Seulement, pour l'instant nous n'avons pas plus de précisions se rapportant à notre activité. Nous attendons donc des information du ministère de la jeunesse et des sports, notre ministère de tutelle.
 

Du trafic et des emplois

Bordeaux-Léognan-Saucats est une véritable plateforme de l'aviation générale dans la région : 840 usagers, 42 000 mouvements par an. Il s'agit tout simplement du second site d'Aquitaine en termes de trafic, juste derrière l'aéroport de Mérignac. Site de formation de futurs pilotes, générateur de vocations aussi bien que site d'aviation loisir. Et qui dit haute densité de trafic dit emploi. Mécaniciens, restaurant, sociétés de service et d'entretien... tous font partie d'un véritable écosystème aéronautique qui espère reprendre l'activité au plus vite, d'autant plus que la période d'inactivité coûte cher lorsqu'on parle d'aviation. Guy Henri Bouchard le sait bien, il est en effet aussi président de l'aéro-club Dassault, installé sur l'aérodrome. "Un avion ne peut pas rester sans maintenance. Il faut donc continuer à payer l'entretien réalisé par les mécaniciens, il faut continuer à payer les emprunts qui ont servi à acheter les machines... et normalement ce sont les heures de vol qui permettent de payer ces frais. Or, si nous nous attendons à une reprise de l'activité, elle ne se fera sans doute pas à son niveau habituel. Notre public est composé majoritairement d'artisans, de commerçants, de chefs d'entreprises... bref, de personnes qui vont avoir d'autres priorités que de voler. Et en ce qui concerne les retraités, autre population très représentée chez nous, il y aura aussi sans doute des réticences à prendre des risques tant que le virus n'est pas vraiment maîtrisé".

Situation compliquée pour Bordeaux-Léognan-Saucats, comme pour de nombreux autres aérodromes. Pourtant, le président de l'endroit préfère rester optimiste.

Il y aura des moments d'inquiétude, c'est certain. Mais je pense tout de même que la résilience fait partie de l'âme humaine et que nous allons nous relever. 2020 sera une année difficile, c'est vrai, mais nous espérons bien remonter la pente en 2021.

Les aérodromes sont donc dans l'expectative. En attendant, la Fédération Française Aéronautique a publié des recommandations pour la reprise des activités. Entre autres le respect de la limitation des distances à 100kms et des groupes à 10 personnes mais aussi, pour les avions écoles, le strict respect des mesures de protection sanitaire, entre autres le nettoyage des aéronefs entre chaque vol. D'autre part, il est recommandé de n'autoriser l’accès aux clubs qu'à leurs seuls membres. En attendant une communication du ministère de la jeunesse et des sports.
 

 
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