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Haute-Vienne : un collectif d’artistes veut faire revivre le village abandonné de Courbefy le temps d’une fête

Le village de Courbefy, en Haute-Vienne, est abandonné depuis les années 80. / © F3 Limousin
Le village de Courbefy, en Haute-Vienne, est abandonné depuis les années 80. / © F3 Limousin

Un collectif d’artistes, la République autonome et volontaire des Champions, veut organiser une fête à Courbefy le 13 octobre, pour protester contre l’abandon de ce site, à l’histoire très mouvementée.
 

Par Richard Duclos avec Hugo Lemonier

Des maisons vides, la végétation qui gagne du terrain : le village de Courbefy, en Haute-Vienne, est encore et toujours à l’abandon. Un spectacle qui en désole certains, à commencer par le collectif d’artistes de la République autonome et volontaire des Champions. Celui-ci a en effet décidé de faire revivre le village, le temps d’une " grande fête à énergie positive" le samedi 13 octobre.

Un événement à la portée militante, comme on peut le lire sur la page Facebook du collectif :
 

Ce patrimoine inestimable laissé à l'abandon est le reflet de cette ruralité qui se meurt dans l'indifférence et apparemment la complaisance des politiques locales Plus qu'un reflet Courbefy est bien un symbole de l'abandon du patrimoine rural.
 

"Privatiser un site d’exception, déjà ça pose question, mais le privatiser pour l’abandonner, ça pose encore plus question", nous déclare Damien, ambassadeur du collectif.
 


Village maudit ?


Les artistes connaissent bien le site. Et pour cause : ils ont tenté de s’y installer en 2015, mais se sont faits expulser après deux semaines pour occupation illégale.
 


La famille du propriétaire, décédé, souhaitait semble-t-il poursuivre son projet d’y créer une cité dédiée à l’art, ouverte au public. Seulement voilà, trois ans plus tard, toujours rien à l’horizon. Comme si la malédiction de Courbefy se poursuivait.

Abandonné dans les années 80, le village a été vendu quatre fois : à chaque fois les projets ont fait faillite. Finalement, en 2012, il est mis aux enchères, ce qui lui vaut d’être évoqué dans les médias du monde entier. Pour 520 000 euros, c’est un milliardaire Sud-Coréen qui rachète le hameau. Mais le sulfureux Yoo Byung-Eun, alias Ahae, connu pour plusieurs scandales dont des détournements de fonds, n’aura pas le temps de profiter de son acquisition : il est retrouvé mort en juin 2014, dans des circonstances mystérieuses quelques temps après le naufrage du ferry Sewol, dont il était propriétaire. Au moment de son décès, l’homme d’affaires était recherché par la police, qui enquêtait sur ce naufrage ayant fait plus de 300 morts.
 


"On fera exactement le projet prévu par mon père"


Depuis, sa succession est entre les mains de la justice coréenne. Et le sort du village est en suspens. "Le fils est venu il y a quelques mois, explique Bernard Guilhem, maire délégué de St-Nicolas-Courbefy. Il m’a assuré "lorsque tout sera fini, on fera exactement le projet prévu par mon père"." Mais le mystère demeure autour de ces fameux propriétaires. Leur unique société en France n'est qu'une simple boite aux lettres, domiciliée à deux pas des Champs Elysées à Paris. 

 
Haute-Vienne : un collectif d’artistes veut faire revivre Courbefy, village abandonné, le temps d'une fête
Reportage : Hugo Lemonier, Jean-Marie Arnal et Antonio Dos Santos Avec : Damien, ambassadeur de la République autonome et volontaire des Champions ; (par téléphone) Bernard Guilhem, maire délégué de St-Nicolas-Courbefy  - France 3 Limousin - Reportage : Hugo Lemonier, Jean-Marie Arnal et Antonio Dos Santos




 

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