Grève SNCF : j’ai pris un bus Macron

Un bus Macron / © Max PPP
Un bus Macron / © Max PPP

Pour se déplacer de Paris à Limoges, un journaliste de France 3 Limousin a  emprunté un bus Macron en raison de la grève des trains.

Par Franck Petit

Il est 22h00. Je suis à l’aéroport de Roissy, et tente de trouver le quai sur lequel doit stationner mon bus. Il arrive à l’heure prévue. L’équipage est composé de deux personnes : le chauffeur et son aide.

Je suis le seul à embarquer à cet endroit. L’aide range ma valise dans l’un des coffres et plante immédiatement le décor :

Vous pouvez me solliciter pendant tout le trajet. Je suis à votre disposition pour vous vendre par exemple des boissons. La petite bouteille d’eau coûte 1 euro.


Avec beaucoup d’humour, le chauffeur ajoute :

Il n’est par contre pas conseillé de me déranger car de mon côté, je dors.

Le terminus du bus est à Toulouse avec un arrêt à Paris Bercy. Nous prenons la route.

Arrivée à Paris

Le bus se remplit à la gare routière de Paris-Bercy. Les passagers sont pour la plupart très jeunes. Ma voisine est une jeune fille qui part à Toulouse en compagnie de sa mère.

Ce soir-là, il n’y a plus aucune place disponible. L’aide du chauffeur prend la parole pour les consignes de sécurité. Il est impératif d’accrocher sa ceinture, sans quoi l’amende est pour le passager en cas de contrôle. Il ajoute :

Je tiens à remercier le SNCF sans qui ce bus ne serait pas plein. Cette grève permet à beaucoup d’entre vous de découvrir notre compagnie. Nous espérons vous revoir très prochainement.
 

Le voyage

Certes, le voyage jusqu’à Limoges va durer 5h50, mais il ne coûte que 39 euros. Pas cher par rapport à un billet de train pris le jour même.

Peu à peu, les passagers arrivent à trouver le sommeil. Les plus malins d’entre eux ont amené leurs oreillers. J’arrive à caler ma tête contre la fenêtre, mais au bout de quelques dizaines de minutes, je m’en tire avec un bon torticolis. Pas facile de dormir dans un bus Macron.


Une petite pause

En arrivant au nord du département de la Haute-Vienne, le bus s’arrête dans une station-service pour une petite pause bien méritée pour les fumeurs.

Ceux qui ne supportent pas les toilettes qui se trouvent dans le véhicule peuvent aussi se soulager.

Un petit groupe de jeunes Anglais ne semble pas très affecté par le voyage. Il est 3h30 du matin, et ils sont pris d’un fou rire sur le parking.

Limoges, 5 minutes d’arrêt

A 4h10 précises, j’arrive à Limoges où je suis le seul à descendre avec un autre passager. La difficulté est alors de retrouver sa valise sous la montagne de bagages qui se trouve dans les soutes. Il faut se débrouiller seul, en retirant les sacs des autres voyageurs, avant de les remettre en place.

Une dernière difficulté avant de rentrer à la maison : trouver un taxi. Pour cela, il faut traverser le hall de la gare SNCF qui à cette heure-là est fermée. J’ai de la chance : j’aperçois un cheminot qui accepte de m’ouvrir !

Quelques minutes plus tard, j’arrive à la maison ! Fin d’un voyage dont je mettrai deux jours à me remettre ! Pas facile de vieillir !

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