Haute-Vienne : la coupe des sapins à Noël, un moment crucial pour les producteurs

© France 3 Limousin
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En plein mois de décembre, les producteurs de sapin s'activent pour livrer à temps leur marchandise. C'est le cas à Neuvic-Entier, en Haute-Vienne. 

Par Victor Lengronne

"C'est la bousculade." Michel Serrut ne s'arrête pas. A 71 ans, il continue de s'activer au sein de l'entreprise de sa femme, productrice de sapins. Michel s'y consacre depuis plus de trente ans à Neuvic-Entier, en Haute-Vienne. 

Noël représente forcément une période où le timing est primordial. Pas le droit à l'erreur. Des saisonniers sont ainsi employés pour une courte période. "Sans les saisonniers, il n'y a pas de sapins", déclare simplement Willy Graziano, qui entame sa deuxième année. Il est d'ailleurs compliqué de trouver de la main d'oeuvre. 
 

De la force et de l'endurance


Notamment car le travail effectué est exigeant. "Il faut une certaine polyvalence, de la force, de l'endurance, on travaille sous la neige, la flotte", poursuit M. Graziano.

Ce dernier détaille les étapes : "Couper les sapins en forêt, les tirer à la main, les emballer, les trier et les mettre ou non dans des goulottes... Il faut être physique et intelligent."
 

90 % de sa production impactée par la sécheresse


D'autant que les conditions n'ont pas été optimales pour Michel ces derniers mois. La sécheresse cet été continue de plomber ses productions. 60 % impactée en 2018, 90 % en 2019. 

"La canicule depuis deux ans, c'est une catastrophe. Dans 5-6 ans, ce sera plus difficile, je pense qu'il y aura un manque de production", déclare l'homme de 71 ans, qui craint d'avoir des sapins de mauvaise qualité en cas d'importation. "C'est plus facile de les avoir sur place."
 

"On voulait de l'eau, on en a eu trop"


La châleur donc, mais aussi la pluie. "Il a beaucoup plu. On voulait de l'eau, on en a eu trop d'un coup", regrette celui qui dirige les opérations et qui est notamment chargé de tailler et de traiter l'arbre, sans désherbants, durant l'année.

Si l'on ajoute le prix, qui n'augmente pas, et des frais d'entretien toujours plus élevés, l'avenir des sapins, qui se vendent autour de 30 €, n'est pas au beau fixe. Ce sont pourtant eux qui prennent place l'instant d'un mois dans le salon des habitants français.
 
 

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