Henri Sabarot : "l'ouverture de la chasse reste un moment de partage et de retrouvailles"

A la veille de l'ouverture de la chasse, Henri Sabarot, président de la Fédération départementale des chasseurs de Gironde, la plus importante de France a répondu à nos questions. 

Comment se présente la saison en Gironde ?
Henri Sabarot : Elle se présente sous de bons auspices. Le gibier est abondant. Le grand gibier (sanglier, cerf, chevreuil), presque trop. Quant au petit gibier sédentaire (faisan, perdrix, lapin, lièvre), les sociétés de chasse font de gros efforts que ce soit en matière d'aménagement du territoire avec la plantation de haies, la préservation de corridors écologiques dans les vignes qu'en matière de repeuplement des espèces. 

L'ouverture de la chasse est toujours un moment de retrouvailles, de convivialité, de partage de valeurs. 
 
C'est la première saison post-réforme que vous aviez combattue ...
Henri Sabarot : La fédération départementale avait voté contre cette réforme voulue par la fédération nationale pour trois raisons :
La première est budgétaire. La réforme a divisé par deux le prix du permis national (le baissant de 400 à 200 euros) mais le permis départemental n'a pas bougé. Or, c'est le plus répandu chez nous. Les "petits chasseurs" préfèrent rester près de chez eux et n'ont pas forcément envie de chasser sur tout le territoire. En Gironde, la chasse est très populaire. On a gardé la notion de partage. Le chirurgien chasse avec  l'ouvrier.  Le grand père avec le petit fils. Il n'y a pas de sélection pas l'argent. Cette réforme défavorise les petits chasseurs. 

La deuxième raison, c'est que l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui avait un rôle essentiel pour nous, va être fusionné à l'Agence française de la biodiversité dans un nouvel établissement, l'Office Français de la diversité. L'influence (dans le bon sens ), la parole des chasseurs vont être dilués.

Enfin le troisième point,  c'est l'entrée des nouvelles technologies (NDR : l'application chassadapt sur les smartphones va permettre aux chasseurs d'enregistrer leurs prélèvements en temps réel) qui ne correspond pas au profit de nos chasseurs.  


La LPO a dénoncé les quotas de chasse fixés qui ne préserveraient pas certaines espèces en déclin. 

Henri Sabarot : Il n'y a pas de polémique. On est habitué a ce genre de propos. Certaines espèces de gibier migrateur ont leur population en baisse mais leur aire de répartition s'étend du cercle polaire à l'Afrique. Prendre des mesures en France ne sert pas à grand chose sinon à jeter l'opprobre sur les chasseurs français. Alors qu'on organise en Afrique le tourisme cynégétique  en Afrique où l'on tue ces mêmes espèces. Cela crée de l'incompréhension dans le monde de la chasse. 
Il faut aller vers des postures raisonnées, protéger mais pas de n'importe quelle façon. Le chasseur doit continuer à jouer son rôle de régulateur des espèces".  




Retrouvez les dates de la saison 2019- 2020 : 

Décret dates de la saison de chasse 2019/20

La fédération départementale des chasseurs de la Gironde reste la première de France
Avec 38 000 permis, la Fédération de la gironde conserve sa première place. Même si le chiffre en baisse. La Fédération essaie de séduire les femmes, les jeunes et le public urbain.