L'affaire Henri Nanot vers un procès en révision ?

Jean-Jacques Nanot a écrit ce livre à partir des notes laissées par son père Henri Nanot, accusé d'avoir commis un attentat en 1957 en Corrèze. / © Franck Petit
Jean-Jacques Nanot a écrit ce livre à partir des notes laissées par son père Henri Nanot, accusé d'avoir commis un attentat en 1957 en Corrèze. / © Franck Petit

Depuis une trentaine d’années, Jean-Jacques Nanot se bat pour faire réhabiliter la mémoire de son père. Il vient de publier un nouvel ouvrage d’après un manuscrit laissé par son père Henri Nanot qui clamait son innocence. Jean-Jacques Nanot envisage de demander un procès en révision.

Par Marine Guigné

C’est à partir d’un recueil manuscrit caché dans une panière, sous un tas de chiffons par la mère d'Henri Nanot, à sa demande, lorsqu'il fut arrêté en 1957, que Jean-Jacques Nanot a écrit « Chamberet, le complot contre la résistance ».
Un ouvrage que vient de publier une maison d’édition corrézienne, les éditions du pays vert. Un récit qui plonge dans les eaux troubles du passé.
 

Erreur judiciaire ?


La vie d'Henri Nanot bascule en 1957 lorsqu'à Masseret en Corrèze, une bombe endommage la maison de Marcel Champeix. Un homme politique issu des rangs de la SFIO puis du PS, sénateur de Corrèze et Secrétaire d'État aux affaires algériennes. Henri Nanot, que son engagement pour l'indépendance de l'Algérie et ses sympathies socialistes, puis communistes, rendent suspect, est accusé d'avoir posé l'engin.


La police l'arrête et l'interroge tellement brutalement qu'il est admis à l'hôpital de Limoges avec entre autres, une jambe cassée. En 1958, la cour d’assises de Tulle reconnaît coupable Henri Nanot de cet attentat, malgré le soutien de son ami, André Breton. L’homme qui clame son innocence est condamné à 5 ans de prison, il ne s’en remettra jamais.


Il meurt en 1962 après avoir été transféré de prisons en hôpitaux psychiatriques :
 
 A la suite de séances d'électrochocs et de traitements particulièrement violents à l’hôpital de Naugeat à Limoges



 Des confidences et de nouvelles pistes


C'est la thèse de son fils, engagé depuis 30 ans dans une quête de vérité sur cette sombre histoire. Henri Nanot était un paysan et un écrivain libertaire. En 1945, il raconte dans un livre intitulé « Scènes de la vie du maquis » son passé de maquisard limousin.

Jean-Jacques Nanot et son éditrice considèrent que :
 
  Ses tortionnaires sont les mêmes qui luttaient contre Georges Guingouin, le préfet du maquis qui libéra Limoges


 

Réhabiliter la mémoire de son père



Ils envisagent de demander aujourd’hui un procès en révision. Une requête qui, ils le savent, a très peu de chance d’aboutir.


Une pétition en ligne pour la réhabilitation de la mémoire d'Henri Nanot a été adressée à la garde des Sceaux Nicole Belloubet.

 
Affaire Henri Nanot : son fils envisage un procès en révision
La vie d'Henri Nanot bascule en 1957 lorsqu'à Masseret en Corrèze, une bombe endommage la maison de Marcel Champeix, sénateur de Corrèze et secrétaire d'État aux affaires algériennes. Henri Ninot, paysan libertaire sera condamné à 5 ans d’emprisonnement. Convaincu de son innocence, son fils envisage de demander un procès en révision car selon lui, des témoignages pourraient étayer la thèse de l’erreur judiciaire. Reportage à Treignac en Corrèze de Franck Petit, Raphaël Abd El Nour, Xavier Beaudlet. Intervenants : Sylvie Ledoux, éditions du pays vert ; Jean-Jacques Nanot, fils d'Henri Nanot ; Jean-Christophe Romand, avocat pénaliste.

 

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