Coronavirus : les soignants du Limousin sur le pied de guerre

Réunion entre hôpitaux, cellules de crises…  Tous les professionnels de santé s’organisent avant l’arrivée d’une première vague de malades prévue en fin de semaine.
 

Le CHU de Limoges a bouleversé son organisation.
Le CHU de Limoges a bouleversé son organisation. © France 3 Limousin
"La vague monte en puissance, mais de manière moins significative que dans beaucoup d’autres régions." Ce sont les mots du directeur de l’Agence Régionale de Santé (ARS), Michel Laforcade, lors d’une conférence de presse organisée ce mardi 17 mars à Bordeaux.

 

Une région encore préservée


En effet, les services de réanimation des hôpitaux limousins sont à l’heure actuelle encore préservés, alors que les hôpitaux alsaciens de Mulhouse et Colmar font déjà face à une véritable saturation.
Selon les prévisions, qui se basent sur les expériences des pays déjà touchés, une vague de cas de coronavirus devrait arriver en Limousin à la fin de semaine. Les services hospitaliers et les médecins généralistes se préparent donc à l’affronter.
   

Un étage dédié au CHU


Au CHU de Limoges, toutes les opérations non urgentes sont déjà déprogrammées.
Il s’agit de garder à disposition un maximum d’appareils de respiration artificielle pour prendre en charge les cas graves d’insuffisance respiratoire. Ceux qui se trouvent dans les blocs opératoires pourraient être utilisés.
En plus, un étage de l’hôpital a été libéré pour accueillir en hospitalisation les patients qui en auront besoin.    

A la polyclinique de Limoges, les opérations ont aussi été déprogrammées.
Dans un premier temps, l’établissement prendra en charge toutes les urgences hors coronavirus. Mais dans un second temps, si la vague est trop forte, des cas de Covid 19 pourraient y arriver.

Enfin, la médecine de ville se réorganise également.
Selon l’ARS, l’accent sera mis sur la télé consultation pour voir un maximum de patients avec un maximum de sécurité, en évitant aussi les déplacements. A Limoges, un site physique dédié devrait voir le jour, pour recevoir uniquement des patients dont les symptômes correspondent à ceux du coronavirus. Le dispositif précis devrait être dévoilé jeudi soir, le temps de consolider tous les aspects du projet.

 

Nouveaux arrivants, nouveaux malades ?


Des questions restent posées : beaucoup d’habitants de la région parisienne semblent actuellement migrer vers les zones plus épargnées. Selon Michel Laforcade, beaucoup de villas du basin d’Arcachon ont récemment rouvert leurs volets…
Dans ces conditions, le virus pourrait arriver plus vite que prévu. Les autorités de santé disent « observer le phénomène avec attention ».

Autre inconnu : des cas graves qui ne peuvent plus être pris en charge dans les régions les plus touchées pourraient arriver dans les hôpitaux encore préservés de Nouvelle Aquitaine.  Même si cela peut impacter le nombre de prises en charge, cet effort de solidarité nationale semble incontournable, et le directeur de l’ARS Michel Laforcade le dit sans ambages : il ne sert à rien de s’occuper de lits qui sont vides.
En retour, on peut imaginer qu’une fois la crise passée en Alsace, ses hôpitaux pourraient venir soutenir d’autres régions.

 

"On a moins d’appels farfelus"



Une bonne nouvelle : selon le responsable du SAMU 87 Dominique Cailloce, l’usage du 15 s’améliore. Il détaille : "On a moins d’appels farfelus. Les gens sont plus raisonnés. Il y a un sentiment dans la population qui est en train de changer."
Concrètement, on appelle le 15 quand on est professionnel de santé et qu’on est malade, ou quand on a des symptômes graves. Pour un simple avis médical ou un arrêt de travail, on se tourne simplement vers son médecin traitant, et il ne sert à rien de dépister tout le monde : "La plupart du temps, ça se soigne comme une grippe."

 

Et pour les personnes âgées ?


Selon nos informations, il n’y a pas de situation de crise dans les Ehpad de la région.
Là aussi, les gériatres se préparent. Pour l’instant, comme pour la population générale, le mot d’ordre est le confinement, avec toujours une interdiction des visites.
Les cas sans gravité devraient rester dans les Ehpad avec des mesures d’isolement. Des hospitalisations peuvent avoir lieu dans un secteur dédié. Enfin un protocole est actuellement mis en place pour que les personnes âgées n’aient pas de perte de chance en cas de réanimation.

Tous les services de santé semblent donc mobilisés.
Le but est aujourd’hui d’aplanir au maximum la vague, pour éviter le tsunami.

 
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