Manque d'effectif dans la santé : le privé aussi

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Écrit par France Lemaire

Le secteur privé n'est pas épargné par les dégradations des conditions de travail ou le manque d'effectifs. Pour preuve un débrayage des soignants du bloc opératoire de la clinique des Emailleurs à Limoges ce mardi matin. Ils poursuivront leur mouvement, s'ils n'obtiennent pas gain de cause.

Devant la clinique des Emailleurs, à Limoges, ce mardi matin, des hommes et des femmes en blouse bleue. Des infirmier(e)s, des aide-soignant(e)s qui habituellement travaillent tous au bloc, mais qui cette fois ont décidé de dire leur mécontentement. 

Manque de personnels

Davantage d'effectifs, de meilleures conditions de travail. C'est ce qu'ils réclament, des revendications similaires à celles de l'hôpital public. Car ici aussi on leur en demande trop. C'est ce qu'estime Manon Carraz, infirmière au bloc "on en vient à suppléer au manque d'aide soignants, de brancardiers, c'est nous qui pouvons être amenés à sortir les patients de salle." 

A cela s'ajoute l'absence depuis le 1er mai d'un manipulateur radio au bloc opératoire. "Pour le remplacer, on a reçu une formation d'un quart d'heure, alors que c'est une spécialité de 3 ans d'étude", s'insurge Amaury Berthelet, infirmier au bloc depuis trois ans. 

Pas d'argent

Pour compenser cette absence, les infirmiers demandent une formation, et une prime de 100 euros net par mois. 

Un point d'achoppement avec la direction, "dans nos entreprises privées, contrairement aux idées reçues, nos salariés sont moins payés que dans le public, explique Cécile Blanc, la directrice de la polyclinique, et nous n'avons plus de ressources, surtout depuis le Ségur, pour faire face à un certain nombre de revendications légitimes ou non d'ailleurs, financièrement, surtout dans un contexte inflationniste dans lequel on est actuellement, on est en vraie difficulté pour répondre à ce genre de demande."

Mais les soignants du bloc sont déterminés, motivés pour demander de meilleures conditions de travail "nous en tant que soignants, ce qui est indécent, explique Amaury Berthelet, c'est de faire du travail de moins bonne qualité, et ça, c'est très compliqué pour nous de l'accepter."

La direction a promis des formations plus conséquentes, sans donner de délai. Le personnel ne semble pas se satisfaire de cette réponse et pourrait à nouveau débrayer.