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Gironde : des vignes malades arrachées contre la volonté de leur propriétaire

Alain Déjean, viticulteur en biodynamie, s'oppose à l'arrachage de ces ceps de vignes contaminés par la flavescence dorée
Alain Déjean, viticulteur en biodynamie, s'oppose à l'arrachage de ces ceps de vignes contaminés par la flavescence dorée

Une parcelle de vignes contaminées par la flavescence dorée  en Gironde a été arrachée ce jeudi, aux frais de son propriétaire qui s'y opposait, a annoncé la préfecture dans un communiqué. Viticulteur en biodynamie, Alain Déjean s'étonne de cette décision préfectorale alors qu'il est en appel.  

Par Hélène Chauwin avec l'AFP

Ce n'est pas très agréable d'être réveillé par les gendarmes, qui plus est, armés. 

Alain Déjeans raconte avoir eu le sentiment de se sentir "comme Daesh". "Mais qu'est ce que vous voulez faire " ajoute-il.  

A 68 ans, il a assisté, impuissant, à l'arrachage de ses vignes. Un arrachage ordonné par la préfecture et effectué par la Fédération régionale des groupements de défense contre les organisations nuisibles d'Aquitaine (Fredon), explique cette dernière dans un communiqué :

Il "fait suite au refus du propriétaire de la parcelle d'effectuer les travaux nécessaires à la destruction des vignes contaminées par la maladie, (après) plusieurs mises en demeure infructueuses".

Le propriétaire de la parcelle, Alain Déjean, avait déposé une requête en annulation de cette obligation d'arrachage, mais il avait été débouté en novembre par le tribunal administratif de Bordeaux.

 


Joint par téléphone Alain Déjeans rappelle pourtant qu'il a fait appel de cette dernière décision

Cette administration qui fait de la destruction, de la démolition s'en tamponne de la justice. La justice n'a pas le temps de faire son travail. 

Selon la préfecture, la parcelle était contaminée à plus de 20% par cette maladie, une jaunisse de la vigne incurable. Pour enrayer sa progression, il faut lutter contre l'insecte qui la propage, la cicadelle.

"La lutte contre la flavescence dorée de la vigne et de son vecteur, la cicadelle, est obligatoire sur l'ensemble du territoire national", rappelle la préfecture qui précise que le code rural et de la pêche maritime "donne le pouvoir au préfet pour exécuter ou faire exécuter (...) la mesure d'arrachage". 

La réglementation en vigueur prévoit que la parcelle touchée soit arrachée en totalité lorsque le taux de ceps contaminés dépasse 20%.

Mais Alain Déjeans estime qu'aujourd'hui, seulement 15 de ces pieds sont malades. Viticulteur dans le Sauternais, il travaille en biodynamie et affirme avoir obtenu des résultats contre la flavescence dorée sans avoir pu officiellement en faire dresser le constat : 

Pendant 4 ans, on a fait des travaux, on a fait des recherches. La Draf considère que la flavescence dorée doit aussi être traitée par des neurotoxines. Allez respirer un bidon de neurotoxines ! On ne respecte pas le travail de l'agriculteur. On ne le laisse pas trouver ses propres solutions alors qu'avec le réchauffement climatique, des maladies deviennent résistantes. 


Et d'ajouter, amer : 

Dans le Sauternais, on ne veut plus de petits viticulteurs comme moi mais on n'achète pas les terres On attend que les viticulteurs sont à terre. 

Alain Déjean ne baisse pas les bras. Il replantera au printemps prochain. Il laisse la justice suivre son cours. 


Nous avions rencontré Alain Dejean en octobre 2018, juste avant l'examen de son dossier par le tribunal administratif.  

Revoyez son témoignage : 
 
Un viticulteur girondin refuse d'arracher sa vigne






 

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