Début de la campagne de lutte contre le moustique tigre en Limousin

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Écrit par Nicolas Chigot

L'ARS lance comme chaque année une campagne de surveillance et de lutte contre le moustique tigre. Implanté en Haute-Vienne et en Corrèze, il prolifère un peu plus chaque année. Sans l'éradiquer, le but est de limiter sa présence.

Apparence : rayé noir et blanc, taille : 5 mm, piqûre douloureuse, actif pendant la journée. Le moustique tigre est l'une des cent espèces les plus invasives au monde. 54 communes de plus colonisées en un an en Nouvelle-Aquitaine. En Limousin, seule la Creuse est épargnée par ce déploiement. Pour la Haute-Vienne, seule une commune est officiellement touchée : Saint- Yrieix-la-Perche. Des trois département de l'ex-Limousin, le culicidé a préféré la Corrèze. Il y est présent dans 12 communes, 2 de plus cette année.

A Brive, une expérimentation est lancée pour limiter la prolifération du moustique. 135 pièges sont déployés dans deux quartiers de la ville. Christian Massèdre est référent. Le voila dans le jardin d'une de ses voisines avec une boite cylindrique. 

"Il y a un réservoir avec de l'eau qui attire les moustiques avec des végétaux en décomposition à l'intérieur. Pour les piéger une partie plastique autocollante qui piège les moustiques femelles. On va le déposer dans un endroit à l'ombre".

Depuis 3 ans les plaintes des habitants sont récurrentes. Contrairement au moustique commun le tigre peut vous piquer 10, 20 fois d'affilée. La ville a donc investi 10 000 euros dans ces pièges. Si l'expérimentation fonctionne, ils pourraient être déployés dans tous les jardins. 

Présent depuis les années 2000 en France, le moustique tigre, originaire d'Asie du Sud-Est ne cesse de s'étendre. Vous pouvez d’ailleurs participer à son recensement via ce lien

L'ARS coordonne la lutte depuis 2020  et lance du 1er mai au 31 octobre la saison de la surveillance. Objectif : recenser, empêcher la propagation de virus transmis par le moustique et sensibiliser la population. L'occasion de faire quelques rappels importants. Quelques gestes permettent de freiner sa prolifération. 

Adopter les bons gestes

Des rappels que l'ARS charge plusieurs opérateurs de porter. En Limousin, c'est la société Altopictus et le laboratoire Qualyse, chargés d'installer des pièges à moustique et de vérifier les signalements de la population.

Il faut éviter à tout prix d'offrir une zone de ponte pour les femelles. Elles n'ont besoin que d'un peu d'eau stagnante.

"C'est la grande particularité de ce moustique. Ses gîtes larvaires sont liés à la présence humaine. En France nous étions habitués au moustiques qui pondent dans les marres, les marais, les marécages. Avec le tigre ce n'est pas le cas, il faut adopter une nouvelle culture du moustique" explique Delphine Binet, responsable de l'agence de Mérignac pour Altopictus. Il faut donc adopter des nouveaux gestes.

Pensez donc à vider tous les endroits pouvant se remplir d'un peu d'eau de pluie. Certains sont faciles à déceler : cendriers, brouettes, arrosoirs, les plis des bâches, les pluviomètres. D'autres plus ardus : rigoles couvertes d’une grille, bonde et évacuation des fontaines et évier d'extérieur, les réserves d'eau même fermées (les moustiques passent par les gouttières). Pour les coupelles sous les pots de fleur : mettez y du sable. La plante pourra puiser l'eau sans que le moustique puisse pondre. 

"Il faut en prendre l'habitude, se fixer un petit rituel de vérification une fois par semaine" préconise Delphine Binet. 

L'évolution a rendu la technique de reproduction de ces moustiques redoutable d'efficacité. La femelle sait anticiper les endroits où l'eau va stagner. Elle pond jusqu'à 200 œufs en 12 jours. Des œufs qui se conservent plusieurs mois. Dès lors qu'ils sont immergés dans l'eau, ils donnent naissance aux moustiques en 5 jours. Les priver d'eau est donc la seule solution. 

Une technique très efficace puisque ces moustiques sont plutôt casaniers. Ils se déplacent rarement dans un rayon de plus de 150 mètres autour de la zone qui les a vu naître. "Le moustique qui vient de vous piquer est donc certainement né dans votre jardin" explique l'ARS. Eviter de vous faire piquer est donc à votre portée. 

Problème de santé publique

Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour les autres. En dehors des nuisances, la prolifération de ces moustiques est en effet un problème de santé publique. Il sont potentiellement vecteurs de la dengue, du chikungunya, ou du Zika. En 2020, en Nouvelle Aquitaine, 61 cas de Dengue ont été signalés (19 en 2021). A chaque fois, des personnes contaminées à l'étranger. Des virus que les moustiques locaux pourraient propager. A Bergerac en 2019, un cas de dengue avait entraîné une opération de démoustication dans les rues la nuit. Même chose l'an dernier en Corrèze, à Ussac. "Nous prenons les précaution pour éviter le déclenchement d'une épidémie. Un insecticide qui ne vise que les moustiques adultes est pulvérisé dans un périmètre de 150 mètres autour du domicile du patient", confie Delphine Binet. 

Une fois installé dans une commune, il est impossible d'éradiquer le moustique tigre. Tout le territoire va donc bientôt être concerné. Il faut apprendre à vivre avec.