Tu cuisines, je livre... Avec #PourEux Bordeaux, la solidarité citoyenne perdure après le confinement

À Bordeaux, des particuliers préparent des repas et les livrent à vélo aux sans-abri de la ville. Les acteurs de ce mouvement, né pendant le confinement, veulent l'installer durablement. Ils lancent un appel aux bonnes volontés, 

Des paniers repas préparés par des particuliers et livrés dans la foulée à des personnes sans abri
Des paniers repas préparés par des particuliers et livrés dans la foulée à des personnes sans abri © Capture d'écran Page Facebook #PourEux Bordeaux
Deux fois par semaine, Marie Paruit vérifie son application, enfourche son vélo, et part chez des particuliers bordelais. Sa mission : récupérer des repas que ces derniers auront préparés, et les livrer aux sans-abris de la ville.

Une habitude prise pendant le confinement, alors que son activité dans le monde de l'édition marquait un temps d'arrêt.
 "J'y allais tous les jours. J'étais super heureuse de sortir de chez moi, de faire des rencontres et de donner du sens à cette période. J'ai tout de suite trouvé ces rapports humains supers beaux", se souvient cette mère de quatre enfants. 

Bouche à oreille et réseaux sociaux


Marie Paruit est une membre particulièrement active du mouvement citoyen #PourEux Bordeaux. Lancée à Lyon au lendemain du confinement par Allan Ballester, l'initiative unit toutes les bonnes volontés, désireuse de se mobiliser en faveur des plus démunis.

"J'ai entendu parler de cette initiative via les réseaux sociaux, je savais que ça se développait aussi à Paris et à Lille", raconte Eloi Costes. 
Ce Parisien, venu se confiner en famille à Bordeaux, et sensibilisé à la cause des sans-abris, souhaite immédiatement s'impliquer autour de lui.
 

J' ai contacté Allan Ballester, et rapidement on a pu mettre ça en place. Les Bordelais ont super bien réagi, on est très vite arrivés à 2 000 personnes sur la page Facebook #PourEux Bordeaux !

Eloi Costes, #PourEux Bordeaux

 

Prévoir des repas en plus quand on cuisine


Désœuvrés en raison des conséquences de la crise sanitaire, de nombreux Bordelais et Bordelaises utilisent alors leur temps libre pour confectionner des repas. Le principe est simple, rappelle Marie. "Quand on prépare à manger pour sa famille, au lieu de prévoir pour quatre, on en fait pour six. On peut ensuite glisser un petit mot, un dessin des enfants, un petit truc en plus".

Ensuite quelques clics suffisent. Aux cuisinières et cuisiniers de se faire connaître sur la plateforme en ligne,  un ou une livreur(se) à vélo vient ensuite chercher le ou les repas et les distribue aux personnes dans le besoin et vivant à la rue. 
© #PourEux


Des livraisons groupées se sont également organisées, avec des groupes de voisins qui se donnent rendez-vous pour confectionner les repas le même jour, et éviter aux livreurs de trop nombreux aller-retour. 

"La cadence a diminué"

"Le profil de volontaire est très varié, assure Eloi. On a des profs, des étudiants, des lycéens… Des parents qui au début font les livraisons seuls, puis proposent à leurs adolescents de les accompagner." 

Depuis la fin mai, avec la reprise progressive du travail, le rythme a forcément été modifié. "Nous avons moins de plats, et moins de personnes disponibles pour les livraisons, reconnaît le jeune homme. 
Le principe n'a pas changé, mis la cadence a diminué".

On est loin des longues sorties livraison, étalées sur quatre ou cinq heures, une fois la case "déplacement pour assistance aux personnes vulnérables cochée sur l'attestation dérogatoire : en plein confinement, jusqu'à 80 livreurs tournaient chaque jour, et #PourEux Bordeaux distribuait plus de 250 repas quotidiennement.
Un rassemblement de livreurs #PourEux Bordeaux
Un rassemblement de livreurs #PourEux Bordeaux © Capture d'écran Facebook #PourEux Bordeaux


Pérenniser l'action

"Maintenant, on est plutôt du genre à se dire, je fais faire ça sur ma pause déjeuner, je prends 45 minutes pour livrer deux ou trois repas, explique Eloi Costes. C'est bien, mais ça ne suffit pas". 

La précarité née de cette crise sanitaire va s'installer. Nous savons bien que les besoins vont augmenter, et que toutes les bonnes volontés sont nécessaires.

Eloi Costes, #PourEux Bordeaux



Le mouvement, qui fonctionne sans président ni bureau, ne souhaite pas devenir une association. Mais des discussions sont en cours avec des associations déjà présentes sur le terrain, habituées aux maraudes, avec un objectif : unir les forces. 

Toutes les personnes intéressées par l'idée de participer ponctuellement ou régulièrement au mouvement, en fournissant ou en portant les repas, peuvent se faire connaître via leur plateforme en ligne. 
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