Le casse-tête des autotests pour les élèves dans les pharmacies de Haute-Vienne

Publié le Mis à jour le
Écrit par Jean-Martial Jonquard
Les parents d'élèves cas-contacts peuvent recevoir trois autotests gratuits en pharmacie pour leurs enfants. Mais la mise en place du système n'est pas aisée.
Les parents d'élèves cas-contacts peuvent recevoir trois autotests gratuits en pharmacie pour leurs enfants. Mais la mise en place du système n'est pas aisée. © Jean-Martial Jonquard/France Télévisions

À la suite des annonces du premier ministre Jean Castex lundi soir, aménageant une nouvelle fois les règles à l’école notamment pour les élèves cas-contacts, les pharmacies de Haute-Vienne, qui doivent désormais délivrer trois autotests gratuits pour les enfants, ont connu une mise en place plus ou moins compliquée. Cela devrait s’arranger la semaine prochaine.

Si vous êtes parents, et que vous arrivez à suivre l’évolution des protocoles, vous le savez sûrement : à l’heure (voire à la minute…) où ces lignes sont écrites, si votre enfant est cas-contact, vous le récupérez désormais à la fin de la journée et vous partez pour un (semi) marathon de trois autotests pour votre enfant. 1er autotest le jour même, puis à J+2 et à J+4, sans plus avoir besoin d’un PCR ou d’un antigénique pour le premier de cette série.

De même, dès le 1er autotest effectué (s’il est bien sûr négatif), une simple attestation sur l'honneur permet de renvoyer votre enfant à l’école.  

Des autotests qui doivent être distribués gratuitement aux parents, exclusivement en pharmacie, sur présentation d’une attestation (décidément…) fournie par l’école.  

Voilà pour la théorie.  

Car dans la pratique, depuis ces annonces du premier ministre lundi 10 janvier dernier, et comme bien souvent depuis le début de cette pandémie de Covid-19, les choses ne sont pas aussi simples…

Les annonces ont eu lieu lundi soir. Et dès mardi matin, cela a été une ruée des parents dans les pharmacies, alors que nous n’avions pas reçu les modalités d’application, et que nombre d’écoles appliquaient encore l’ancien protocole

Marion Lemaire, co-présidente de l’ordre des pharmaciens de la Haute-Vienne

Des pharmacies qui se sont retrouvées face à de nombreux problèmes logistiques.

Tout d’abord, il y a eu la question de la disponibilité de ces autotests.
Certaines, et notamment les plus petites, étaient en rupture de stock, et ont eu des difficultés à s’approvisionner.
C’était plus simple dans les plus grosses officines, soit qu’elles aient pu anticiper les commandes, soit se regrouper entre elles pour faire des achats plus gros et moins chers. Aujourd’hui, cela va un peu mieux, et cela devrait s’améliorer la semaine prochaine.
Du moins, je l’espère
."

Venait ensuite la question des attestations scolaires, censées ouvrir la gratuité des trois autotests à fournir.  

Le Rectorat de Limoges a confirmé ce jeudi qu’elles ne sont parvenues dans les établissements qu’en début de soirée du mercredi 12 janvier.
Et que le temps de les traiter, avec en plus le mouvement de grève de ce 13 janvier, elles ne seront disponibles que le 14 !
(Un Rectorat qui par ailleurs avait prévu de puiser dans son stock de 10 000 autotests réservés aux enseignants et personnels pour en fournir aux élèves pensionnaires, avant que leurs parents ne viennent les chercher).

"On devait fournir ces autotests sur présentation de ces attestations, mais comme personne ne les avait, et qu’on n’allait pas attendre, on a déjà fait les avances cette semaine. On n’allait pas embêter les parents en plus.
Mais cela veut dire que nous, les pharmaciens, on va devoir débuter les tarifications à partir de vendredi.
Et hormis aujourd’hui (
NDLR ce jeudi) où, paradoxalement grâce à la grève, c’est plutôt calme, c’est un nouveau problème de logistique qui vient s’ajouter, alors qu’on est déjà au maximum.
Vous n’avez pas idée de la consommation de mails, de papiers, d’impressions que tout cela entraîne.".

Car à l’instar de tout le monde de la Santé, les pharmaciens sont au bord de l’implosion.

Depuis le début de la pandémie, il y a les effets d’annonces, et il y a leurs applications, souvent en décalage de parfois plus d’une semaine ! On nous demande faire ça ou ça, mais sans en avoir les moyens au moment. C’est une course incessante aux ordres et aux contre-ordres. Cela devient totalement ubuesque !

Marion Lemaire, co-présidente de l’ordre des pharmaciens de la Haute-Vienne

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