Elections législatives : les dissidents de la macronie en Limousin

Publié le Mis à jour le
Écrit par Franck Petit

5 candidats dissidents de « Renaissance », se présentent aux législatives en Corrèze et Haute-Vienne. Leur candidature risque d'affaiblir ceux qui ont été officiellement investis.

En France, 91 membres de la République En Marche ont été exclus du parti à la suite de candidatures dissidentes ou d’un soutien affiché à un candidat non investi.

Pierre Venteau, député sortant de la seconde circonscription de la Haute-Vienne en a fait les frais. Il soutien officiellement Jean Luc Bonnet.  

La liste des 4 adhérents LaREM, candidats dissidents exclus en Limousin :

Jean Luc Bonnet, maire du Vigen, qui se présente dans la seconde circonscription de Haute-Vienne.

Françoise Robert, adhérente LaREM, qui se présente dans la seconde circonscription de Corrèze.

Nazih Saboune, qui se présente dans la troisième circonscription de Haute-Vienne.

Anne Cécile Gauvain, qui se présente dans la troisième circonscription de Haute-Vienne.  

Contre les parachutages

Vincent Léonie n’est pour l’heure attaché à aucun parti, ce qui lui a évité de se faire exclure. Le maire adjoint de Limoges et vice-président de Limoges métropole a décidé de se présenter dans la troisième circonscription de la Haute-Vienne. Il sera opposé à Geoffroy Sardin, un candidat « Renaissance » parachuté.

J’avais moi-même demandé l’investiture En Marche, et je pensais que le président ferait vraiment le choix de candidats de terrain. La logique aurait voulu qu’on investisse des gens capables de représenter les petites campagnes en colère, qui ont tendance à voter pour les extrêmes. Je souhaite envoyer un message à Emmanuel Macron. On ne peut pas décider de tout en verticalité.

Vincent Léonie, candidat DVC dans la troisième circonscription de la Haute-Vienne

Vincent Léonie ajoute qu’il ne se considère pas comme un dissident : « Si on a choisi le mauvais candidat, c’est pas de ma faute. L’assemblée nationale est l’assemblée de la nation, pas celle des partis et des lobbies. Et la nation c’est nous, c’est vous, c’est moi et c’est ici.»  

Opportunisme

Jean Luc Bonnet, maire du Vigen et candidat dissident, se bat de son côté contre une jeune femme dont l’investiture a surpris tout le monde dans la seconde circonscription de la Haute-Vienne.

Shérazade Zaiter ne vient pourtant pas de très loin : elle habite Limoges. Elle a été élue  sur la liste de Thierry Miguel aux dernières municipales. Elle a adhéré au PS avant de rendre sa carte puis a été investie par LaREM sur un quota modem, surprenant bon nombre de militants de ce parti. Ce qui fait dire à Pierre Venteau, député sortant de la seconde circonscription : « C’est une girouette photosensible qui va là où est la lumière ».

Jean Luc Bonnet ajoute : « Avec tout le respect que je lui dois, elle ne connait pas le territoire et n’y a aucune attache particulière ».

Le maire du Vigen se dit soutenu par le monde économique et politique de son territoire.  

Horizon

L’investiture d’Olivier Bonnie semble avoir été refusée pour une toute autre raison dans la première circonscription de Corrèze.

Il est encarté chez Horizon, le parti d’Edouard Philippe et le soutien mordicus. On sait que les relations entre Emmanuel Macron et son ancien premier ministre sont tendues.

Olivier Bonnie se considère cependant légitime sur son territoire : « La plus grande des noblesses en politique est d’aller devant les électeurs. »  

Renaissance affaibli

Si les arguments des candidats dissidents peuvent paraître recevables, ils risquent fort de favoriser les candidatures extrêmes à droite comme à gauche.

Les dernières études commandées par les partis politiques montreraient que la majorité présidentielle va perdre 10 à 15 points par rapport à 2017.

Le réservoir de voix ne serait donc pas suffisant pour permettre aux candidats investis d’accéder au second tour avec des dissidents face à eux.