Polémique autour du projet d'implantation du géant chinois de l'e-commerce en Gironde

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Écrit par CB

Depuis deux ans, le projet d'une plateforme de logistique du géant chinois du e-commerce semblait enterré. Le collectif qui s'oppose à ce projet a réalisé dernièrement qu'il n'en était rien. Il souhaite interpeller élus et citoyens sur le risque de détruire une zone humide remarquable.

Le sujet est sensible. Ce 30 mai, ni le maire de Belin-Beliet ni la communauté de commune n'ont souhaité répondre aux questions de nos journalistes sur place.

Le projet fait débat depuis mai 2020, depuis l'annonce dans la presse locale d'un projet d'implantation d’une plateforme logistique du géant chinois de l'e-commerce Alibaba en Val de l'Eyre en Gironde. 

L'implantation était prévue sur la zone artisanale intercommunale Sylva 21, située sur la commune de Belin-Beliet en Gironde. Le projet prévoit plus de 71 000 m2 de bâtiments sur une zone de 19 hectares, dont 13 ha sur une zone humide à haute valeur environnementale. 

En juin 2020, une coordination a été créée : " Touche pas à ma zone humide, non aux géants de la logistique en Val de l’Eyre" (coordination TPZH). Depuis deux ans, ce collectif mène des actions d'information sur le sujet.

 

Ainsi, il explique les différents rebondissements de l'affaire:

  • les "deux promesses de vente des terrains convoités, signées en 2018, ont expiré depuis le 29 mars 2022, rendant caduque depuis lors la demande de permis de construire déposée par le promoteur PRD pour l'implantation de ses installations".
  • Mais le 7 avril dernier, " lors du conseil municipal de Belin-Beliet, le maire de Belin-Beliet a indiqué vouloir « prolonger le sous seing - dans l’attente des réponses des services de l’État".

Pour Vincent Bracchetti, secrétaire de la coordination TPZH : "c'est une occasion manquée. L'occasion de mener ce débat qui n'a jamais eu lieu, ni avec les citoyens ni avec les majorités actuelles (mairie et communauté de communes, NDLR)". C'est pourquoi, les membres du collectif adressent une lettre ouverte pour qu'ils se saisissent du débat.

Ils demandent aux "conseillers municipaux de saisir cette occasion pour remettre en cause la vente de ces terrains au promoteur PRD". "Vous êtes les héritiers d'un choix fait par l'ancienne équipe municipale, vous avez la possibilité maintenant de mettre fin à ce projet, en empêchant une nouvelle signature de sous-seing".

Ils ajoutent que ce faisant, ils pourraient néanmoins agir en permettant "l'implantation d'entreprises sur quelques 6 ha hors zone humide, et de maintenir l’espoir d'emplois locaux, décents, et pérennes sur votre territoire" tout en entretenant "les 13ha de zone humide afin qu'elle puisse jouer pleinement son rôle dans la régulation des sécheresses et inondations dont est victime le val de L'Eyre, ainsi maintenir son rôle dans la biodiversité et la connectivité des milieux naturels".

Dans l'argumentation, l'acheteur PRD explique que cette implantation permettrait la création de 300 emplois.
Pour le collectif, cet argument serait illusoire aux vues d'autres implantation de plateforme logistique en France : "Veut-on de l'emploi à n'importe quel prix ? On le sait aujourd'hui elles (ces plateformes) emploient bien moins de monde qu'elles ne le promettent : des CDD, intérimaires à 50-70%, du temps partiel, travail de nuit, ... Et ces emplois seront-ils pourvus par des gens du territoire ?"

"Touche pas à ma zone humide"

Au-delà du débat qu'ils réclament, ils veulent surtout défendre la zone humide comme leur nom l'indique. Treize hectares du projet concernent une zone humide à haute valeur environnementale. Alors que la défense de ces biotopes est inscrite dans la charte du Parc national des Landes de Gascogne. Elles doivent être "identifiées et préservées".

Il rappelle que les zones humides sont importantes à plusieurs titres.

  • elles ont un rôle hydrologique : elles retiennent l'eau l'hiver et la rejettent au printemps
  • elles luttent contre le réchauffement climatique car elles sont de véritables puits à carbone
  • elles sont riches en biodiversité avec notamment ici la présence de tout un écosystème remarquable à préserver.

Prochain conseil le 2 juin

La polémique n'est donc pas finie car le projet perdure. C'est pourquoi le collectif appelle " tous les élus à faire le nécessaire pour empêcher cette prolongation ou le renouvellement de sous-seing. De manière générale, nous dénonçons l'absence de communication de la part de la Communauté de communes du Val de l'Eyre, sur ce projet, et l'absence de débat démocratique".

La coordination Touche Pas A Ma Zone Humide compte donc être présente à la prochaine séance du conseil municipal de Belin-Beliet le 2 juin prochain (19h), pour distribuer cette lettre ouverte aux élus belinetois.