La grève dans l'Education nationale sera très suivie en Limousin ce jeudi 13 janvier, une intersyndicale allant même jusqu'aux chefs d'établissements se mobilise

Publié le Mis à jour le
Écrit par Nassuf Djailani
Une intersyndicale appelle à une manifestation devant le rectorat de Limoges pour protester contre la gestion de la crise sanitaire dans l'éducation nationale.
Une intersyndicale appelle à une manifestation devant le rectorat de Limoges pour protester contre la gestion de la crise sanitaire dans l'éducation nationale. © France Télévisions

C’est un ras-le-bol général qui ressort des entretiens avec les syndicats des personnels de l’Education nationale et agricole. Même l’organisation syndicale des chefs d’établissements, voire même celle des inspecteurs académiques appellent à la grève. Leur colère se cristallise autour de la gestion de la crise sanitaire.

« Ce que j’entends autour de moi c’est que la mobilisation va être très forte, avec beaucoup d’écoles fermées dans le 1er degré en Corrèze prévient Bruno Duniau, Secrétaire Régional Adjoint Académique Nouvelle-Aquitaine. C’est en réalité tout le personnel de l’éducation qui va débrayer ( des enseignants, en passant par les chefs d’établissement, les inspecteurs, personnels administratifs, les infirmières scolaires). Fait rare, tous les inspecteurs de l’Education nationale en Corrèze vont se mobiliser, ce qui ne s’est jamais vu dans l’histoire de mémoire de militants, c'est dire si le malaise est profond.

Dans le 1er degré

 

D’après le SNUIPP 87, il y aura pour sûr beaucoup d’écoles fermées, « environ 43 écoles fermées en Haute-Vienne. Une forte mobilisation, un taux de grévistes estimé à plus de 70% dans le 1er degré, ça peut augmenter » en Haute-Vienne. Les manifestants se donnent rendez-vous à 11h devant le rectorat, avec banderoles et affiches pour dire leur mécontentement. 

Le mot d’ordre de la grève c’est sur l'expression d'une forte colère contre « la gestion catastrophique de la crise sanitaire, rappelle Marie-Mélanie Dumas, co-secrétaire du SNUIPP 87, mais aussi sur le protocole sanitaire toujours plus allégé alors que la crise augmente, l’impréparation des personnels qui sont toujours mis devant le fait accompli en apprenant les mesures par la télé. Sans oublier la question des moyens, plus assez de remplaçants pour assurer la classe, avec une crise de remplacement inédite, surtout en période de pandémie » s’exaspère la syndicaliste. 

« Dans mon école hier par exemple, à l’école élémentaire Jean-Le Bail à Limoges, il y avait quatre classes renvoyées à la maison à cause de cas positifs dans les classes. Et très peu d’élèves ont pu se fournir en autotest pour savoir s’ils pouvaient reprendre la classe ou pas », témoigne l’enseignante. Les pharmacies certes peuvent fournir les autotests gratuitement, mais « à condition d’en avoir suffisamment en stock. Ça met en difficulté les milieux les plus fragiles, car les gens n’ont pas forcément les moyens d’aller s’en procurer ailleurs dans la ville, les parents ne sont pas forcément tous véhiculés ».

Pour la responsable syndical, « l’accès à l’information laisse à désirer, le corps enseignant découvre les annonces à la télé, en même temps que tout le monde, le lendemain, on apprend par l’inspection que les mesures annoncées le lundi ne seront mises en application que le vendredi, mais que c’est d’ores et déjà en vigueur puisque tout le monde l’a appris en même temps », regrette-t-elle.

« Tenez, il y a l’exemple, d’un parent qui nous demande de lui fournir une attestation de l’école pour avoir des autotests gratuits mais ces attestations n’existent pas encore. On ne sait pas si c’est au directeur ou directrice d’école de les inventer ! C’est invraisemblable ! ». 

Second degré

 

A Limoges, pour Christophe Tristan, co-secrétaire de la FSU 87, il y aura également une  forte mobilisation dans le second degré. « Il y a un ras-le-bol sur l’absence de masques dans les établissements, les capteurs CO2 qu’on nous a promis, et qui n’arrivent pas. Sans oublier qu’il y a des établissements où on n’a pas les moyens d’aérer les salles de classes » détaille-t-il. « On n’en peut plus de ce protocole qui change tout le temps, et qui est inapplicable. On sent bien une désorganisation au niveau de l’Education nationale qui allège le protocole en mettant en avant le fait que le variant Omicron fait moins de victimes que les autres variants, alors qu’il y a encore des morts. On nous fait prendre des risques d’aller devant les élèves, alors qu’on n’a pas les masques suffisants, le gel, et les capteurs CO2 » insiste l’enseignant. D’ores et déjà, ajoute-t-il « on sait que le Collège d’Isle, Jean Rebier, ainsi que le collège Maurice Genevoix à Couzeix vont être fermés pour cause de grève ce jeudi. Le lycée professionnel Saint Exupéry sera également fermé"

Circuit

 

La manifestation s’élancera du rectorat et le circuit les mènerait vers la Préfecture, mais rien de très précis n’est encore décidé, tout dépendra du nombre de manifestants. Les parents d’élèves sont aussi sympathisants de la grève. Ce qui fait dire que le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer « aura réussi une chose inouïe, c’est de liguer tout le monde contre lui », tranche Christophe Tristan de la FSU. En effet, l’ensemble des syndicats de l’Education (Education nationale et éducation agricole) vont battre le pavé ce 13 janvier. De mémoire de militants, c’est inédit depuis très longtemps. 

Une intersyndicale allant de la CGT, en passant par FO, Sud, la FSU, UNSA tient une conférence de presse commune ce mercredi 12 janvier au Snes Fsu à Limoges pour communiquer sur les raisons de la grève de ce jeudi.

A Limoges, le point de ralliement de tous les manifestants, c'est devant le rectorat. Une délégation sera reçue par le directeur de cabinet de la préfète de la Haute-Vienne, « puisque la rectrice fait la sourde oreille » conclut dans une pique le co-secrétaire de la FSU 87. 

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