Avec le port du masque, les ventes de maquillage font grise mine

Port du masque et cosmétique ne font pas bon ménage. Les ventes de rouge à lèvres et fonds de teint sont en chute libre depuis plusieurs mois. Les demandes des client.es changent et les instituts s'adaptent en proposant du maquillage permanent. Alors, la cosmétique, victime collatérale ou pas ?

Les cosmétiques, victimes collatérales du coronavirus ?
Les cosmétiques, victimes collatérales du coronavirus ? © France Télévisions
Un masque buvard à fond de teint, un masque à l'origine de rougeurs et un masque qui porte si bien son nom qu'il camoufle la moitié du visage si important pour les adeptes de rouges à lèvres. Bref, masque et cosmétique, un duo pas si compatible.

Le rouge a lèvre perd de sa couleur

C'est ce qu'à pu constater l'entreprise de cosmétique international Sothys, dont une partie des bureaux est implantée en Corrèze. Christian Mas, président de Sothys constate un nette baisse des ventes de rouges à lèvres entre juillet et août, en comparaison à la même période en 2019, "le maquillage pour les lèvres a chuté de 27%". Par rapport à la profession globale, l'entreprise s'en tire bien. D'après la FEBEA (Fédération des entreprises de la beauté), les entreprises de cosmétiques nationales enregistrent une perte de 35% sur les produits des lèvres sur cette même période.

Sothys enregistre également une légère baisse sur les fonds de teint (-2%) et une hausse de 1% sur le maquillage des yeux. Des données peu significatives et pourtant, du côté des esthéticiennes, ces changements d'habitudes cosmétiques sont évidentes.

Julie Aubois dirige un Institut de beauté à Limoges. Depuis l’obligation du port du masque dans de nombreuses situations, elle observe une baisse des ventes de maquillage en particulier sur le rouge à lèvres et le fond de teint, « les clientes se maquillent moins, surtout au niveau de cette zone que l’on ne voit pas. Le fond de teint a tendance a laisser des traces sur le masque, rien que pour le transfert, mes clientes en consomment moins qu’avant ».
 

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Depuis plusieurs mois, les demandes de sa clientèle change et tourne autour de la problématique du masque, « mes clientes et clients me posent des questions sur le traitement de leur peau suite à l’apparition de boutons autour de la bouche dûs au port du masque ». Bien hydrater sa peau, l’entretenir en faisant des soins et des masques, voilà les conseils qu’elle prodigue de plus en plus.

Vers une nouvelle demande de la clientèle

Point positif, le port du masque engage de plus en plus d’hommes et de femmes à adopter le maquillage permanent dans ce même institut, « la beauté du regard, le rehaussement de cils, les soins des sourcils, toutes les parties visibles même avec le masque sont des demandes de plus en plus fréquentes. »

« Il y a une prise de conscience depuis le confinement où personne ne se maquillait et le port du masque devenu obligatoire, les gens ne veulent plus se maquiller et optent pour des solutions durables ».

Cette esthéticienne accompagne également les futures mariées, « aujourd’hui, elles ont besoin d’un maquillage qui tienne grâce à des bases matifiantes », des poudres permettant une meilleure tenue et qui évitent le transfert sur le masque des clientes pour cette journée spéciale.
 
Rachel Chirol, maquilleuse professionnelle spécialisée dans l’événementiel à Limoges ne subit aucune baisse de demande en raison du masque. Pour autant, ses demandes ont été adaptées à la situation actuelle, « aujourd’hui il arrive régulièrement que mes clientes viennent me demande conseil car le masque leur procure des boutons. Elles veulent savoir comment les camoufler. »
 
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