Mort de la reine Elizabeth : "une perte insoutenable pour le peuple britannique"

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Écrit par Lauryane Arzel avec Léa Broquerie et Antoine Jegat

En Limousin, toute la communauté britannique est émue par le décès de la reine Elizabeth II. Un deuil difficile mais les citoyens de la Couronne peuvent déjà compter les uns sur les autres pour surmonter cette période difficile.

En Limousin, le décès de la reine Elizabeth II concerne aussi la communauté britannique dans la région. Pour Bryan Adams, ancien tubiste dans l'armée britannique, cette disparition est d'autant plus marquante qu'il avait rencontré la Reine à plusieurs reprises. "J'ai passé 28 ans à son service et trois ans parmi les gardes de la Reine à Buckingham Palace", raconte-t-il. "C’était une personne adorable, merveilleuse, très à l’aise pour lui parler, un brillant exemple pour le peuple britannique." Il avait, par exemple, joué à Saint-James Palace et Highgrove House. Il y a croisé d'autres membres de la famille royale, comme "Harry et Charles qui dirigeaient l'orchestre", sourit-il. 

À la mairie de Saint-Léger Magnazeix (Haute-Vienne), le drapeau français est en berne pour honorer le deuil d'une nation amie. Ici, 25% des habitants sont britanniques. Ils se sont réunis à la mairie pour se souvenir de celle qui a régné pendant 70 ans sur la Grande-Bretagne.

Gaby Davis est fier de l’avoir aperçue une fois dans sa vie. "C'était en 1980, il y a très longtemps. Elle est passée devant moi, et c'était la Reine, c'était incroyable ! C’est une grande perte. Je ne suis pas un grand monarchiste, mais elle a toujours été là, toute ma vie. La mort de cette vieille dame m'a rendu très triste.”

Questionner l'avenir

La Reine représentait un socle dans l'instabilité de l'époque. Elle surplombait la hausse des prix, le récent changement de Premier ministre et le contexte international difficile. Aujourd'hui, sans cette figure tutélaire, c'est aussi un ensemble de repères qui s'en va. Sharon Worten Davis voit en cette disparition la fin d'un "symbole de stabilité pour le Royaume-Uni, et maintenant qu’on a toutes ces crises avec le gouvernement, les prix et tout ça, c’est très difficile."

Le prince Charles est devenu le roi Charles III. Un changement, non seulement de monarque, mais aussi de personnalité à la tête du pays. Paul Beard se veut confiant : "le roi Charles a eu mauvaise presse par le passé, il doit montrer quel genre de personnage il est, mais je suis sûr qu'il va y arriver."

Les jeunes Britanniques aussi en deuil

Chez les jeunes, le nouveau roi Charles III, pas encore officiellement couronné, ne fait pas l'unanimité. George Newcomb est arrivé en France il y a 14 ans. Et en tant que Britannique en France, il était "content qu’elle soit là pour le Royaume-Uni. Ces dernières années ont été compliquées sur le plan international, mais la Reine était toujours là. Je ne pense pas que le roi Charles aura le même statut qu’elle sur la scène internationale."

"Est-ce que vous avez suivi l'actualité aujourd'hui ?" : la question de Sally Brown résonne différemment de d'habitude dans cette salle de classe du lycée Jean-Renoir à Limoges (Haute-Vienne). Pas de cours de littérature anglaise pour ces élèves de Terminale mais une discussion autour de l'annonce de la disparition d'Elizabeth II.

"J'étais un peu triste. Je n'ai pas pleuré mais c'est comme si j'avais perdu quelqu'un, même si je ne la connaissais pas", explique par exemple cette élève. La famille royale est, en tout cas, un sujet qui fascine. "C’est étrange qu'une seule famille puisse avoir autant de pouvoir. En France, on n'a pas l’habitude de s’attacher à quelqu’un alors qu’en Angleterre, beaucoup de familles s’identifient à la monarchie", explique Eleanor Cailhol.

La majorité de la classe a exprimé sa tristesse mais certains élèves se sentent un peu moins concernés. Louise Thuillas-Clément raconte "être française et je n’ai pas grandi comme ça en ayant la Reine au-dessus de moi. Ça ne m’a pas rendue forcément triste, mais j'ai réalisé que c’était la fin d’une certaine ère."

La discussion de ce vendredi 9 septembre poursuit celle entamée la veille, lorsque l'état de santé de la reine est devenu public. 

C’était presque excitant, c’était quelque chose d'historique qui se passait.

Sally Brown, professeure de littérature anglaise

Pour Sally Brown, professeure, Elizabeth II est "un symbole, une vieille dame qui est une figure positive. Les élèves ont beaucoup de choses à dire sur Charles mais la Reine, on ne peut pas lui reprocher grand chose. C’est une figure de stabilité, son image est partout."

Un statut dont se souviendra pendant longtemps Martial Lajoix : "La plupart des gens ne se souviennent pas d’un autre monarque au Royaume-Uni. Elle représentait la Grande-Bretagne et le Commonwealth."

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