Grève dans l'Éducation Nationale, les syndicats réclament des postes et de meilleurs salaires

Les salaires, les postes, les contraintes sanitaires: les raisons de la grève dans l'éducation nationale sont multiples. L'intersyndicale qui a déposé le préavis demande un plan d'urgence pour l'éducation.

Journée de grève et de protestation des enseignants à l'appel de l'intersyndicale FSU-FO-SUD-CGT Educ’Action. Les syndicats réclament de vraies négociations sur les salaires, la création de poste d'enseignants, de conseillers principaux d'éducation et de surveillants dans le secondaire, de psychologue et infirmiers scolaires ainsi que des assistants  et accompagnants d'enfants en situation de handicap. Dans la région, le mouvement est faiblement suivi. Seul chiffre communiqué ce matin, celui pour le pemier degré dans la Vienne avec seulement 3,4% de grévistes. Des appels à manifester ont été lancés dans la région, par exemple à Angoulême ce jeudi matin. Une centaine de personnes étaient ainsi rassemblées devant la cité administrative.

Dans le secondaire, il manque des enseignants, des surveillants, des conseillers principaux d'éducation...

Ce jeudi matin dans les cortèges de manifestants, les syndicats déploraient une rentrée difficile dans l'académie. Un motif de mécontentement : le manque de postes dans le secondaire. Dans l'académie de Poitiers, il manque 150 enseignants et l'Éducation Nationale a du mal à trouver des contractuels pour assurer la présence d'un enseignant devant les élèves.

Olivier Brunaud, responsable des lycées et collèges au syndicat Force Ouvrière de Charente dans le cortège charentais, explique :" C'est une rentrée catastrophique qui est inédite parce que dans de nombreux établissements, il manquait des enseignants dès le jour de la rentrée, le 2 septembre, et il en manque encore aujourd'hui." Pour lui, c'est la suppression de 1.800 postes dans l'Éducation Nationale qui est la cause du problème.

Et les contractuels arrivés en catastrophe dans les établissements pour assurer les cours ne travaillent pas dans les meilleures conditions, comme l'explique  Sylvie Polloni du syndicat Sud-Éducation en Charente :" Les contractuels sont une main-d'oeuvre exploitée, il découvrent la profession sans préparation, ils sont extrêmement mal payés et surtout tardivement payé.". Le nombre de candidats en baisse aux concours du CAPES notamment explique aussi la difficulté à trouver des enseignants.

Outre les postes d'enseignants, les établissements ont du mal à trouver des assistants d'éducation et parfois des conseillers principaux d'éducation.  

Des revendications salariales malgré les annonces du ministre

À la faveur de la campagne présidentielle et notamment des déclarations de la candidate socialiste à la présidentielle, Anne Hidalgo, la question des salaires des enseignants est revenue sur le devant de la scène. Un rapport de l'Office de Coopération et de Développement Économiques, l'OCDE a récemment montré que les salaires des enseignants français étaient en retard par rapport à d'autres pays européens.

Le ministre de l'Éducation Nationale ne partage pas cette analyse, même s'il reconnait des retards dans la réévalution. Il défend son action au ministère avec un objectif de 2.000 euros nets minimum pour tous les enseignants en 2024.

Selon les chiffres publiés par le rectorat de l'Académie de Poitiers, le mouvement de grève a été suivi par 12,1% des enseignants du premier degré et  1,8% des enseignants du second degré.

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